Auteur : Kevin Bonneville

  • Mes jumeaux

    Mes jumeaux

    Pendant 25 ans, j’en ai voulu. Après avoir atteint le quart de siècle, l’expérience de la vie aidant, j’ai changé d’idée. Les raisons m’appartiennent, merci de ne pas demander. Mais une personne (qui n’avait aucune idée que j’avais écrit ça) m’a fait rappeler ce vieux texte datant de 2008, peu avant que j’atteigne 25 ans.

    Plus jeune, j’avais fait un rêve, celui d’avoir des jumeaux. Un gars, une fille. On avait bien tous le droit de rêver. Malgré le fait que je savais pertinemment qu’il ne suffisait pas que d’y penser, j’ai toujours eu ce rêve.

    Bref, maintenant que cette éventualité est maintenant impossible (la grande opération a été faite), je vous partage cette lettre que je considère, à partir de maintenant, comme une lettre d’adieux ou, pour être moins dramatique, une lettre aux jumeaux que j’ai dans un univers parallèle.

    ceci est un dessin fait par moi en 2002

    À vous deux, Kyle et Kiera, qui êtes là dans un autre monde, sachez que je pense à vous, tout le temps.

    Vos petites têtes brunes vont me faire rappeler la mienne. Vos regards rêveurs vont m’assurer que vous êtes bien les miens. Votre innocence de jeunesse va m’attendrir, mais me rendre triste aussi. Pour vos premiers pas et vos premiers mots, je serais là.

    Vous allez faire du sport parce que vous aimez ça. Pour Kyle, le numéro 9 au centre pour faire comme ton père. Pour Kiera, dans les buts avec le numéro 30. Kyle à 20 ans tu vas arrêter, mais Kiera, tu vas continuer. Je vous vois dans vos habits de neige en train de me supplier de me dépêcher : « Maman aussi attend après toi, le chien est “packté” et on veut aller fêter Noël avec les grands-parents ». Vous ferez les 400 coups à vos oncles Keith et Oli, non sans ma complicité.

    Vos peines je les ressentirai toujours en dix fois pires. Vous aurez vos crises, vous trouverez de l’injustice partout. Vous direz des choses qui dépassent vos pensées. Mais sachez que toujours je vous aimerai.

    Vous commencerez à travailler, à devenir indépendant. Ma fierté ne sera que grandissante, mais le temps passe vite. Trop vite. Vous découcherez, vous passerez des nuits blanches. Vous fêterez sans lendemain, mais, je vous prie, pensez toujours que c’est mieux avec de façon modéré.

    Vous penserez à votre avenir, vous penserez à une famille, faire votre nid, vivre l’autre étape de la vie. D’autre  »K. Bonneville »? Pourquoi pas?

    À vous deux, vous ferez mon univers. Soyez précis, soyez clair, fidèle à vous-même et toujours authentique. Soyez fort, soyez fier, soyez unis, soyez complices. Compter l’un sur l’autre, ne soyez pas pessimiste.

    Grandissez bien, mais pas trop vite. Car lorsque vous allez me quittez pour vivre votre vie les moments seront longs et vides, entre deux coups de téléphone disant :

    « Papa, on s’en vient te voir parce qu’on s’ennuie de toi »

  • Wonder Boys – Du Film au Livre # 05

    Wonder Boys – Du Film au Livre # 05

    Presque un an après le dernier « Film au livre » voici le prochain. La chronique est maintenant en vidéo.

    Avez-vous vue ce film?

    Bon visionnement

  • La déprime post-projet

    La déprime post-projet

    La dépression post-projet. Voilà un sujet intéressant qui mérite de se faire connaître.

    Quand un roman est terminé, on est content. L’attente chez les lecteurs trouve une fin et le devoir du sentiment accompli est comblé. Par contre, chez certains auteurs, un vide s’installe.

    Je parle surtout en mon nom personnel, mais je suis convaincu que je ne suis pas seul à ressentir ce sentiment. Je dis auteur, car j’en suis un. Je suis malgré tout convaincue que ce vide frappe les artistes de tout genre.

    Cela va faire presque une semaine que le « ’hourra »’ de la fin du tome 2 a été crié et depuis je ressens un certain ennui. Pas que je le regrette, loin de là, c’est qu’on se donne tellement en temps et en énergie à l’écrire et à la correction qu’une fois fait, l’adrénaline et l’excitation qui nous montait au cerveau descend tellement à une vitesse grand V que pendant un temps, tout nous paraît d’une platitude écrasante.

    Au départ, je croyais que ce sentiment venait avec mon diagnostic positif à la Covid 19, mais je me suis rappelé que j’ai ressenti le même aura après le tournage de mon projet en 2007 (LE projet dont je parle dans ma vidéo des personnages d’Audrey en vrai). Ce projet-là, a mis pas loin de 10 ans avant qu’il soit prêt à être lancé et un an avant qu’il puisse se tourner. Pas 10 ans en temps plein, mais dix ans avant que L’ÉLÉMENT manquant nous saute dans la face. Donc, deux années passées pour trouver une équipe, de l’équipement, à remplir de la paperasse, faire des téléphones et échanger des courriels interminables, de déception et de bonne surprise pour, qu’au final, je ne sourisse plus pendant les deux semaines suivantes. Plus rien n’était bon, plus rien n’était drôle et parler du projet que je venais de faire ne me tentait aucunement. J’en étais quand même fier. (Et je le suis encore aujourd’hui.) Même passer à autre chose ne m’excitait pas. Pourtant la veille de la dernière journée, je ne rêvais que de ça tellement ma motivation transperçait des murs.

    Bref, je ressens ce petit vide en ce moment. Le tome 2 est achevé, ce n’est pas les projets qui manquent et pourtant je ne veux rien faire. Rassurez-vous, ça va passer. Il faut prendre ça comme une pause nécessaire. Un repos imposé avant le marathon de livraