Auteur : Kevin Bonneville

  • Ma sitcom en 4 saisons

    Ma sitcom en 4 saisons

    Qu’est-ce qu’une Sitcom?

    Selon Wikipédia : Une sitcom ou une comédie de situation est une série télévisée à dominante humoristique, caractérisée par une unité de lieu (décor récurrent) permettant des moyens de tournage simplifiés et des coûts de production réduits (nombre très restreint de décors, peu ou pas d’extérieurs), dont les épisodes durent généralement approximativement 22 minutes. Le mot est une contraction de l’anglais « situation comedy » (« comédie de situation »).

    En quoi quatre années de ma vie ont été une Sitcom? Prenez n’importe laquelle que vous connaissez. Friends, How I Met Your Mother, The Big Bang Theory , pour ne nommer que les plus populaires. Chacune de ses séries possède un décor principal et les mêmes décors récurrents. À propos des personnages, tout comme pour les acteurs, il y a les principaux qi sont là à chaque épisode (avec quelques rares absences justifiées), il y a des personnages récurrents et quelques invités spéciaux (Special Guest).

    La petite bande dans laquelle je faisais partit, était composée de personnages typiques. Un mésadapté pensant en savoir plus que tout le monde, un tendre au grand cœur et le comique de service qui sert aussi de romantique un peu désespéré. Nous avions aussi le droit à une amie nous rendant souvent visite et toujours impliquée dans nos niaiseries puisqu’elle faisait partie de l’équipe animant une émission de radio; un autre décor principal. Le statut de personnage de cette dernière se trouvait entre récurrent et principal. N’y voyez rien de sexiste là-dedans, elle possédait son propre appartement et ses propres amis qu’on ne voyait jamais. Bref, le décor principal, qui comme les sitcoms citées plus haut, se trouvait dans un appartement.

    Vous voyez le topo ? Laissez-moi vous raconter ces années tel un producteur télé vous décrivant sa série télé.

    La petite bande dans laquelle je faisais partit, était composée de personnages typiques. Un mésadapté pensant en savoir plus que tout le monde, un tendre au grand cœur et le comique de service qui sert aussi de romantique un peu désespéré. Nous avions aussi le droit à une amie nous rendant souvent visite et toujours impliquée dans nos niaiseries puisqu’elle faisait partie de l’équipe animant une émission de radio; un autre décor principal. Le statut de personnage de cette dernière se trouvait entre récurrent et principal. N’y voyez rien de sexiste là-dedans, elle possédait son propre appartement et ses propres amis qu’on ne voyait jamais. Bref, le décor principal, qui comme les sitcoms citées plus haut, se trouvait dans un appartement.

    Vous voyez le topo ? Laissez-moi vous raconter ces années tel un producteur télé vous décrivant sa série télé.

    Pour la 2e saison, le décor principal se divisa en deux. Plus de colocation, nous passions notre temps entre l’appartement du comique du groupe et de celle du tendre au gros cœur. L’appart du comique est le plus utilisé. Ma copine fut remerciée de la distribution et on changea la distribution pour la copine de mon ex-colocataire. Le personnage servant à équilibrer l’ambiance s’absentait de plus en plus et mon petit frère devint mon coloc pour une présence de plus en plus récurrente. 

    Une saison considérée comme la plus sombre de toute la série, et pour cause. Les intrigues principales composaient de la douloureuse peine d’amour d’un des frères (tousse, tousse, “La Route” tousse) et l’enfer de l’adolescence pour l’autre. Heureusement pour les téléspectateurs que le comic relief et le mésadapté faisaient rire avec des punchlines et des maladresses.

    Suite aux commentaires disant s’ennuyer de la naïveté des protagonistes, pour la saison 3, on retourna vers un ton beaucoup plus comique, mais avec un peu de drame quand même. Le décor de la station de radio fut introduit et après le quart de la saison, le 4e membre masculin d’animateurs radio et un personnage “guest star’’ fut remplacé par le personnage féminin presque principal, mais plus que récurrent; histoire d’être plus équitable. 

    La saison trois fut, sans contredit, la meilleure. Le décor avait encore changé, mais pour le mieux. On retrouvait le concept de la première saison, soit un appartement dans lequel toutes les intrigues et leur résolution se passent; et comme dans la première saison, deux personnages y habitaient, sûrement pour expliquer le lieu principal. Outre le local de radio, l’autre décor permanent permettant les échanges loufoques était l’appartement du comic relief qui se trouvait juste en dessous. Les émissions de radio faisaient un épisode au complet à rythme régulier d’une diffusion une fois par quatre épisodes. Les personnages étant plus matures, les sujets le devenaient aussi. L’arrivée de la quatrième membre de l’équipe de la radio fit naître une saine et drôle compétition de séduction entre elle et deux des trois personnages masculins principaux.

    La chimie entre les personnages marchait à plein rendement. À un point qu’on a eu droit à des épisodes spéciaux. Un pour Halloween, un pour Noël, un pour le jour de l’an et même Pâques. Celui-ci se passait lors d’une émission de radio.

    Après le succès et les bons commentaires de la saison 3, la barre se trouvait très haute pour la saison suivante. Et c’est pour ça que ce fut la dernière. Sans le vouloir, le ton dramatique revint. Les épisodes dans lesquels tous les personnages se retrouvaient revenaient de moins en moins fréquemment. L’équipe ne faisait plus de radio et plus personne n’habitait avec personne. À chacun à avoir son appartement. Par le fait même, plus de décor principal. On partageait les épisodes entre chacun des logements. La ligne dramatique principale était aussi partagée en quatre sans ‘‘ligne rouge »’ principale. Ça ressemblait plus à une compilation de futur ‘‘Spin-Of »’ qu’autre chose. Plus d’émissions de radio, donc chacun suivait son propre chemin et ses propres objectifs. 

    Ça sentait déjà la fin bien avant le quart de la saison. Même avoir fait partir le mésadapté dans le but de le faire apparaître moins souvent, pour laisser la place aux deux frères et au comique pour des niaiseries sans sérieux n’a pas suffi à faire revenir l’intérêt. Le plaisir n’y était plus. À un point tel que la grande finale s’est voulue une fin en queue de poisson.

    Cependant, des Spin-Of centrés sur le comic relief ont été développés, mais jamais tournés. Seules les aventures des deux frères pour l’Internet furent produites. Malgré un succès honorable et une deuxième saison en bonne voie d’être produite, Les Bob s’éteignirent pour de bon. D’ailleurs, Le 912 Show se trouve encore sur Internet, mais ne les cherchez pas s’il vous plaît. Pour vrai, ne faites pas ça 😛

    Il y a quand même le petit jeune du groupe qui a ressuscité le concept, de façon plus absurde, en bande dessinée. Trois tomes consacrés à Les Bob. Un essaie pour lui, un genre de test, pour se convaincre qu’il pouvait s’affranchir totalement de ce passé pour créer ‘’La Bande’’. En s’inspirant quand même de ce vécu.
    (les dessins dans cette chronique sont de lui)

    Sans regret ni amertume, chacun d’entre nous continue notre vie chacun de notre côté tout en se voyant plus que de temps en temps. Croyez-le ou non, nous sommes plus matures, notre chemin est de plus en plus droit, mais notre cœur est toujours jeune, comme on dit quand on vieillit. Oui, il m’arrive de revoir certains épisodes avec une nostalgie qui me fait sourire, mais je laisse ça dans le passé et je continue de marcher droit devant.

    Moral de l’histoire : en gros, c’est facile à comprendre pourquoi le genre du sitcom est si populaire. On se reconnait tous dans les personnages et les situations. Par exemple, ma soeur trouve que je ressemble à Ted de How I met your mother.

    Et vous ? Quelle est votre sitcom préférée ?

  • Le meilleur pour la fin

    Le meilleur pour la fin

    Tout d’abord, je tiens à faire un avertissement :

    Aux parents qui me lisent, mes propos pourraient vous offenser. Or, il n’en est rien, bien au contraire. Je vous lève mon chapeau et vous avez toute mon admiration et mon respect. Vous avez un courage et une volonté qui me manquent. L’anecdote suivante montre mon point de vue datant de presque 10 ans au moment d’écrire ces lignes. Et encore, à l’époque, mon respect et mon admiration étaient déjà très élevés. Je ne connais pas votre réalité aussi bien que vous, je n’en suis que témoin oculaire et auditif de ce qu’est une vie de famille, donc je ne juge en rien, au contraire, je supporte les parents qui sont proches de moi. Aucun des mots suivants ne veut dire que de passer du temps avec vous est chiant. Ce n’est qu’un point de vue d’un jeune homme se sentant moins à sa place.

    Merci

    D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours préféré célébrer le Nouvel An à la fête de Noël. Les fêtes de fin d’année ont toujours eu une connotation symbolique. La fin d’un cycle, le début du suivant; un moment de rétrospection permettant d’aller de l’avant. Je suis un romantique dans l’âme. Ça doit être pour ça que j’écris.

    Bref, il y a près de dix ans, ma vie n’était pas la même. Je n’étais pas seulement jeune, mais j’étais aussi beau. J’avais un travail plaisant et pour qui je plaisais. Bien entendu, ça venait avec une paye très confortable et une situation qui faisait envier mes collègues restés en magasin. Mais pas que. Je conduisais la voiture que je rêvais de conduire depuis un certain temps. De plus, je n’avais jamais été aussi en forme (la partie de hockey hebdomadaire aidant) et mon carnet de numéro de téléphone débordait de noms de gens des plus sympathiques.

    Pour ajouter à cela, je comptais fièrement mes réalisations vidéos, dont mon projet Audrey qui, bien que nous n’avons pas pu nous rendre jusqu’au bout pour diverses raisons communes à tout réalisateur trop ambitieux ou trop pressé d’arriver à leurs fins, me laisse tout de même beaucoup de bons et beaux souvenirs. J’en retiens surtout le travail commun entre Joey le caméraman et moi-même. Même en préproduction, il savait dénicher des manières de faire ressortir les plans les plus importants de la plus belle des façons, tout en respectant ma vision artistique. Je laisse une petite mention à Jean-François, mon premier assistant qui s’est démené comme pas un pour que tout se passe bien. Tout ça pour dire que mon aspect professionnel de ma vie me comblait plus qu’espérer. Le côté personnel n’avait rien à envier non plus. Mes amis de longue date restaient toujours présents et la liste de nouvelles connaissances s’allongeait. Je passais énormément de temps avec ma famille, mes passe-temps existaient et mon nid était plus que confortable. Une trentaine qui commençait bien, donc.

    Pendant que j’approchais de mes buts au bout de trois décennies d’existence, une grande majorité de mes amis, entourages et collègues de mon âge réalisait le leur, celui de devenir parents. Certains l’étaient depuis quelques années, d’autres avaient hâte que leur progéniture naisse. Je pouvais comprendre leur fierté d’être ou de devenir parent. Cependant, ça venait avec un léger désavantage pour ma personne.

    Malgré mon statut de célibataire et pas d’enfant, on m’invitait tout de même aux célébrations et fêtes diverses. Plus ces réunions se passaient, plus il restait qu’un seul sujet de prédilection restait dans la bouche de chacun d’eux : les gamins ! Encore une fois, je comprends la fierté d’en parler et la nécessité de partager les expériences avec d’autres humains vivant les mêmes pépins et inquiétudes. Pour ma part, aimant les enfants malgré que je n’en ai pas, je passais mon temps à jouer avec eux. Si je n’étais pas officiellement parrain, j’étais l’oncle cool, le gentil adulte qui se fatiguait moins vite lorsque je me roulais par terre pour jouer avec eux.

    Mais au bout du compte, je commençais à m’ennuyer de parler de sujet d’adulte et de culture. Pour ajouter à mon malheur qui n’en était pas un, la seule femme célibataire et sans enfant de notre groupe travaillait comme éducatrice spécialisée. Donc, elle pouvait échanger avec les autres des anecdotes et des conseils. La loi de Murphy ? 🙂

    Pour revenir à la période la plus prospère de ma vie : comme toute bonne chose à une fin, le glas de trois belles années sonnait. Par contre, un petit geste venait adoucir cette triste nouvelle. Mon chef d’équipe, un parmi les cinq des équipes constituant le même poste que moi, a été le seul qui s’est déplacé pour nous annoncer que ce poste devait couper presque 75 % de ses effectifs. À ma connaissance, ce fut le seul chef qui s’est déplacé pour l’annoncer. Les autres l’ont fait par téléphone.

    Pendant une semaine, je me demandais comment irait ma vie à la suite de la suppression de mon poste. Je tentais de voir la situation d’un point de vue positif ou du moins, trouver une façon d’en rire. Je n’y arrivais pas. En plus, la suppression arrivait en même temps que la fin de l’année, une période que j’aime beaucoup. À bien y repenser, ça tombait plutôt bien.

    Pendant que je terminais mon dernier quart de travail officiel, l’après-midi du 31 décembre, je reçois un appel de ma scripte et assistante de mon projet « ‘Audrey »’ (pour les intéressés : une scripte sert à assurer la continuité entre deux prises pour éviter le plus possible les erreurs). Elle m’invitait à défoncer l’année dans une soirée glamour avec ses amis et connaissances issues du milieu des arts. Je veux dire des artistes de télévision, cinéma et théâtre. Voulant me changer les idées, j’accepte avec joie.

    Je suis retourné chez moi pour me doucher et me changer. Je ressentais une petite excitation à ne pas savoir ce qui m’attendait exactement. Je trouve, de peine et de misère, un stationnement. Les rues du centre-ville peuvent être un enfer, surtout la veille du jour de l’an. La température extérieure étant douce, je laisse mon manteau dans l’auto et je marche sur deux rues, avec mon veston comme seule barrière contre le froid. J’arrive à l’adresse, on entend déjà la musique et on sent l’ambiance de dehors.

    Mon amie m’ouvre et se jette dans mes bras pour me souhaiter la bienvenue. L’appartement grouillait de jeunes gens tout aussi jeunes et beaux que je pouvais l’être. Même certains l’étaient encore plus. Les habituelles bières étaient remplacées par du vin. Les « ugly christmas shirt » avaient disparu au profit de chemises et vestons ou de belles robes. Seuls les petits fours restaient les mêmes. Au fur et à mesure des présentations, je constate deux choses. D’une, il y avait surtout des artisans du théâtre; beaucoup d’écrivains et de metteurs en scène. Pas autant d’acteurs comme je l’avais pensé. Et de deux, il n’y avait aucun enfant et personne n’en parlait. Pourtant nombre de couples avaient répondu présents, mais aucun d’eux n’était encore parent. Pas de conversations de couches pleines et de coliques. Nous échangions sur nos anecdotes de tournages ou de productions. Nous nous mettions au défi de trouver lequel d’entre nous s’était débrouillé le mieux pour tourner un plan impossible à faire sans grue ou une équipe d’Hollywood et lequel des invités a eu affaire au plus chiant des acteurs. Tous s’intéressaient et encourageaient les projets des autres. Il y avait une magie dans l’air. Ce dernier point devait être dû aux bâtonnets de joie qui se promenaient parmi la foule.

    Pour ajouter à cette euphorie, je me suis développé une sympathique complicité avec une dénommée Audrey qui portait pour l’occasion une jolie robe verte. Je vous le jure; ça ne s’invente pas. Et, je sais que vous n’allez pas le croire, mais je n’ai pas du tout parlé de ce projet… Bon, OK, seulement deux mots. Nous avons plutôt parlé de nos personnes, de nos goûts, de nos envies respectives jusqu’au décompte du passage à la prochaine année. 5… 4… 3… 2… 1… Bonne année! Bisous, souhaits et champagne. Du vrai champagne!

    Pour finir et sans mauvais jeu de mots, Audrey et moi avions décidé de défoncer l’année en grand. L’ambiance s’y prêtait, que voulez-vous? Bien que cette soirée ait été d’une presque perfection, à 3 h du matin ce qui avait été prévu ne s’était pas passé comme appréhendé. Arrivé dans l’appartement de grandeur 1 et demi de ma nouvelle amie, l’envie qui nous tenait depuis quelques heures ne nous avait pas suivis. Néanmoins, étant bien parties, nous avions décidé de passer à l’acte.

    Ce fut terrible! Ce fut un total manque de passion. J’ai déjà vécu de mauvaises expériences, mais jamais manquant autant d’investissement physique de la part des deux personnes concernées. Jamais!

    – Comment je dirais ? demanda Audrey sous moi. As-tu vraiment envie de faire ça ?

    – Une fausse bonne idée, hen ?

    – Ah ah ! Exactement. Comme si on se sentait obligé.

    – Vaut mieux arrêter alors.

    Je vous rassure, nous en avons ri jusqu’au lever du soleil. Le temps que mon taux d’alcoolémie diminue, nous avons repris nos sujets de conversation entamée dans la soirée. Lorsque je me trouvais en état de prendre le volant, nous nous sommes souhaité, pour la dernière fois, une bonne année et connaissant mon histoire de restructurations (forcément, il fallait meubler notre nuit blanche) elle m’a souhaité bonne chance pour mes projets futurs. Nous ne nous sommes plus revues.

    Aujourd’hui, comme par le passé, je m’amuse et je suis comblé de me rassembler avec des enfants. Quitte à être celui qui les divertit en faisant le méchant ours ou la rampe de lancement pendant que les petits se prennent pour des avions pour donner un break aux parents présents. Et plus les années avancent, plus d’enfants s’ajoutent à la famille. Ces soirées qui finissent plus ou moins tôt restent mes préférés. De l’amour, des rires et surtout de la sincérité, je ne peux pas demander mieux. Plus le temps qui nous reste diminue, plus les couples se stabilisent et ça aussi c’est beau.

    M’exprimer en écrivant me fait un bien fou. Si ça vous divertit en même temps, c’est encore mieux. Tout ça pour dire que si je vous partage des moments de ma vie, c’est pour m’aider à laisser le passé derrière et à regarder de plus en plus en avant. Le laisser derrière, mais sans l’oublier. Mon symbolisme du Nouvel An va à merveille avec cette soirée parfaite vécue il y a des années. La fin de l’année qui rimait avec une perte d’emploi s’était quand même terminée avec une fête comme j’avais toujours rêvé de vivre. Comme quoi, tout se balance

    Prenez soin de vous et n’oubliez pas : « Peu importe ce que vous lisez, lisez bien et parlez-en! »

  • Après la tempête

    Après la tempête

    Je flotte depuis un petit moment. Je ne sais pas plus où je vais, mais au moins, je ne me sens plus couler. De temps à autre, j’utilise mes mains en guise de rame pour me rapprocher du rivage. Malheureusement, je me fatigue rapidement. Alors je m’étends sur ma bouée et j’observe le ciel.

    Je donne de petits coups dans l’eau pour m’approcher de la terre ferme. Je crois que le courant va dans la bonne direction; ça m’encourage. Soudainement, une vague arrivant dans le sens contraire frappe ma bouée. Le choc que je subis est plus violent que je ne m’y attendais. Je m’agrippe le plus fort que je peux. Je me sens chavirer, mais une autre vague venant d’en arrière vient stabiliser le tout. Dieu merci!

    Et puis, comme par magie, la mer redevient calme. Par contre, je suis essoufflé. Ça me prend un moment avant de retrouver mon air. Malgré tout, je finis toujours par me sentir assez fort pour pagayer par moment, en attendant la prochaine petite tempête. Au moins, je ne coule pas.

    Tout en espérant que le courant m’aide à retrouver la terre ferme, je réfléchis à mes dernières années.

    Pour le reste de ce texte, je suis obligé d’avouer que je me suis pris par quatre fois pour l’écrire. Pas parce que j’ai honte de ces dernières années, c’est que je ne trouve aucune bonne façon d’exprimer comment je me sens sans partir dans mille et une directions. Longtemps je me suis trouvé dans un cercle vicieux. Un CRISS de cercle vicieux. La meilleure façon de vous le dire c’est par les mots de Raphaël Zaoui et sa chanson « ’5 à 7’’.

    Tout est cassé dans mon corps

    J’ai mal à m’en brûler la tête

    J’ai dansé jusqu’à l’aurore

    J’ai encore trop fait la fête

    Je veux baisser tous les stores

    Ramasser mon cerveau en miettes

    Mes yeux me jouent encore des sorts

    Je veux que tout ça s’arrête

    Toujours le même manège dans ma tête

    J’me fais du mal et j’regrette

    Puis je retourne dans la fête

    Toujours les mêmes démons dans mes yeux

    Cachet bleu* coupé en deux

    Puis je replonge dans le feu

    J’ai perdu plus d’un ressort

    Dans le sexe* et sa tempête

    Le visage à demi mort

    Je supplie encore la fête

    Si la nuit t’a jeté dehors

    Rendez-vous de cinq à sept

    En after dans Paris Nord

    J’y jouerai mon dernier set

    Toujours le même manège dans ma tête

    J’me fais du mal et j’regrette

    Puis je retourne dans la fête

    Toujours les mêmes démons dans mes yeux

    Cachet rose coupé en deux

    Puis je replonge dans le feu

    Tout est tracé dans mon ciel

    Même mes anges ont baissé les bras

    Ils m’ont vue me brûler les ailes

    Tous les soirs dans le pire des états

    Condamné au dernier duel

    Le seul vrai rival c’est moi

    Je pourrais jouer cent fois la belle

    Mais jamais gagner comme ça

    Toujours le même manège dans ma tête

    J’me fais du mal et j’regrette

    Puis je retourne dans la fête

    Toujours les mêmes démons dans mes yeux

    Cachet bleu* coupé en deux

    Puis je replonge dans le feu

    Tout est cassé dans mon corps

    J’ai mal à m’en brûler la tête

    J’ai dansé jusqu’à l’aurore

    J’ai encore trop fait la fête

    Je veux baisser tous les stores

    Ramasser mon cerveau en miettes

    Mes yeux me jouent encore des sorts

    Je veux que tout ça s’arrête

    *mot original changé pour refléter ma réalité.

    Je me croyais à ma place, je me croyais heureux. Après tout, qui n’aimerait pas garnir son CV affectif de différente expérience? Qui n’aimerait pas fêter sans lendemain, car l’envie et les occasions sont là? Quand ça fait sentir vivant? Surtout que j’en ai rêvé depuis le début de mon adolescence. À la longue, les premiers ébats se fanent, je m’en fatiguais. Alors j’essayais d’autres sensations jamais vues ni vécues qui m’amenaient de nouvelles fréquentations. Au bout d’un moment, je me raisonnais et je redevenais sage. Mais la sagesse et la routine finissaient toujours par m’endormir. La motivation me fuyait, mes questionnements me rattrapaient. Ayant peur de mourir à petit feu, je recommençais la boucle infernale avec toujours un cran de plus fort qu’auparavant. Le cercle se trouvait à être une spirale en fin de compte.

    Ai-je atteint le bout? Suis-je au milieu de cette spirale ou le cercle recommence-t-il? Pendant que je flotte sur l’eau, je laisse le courant m’approcher de la rive. Je profite de la magnifique vue du ciel étoilé pour bien me poser la question. Malheureusement, ce n’est pas aussi simple. J’arrive à la conclusion, la meilleure, que je dois briser le moule dans lequel je suis depuis plus de 15 ans. Après quoi? Qu’est-ce qui se passe? Que dois-je faire? Qu’est-ce qui m’attend? J’avoue que ça me fait un peu peur.

    À suivre, j’imagine.

  • Respirer de nouveau

    Respirer de nouveau

    Bonjour lecteurs, bonjour lectrices

    Il y a longtemps que je vous ai livré un moment personnel. Ce n’est pas par manque de temps ni par manque d’envie. Je tentais de me maintenir la tête hors de l’eau. Depuis début juin, je me sens me noyer.

    Je sens me noyer de temps à autre, mais la plupart du temps, je me sens arrêté par un immense lac. Dans ces cas-là, je fais le tour de cette superficie d’eau et je continue mon chemin. Ça me ralentit, mais ça ne m’arrête pas. Dernièrement, j’éprouvais un sentiment d’euphorie, de bien-être. Je ne voyais pas l’eau devant moi. Non, je me déplaçais la tête haute, avec devant moi, de l’espoir et de beaux jours. J’avais tout ce qu’il me fallait. Je n’avais maintenant qu’à cueillir le fruit de mon dur labeur.

    La cueillette se résumait à sourire plus, rencontrer plus de gens, sortir de ma zone de confort et ouvrir plus de portes que je ne pouvais imaginer en ouvrir, il y a peu de temps. Ces bonnes choses m’engourdissaient tellement l’esprit que je ne me sentais pas déjà m’enfoncer dans l’eau jusqu’aux genoux.

    Alors que je croyais flotter, je nageais. Mais comme je ne touchais plus terre et qu’une chaleur m’enveloppait, je ne voyais aucun danger à continuer par en avant. Une douce musique m’inondait les oreilles; je n’entendais donc pas les avertissements. Ceux qui disaient de ralentir, d’arrêter et même de reculer. Mais non! Tel un marin se dirigeant vers des chants de sirènes, je continuais vers un danger déguisé en promesse de luxe. C’est lorsque le goût du sucre dans ma bouche se changea en eaux résiduaires que je compris que j’étais en train de me noyer. J’avais beau nager vers la surface, je me sentais couler.

    Devant une page blanche, je sentis ma poitrine se serrer. J’avais l’impression que mes os s’émiettaient. Je n’arrivais plus à respirer. Je ne voyais que du noir.

    Dans un ultime effort, je réussis à me calmer assez pour composer le numéro d’un ami, le plus proche de moi, le plus ancien. Grâce à lui, j’ai pu remonter à la surface, reprendre quelques bouffés d’air. Ces petites bouffées d’oxygène permirent de me calmer un peu. Juste assez pour constater que je me retrouve en plein milieu d’un plan d’eau sans rive à l’horizon; à aucun des points cardinaux. Donc, très loin de me retrouver au sec.

    Le peu de force que je trouvais me servait pour rester à la surface. Je n’en possédais pas assez pour me diriger dans une direction ou une autre. L’impression de voler avait laissé place à une enclume attachée à mes chevilles. Je lutte sans cesse pour ne pas couler. Pour me rendre plus léger, je me débarrasse de chose que je ne juge plus utile du tout. Certains diront qu’il s’agit d’un mauvais jugement de ma part, que, pris de panique, je me déleste de tout ce que je peux pour ne pas me ramasser au fond. Je ne leur en veux pas, ils ne se rendent pas compte que mes muscles, à force de lutter contre la gravité, me font mal. Je bouge avec moins en moins de force. Je ferme les yeux. Parfois, ne rien voir rend les choses moins douloureuses… Il me semble…

    Rien ne peut nous motiver à continuer de nager lorsqu’on souffre. Les coups de jambes nous maintenant à la surface sont de moins en moins rapides et de moins en moins forts. Tout ce qu’on peut espérer pour nous sortir de cette passe est l’espoir qu’une bouée de sauvetage flotte par là et qu’il nous reste assez de force pour l’agripper. En attendant que l’objet flottant nous arrive, s’il arrive à nous un jour, nous n’entendons rien, nous ne voyons rien. Un cillement dans un décor noir comme la nuit nous accompagne. Par moment, le manque de lumière nous endort; nous fait lâcher prise. Pour certains d’entre nous, la bouée tant attendue nous cogne les mains, nous empêchant de couler. Et certains de ceux qui la touchent la saisissent à temps.

    Pour ma part, j’ai réussi à m’agripper à l’une d’elles. Je ne me sens pas en sûreté pour autant, je dérive. Je reprends mes forces pour nager dans la direction que je jugerai bonne. Ce n’est pas ma première fois. Vais-je revenir à mon point de départ ou vais-je amarrer autre part pour tout recommencer, encore, d’une autre manière? Des gens me disent que c’est à moi de décider.

    Pour l’instant, je n’ai pas encore assez de force pour prendre la décision. Je me laisse dériver pendant que je retrouve mes forces. Je commence à être au sec et le soleil perce les nuages.

    Ça va un peu mieux.

    Prenez soin de vous et n’oubliez pas :

    Peu importe ce que vous lisez, lisez bien et parlez-en!

  • Mon Baseball

    Mon Baseball

    Oui, je parle de cette chanteuse de Boldeau-Mistassini. Le titre de mon billet fait nul doute penser à sa chanson la plus populaire, si je me fis au peu de moments quand j’écoute la radio.

    Donc, ‘’une autre chanson, un autre coup de cœur’’ que vous allez me dire; en référence à mon billet sur Lindsey Stirling. Eh bien non, c’est plus que ça.

    Contrairement à la phrase plus haut, ma première expérience auditive ne se fit pas à la radio avec cette chanson. Alors que j’écrivais le troisième tome d’Audrey, YouTube fait sortir de mes haut-parleurs la chanson “Gazoline”. Malgré les paroles racontant une situation triste, mais fictive dans la vie de Sara (on le sait dès la première phrase), j’ai été agréablement accroché par le tempo, le style, l’écriture et la voix de cette chanteuse de même pas un an ma cadette. Oui, son âge est important. Nous allons en parler plus tard.

    Intrigué, je laisse mon écriture pour en apprendre plus sur cette artiste. Je ressens une bonne vibe. Oui, même à travers un écran, on ressent ça. Depuis un lien sur son site Internet, je retourne sur YouTube et je me mets à écouter ses albums parus depuis.

    Du folk comme j’aime bien. J’avoue, je n’aime pas tous les artistes québécois folks quand même, mais quelques-uns. Surtout les artistes solos. Bref, Sara nous raconte différentes séparations (par exemple : À qui tu dis bonne nuit, Tu dors encore), parce que les contraires s’attirent, mais ne collent pas ensemble (par exemple : 3 heures, Sans rancune buddé). Elle se confie aussi sur ses passe-temps et son coin de pays (semi-route, semi-trail, Chez-nous c’est ski-doo). Elle rencontre tout ça comme bien des chanteurs dans beaucoup de styles. Rien de vraiment original, hormis que je sens une réelle sincérité dans la voix de Sara. Pas que les autres n’en ont pas, mais… Merde, Elie a raison. Je fais trop attention… Anyway ah ah 😛

    Je ne suis pas nostalgique… en tout cas, j’essaie de ne pas l’être, car je n’aime pas avoir “une attaque nostalgique”. MAIS pendant l’écoute de la chanson “Baseball”, plus rien n’allait. Je laissais le sentiment que je n’aimais pas m’envahir complètement. Ayant le même âge que Sara, toutes les paroles de cette chanson me faisaient revenir aussi loin dans le temps qu’elle. Non, je n’ai pas vécu mon adolescence dans la région du lac St-Jean, j’habitais à moins de sept heures de route de là. Mais la ville ne change rien aux moments vécus.

    Mieux vaut suivre Sara couplet par couplet.

    (J’allais jouer au baseball

    Ma mitt était pas du bon bord

    C’t’à cause que j’jouais droitière

    Pis on n’était pas assez riche pour qu’j’aie une gauchère

    Au bat j’frappais pas bin fort

    Mon coach m’envoyait dans l’champ

    J’étais tout le temps dans lune

    J’connaissais pas trop les règlements)

    Je ne jouais pas au baseball avec mes amis

    C’était plutôt le hockey qui nous allumait

    Mais dans le cours d’éducation

    J’avais du mal avec ce sport d’équipe

    Je savais frapper la balle

    Mais pas l’attraper et encore moins la lancer

    (On jouait au ballon-chasseur

    Y’avait l’beau David Gagnon

    J’te dis que j’y ai fait peur

    Quand j’y ai pitché le ballon dans l’front

    Pis à tou’es Saint-Valentin

    On s’envoyait des p’tits cartons

    Tu veux-tu sortir avec moi

    Tu peux cocher oui ou non)

    Je jouais aussi au ballon-chasseur à la récré

    Il y avait des belles filles,

    Mais je ne leur lançais pas de ballon dans l’front

    À chaque St-Valentin

    J’envoyais des bouts de papier

    Demandant de sortir avec moi

    En cochant oui ou non

    (Fait qu’on s’est frenchés din toilettes

    Du centre d’achat d’Mistassini

    J’te dis que j’ai rougi

    Quand t’as mis ta main su’ mes fesses

    Est arrivé l’secondaire

    J’pognais pas a’ec les gars

    J’suis rentrée din cadets d’l’air

    Y m’ont nommée le cadet du mois)

    Mes premiers frenchs se sont faites

    Dans le garage en arrière de la maison

    J’te dis que j’ai rougi la première fois

    Quand j’ai mis ma main sur des fesses

    Le secondaire s’est fait après un déménagement

    J’pognais pas avec les filles

    Fac je renforçais ma relation d’amitié

    Avec ma gang de gars

    (J’étais dans l’équipe d’impro

    On jouait Mistass contre Dolbeau

    À l’école j’me forçais pas trop

    J’ai coulé mes maths pis ma techno

    J’v’nais juste d’avoir 14 ans

    Pis j’écoutais du punk tout le temps

    Pour passer ‘es heures j’jouais d’la guit’

    On était jeunes pis on s’pensait grands)

    J’allais voir jouer les équipes d’impro

    C’était les Jaunes contre les Rouges

    Moi non plus je me forçais pas trop

    Fac j’ai coulé mes maths et l’anglo

    J’v’nais juste d’avoir 15 ans

    Un ami m’a fait découvrir le punk

    Pour partir un band, j’apprenais à jouer de la base

    Mets-en qu’on était jeune et tellement qu’on se pensait grands

    (Un soir à plage de Dolbeau

    Le beau Gagnon y’a pris l’bord

    J’pense que j’le trouvais moins beau

    Quand j’ai rencontré Luc Simard

    Pis on a fumé du pot

    On a dormi dehors

    On a voyagé su’l pouce

    On n’a fait des rides de char)

    Pendant les petits rassemblements

    Mon kick du moment changeait souvent

    D’un sourire à l’autre, ou d’un regard bleu ou vert

    Ça me prenait pas grand-chose pour partir en peur

    On consommait du coke

    On passait nos nuits dehors

    Quelques trajets sur l’pouce

    Et en masse de rides de chars

    (J’ai paqueté tout mon ménage

    Je l’ai sacré dans mon char

    J’suis déménagée à Montréal

    Pour aller jouer dans Watatatow

    Aujourd’hui j’fais d’la musique

    Pis j’trouve que l’temps passe trop vite

    La fin d’semaine j’joue din bars

    Ça c’est pas d’moi c’t’une phrase à Placard)

    J’ai fini par paqueter mes affaires

    Pour le sacré dans un cube

    J’suis déménagé à Montréal

    Pour essayer de faire des émissions comme Watatatow

    Aujourd’hui j’écris des histoires

    Et j’trouve aussi que le temps passe trop vite

    La fin d’semaine fait des rencontres din salon

    Certaine se transforme en amitié et d’autre en connaissance

    (Même si j’joue pu au baseball

    J’traîne ma mitt dans mon char

    J’attendrai pas à d’main pour vivre tu suite

    Pis asteure ma mitt est du bon bord)

    Même si on joue pu au hockey

    J’écris les games sur lesquelles qu’on rêvait

    Je n’attends plus du tout à demain pour vivre tu suite

    Parce qu’asteure ma mitt est du bon bord

    Cette dernière phrase, je la comprends comme quelqu’un qui a finalement trouvé sa place, son “X”, sa façon de s’exprimer.

    Bref, J’aime Sara Dufour

    La chaîne de la chanteuse Sara Dufour :

    https://www.youtube.com/channel/UC8DrJqt5KMER0MudtIPneWw

  • Mes talents culinaires

    Mes talents culinaires

    Mon niveau de cuisine : moins 1 000

    Ce n’est pas que je ne veux pas, croyez-moi. C’est que le gène de la cuisine, je ne l’ai pas en moi. Cuisiner ne m’intéresse pas du tout. Je vous rassure, je sais faire la base. Des œufs, des pâtes, des déjeuners complets… Je peux me débrouiller un minimum, mais si vous vous attendez, lors d’une date avec moi, à ce que je vous concocte un repas pas piqué des vers… vous risquez d’être un peu déçue. Mais j’ai d’autres qualités.

    Je vous raconte ça pour que vous riiez avec moi, en comprenant mieux, d’une tranche récente de ma vie. Mon non-talent dans une cuisine peut aller jusqu’au repas congelé. Oui, aussi pire que ça. Un soir alors que je revenais de chez une amie, je m’arrête dans une épicerie pour me chercher un souper de paresseux. À ma défense, j’avais de l’écriture à faire et des séries à rattraper. Oui, je fais les deux en même temps parfois… souvent, je veux dire.

    Bref, j’essaie une nouvelle marque de pizza congelée. Mon intérêt sur cette marque dépendait surtout du prix et non de mon goût de l’exotisme. De retour chez moi, je préchauffe le four et je continue la construction de mon roman. Une fois le four prêt, j’y insère la pizza « meat lover » et je retourne pour les 25 prochaines minutes à mon roman, l’appétit que plus grandissante.

    La cloche tant attendue sonne enfin. C’est en me léchant les babines que je gambade jusqu’à la cuisine. Dès que j’éteins l’élément chauffant et que j’ouvre la porte… Oh horreur!! J’avais mal lu les instructions de cuisson, des instructions les plus simples qui soient. Résultat : la pizza a coulé à travers la grille jusqu’au fond. Non seulement je ne mangerais pas tout de suite, mais en plus, je devrais manger autre chose, mais après le nettoyage de la dégueulasserie. Ma faim a accentué mon impatience. Je n’ai pas entendu que la grille refroidisse. Je vous rassure, j’ai quand même pris le temps de mettre des mitaines de four. Une grille, ça peut être gros. Je me suis sévèrement brulé sur le biceps. J’ai tout garroché sur le comptoir pour pouvoir soulager mon bras. De l’eau froide, de la glace, rien ne semblait marcher, mais j’obéissais à la leçon qu’on m’avait déjà donnée.

    Alors que je pensais que ça ne pouvait pas être pire, je commençais le nettoyage de la grille et, encore une fois, je ne calculais pas le « safe space » entre moi et l’objet sale. Résultat, une brûlure en forme de croix sur l’autre main. En me sentant con comme la lune, je remis le nettoyage au lendemain et je soupai aux céréales.

    La blessure sur le biceps est encore en train de guérir. L’autre s’en remet très bien. J’aimerais savoir cuisiner et prendre le temps d’apprendre. Je contrôle mon impatience et j’ai la chance d’avoir des gens prêts à m’apprendre la cuisine et à l’apprécier.

    Merci à vous. Je vous suis reconnaissant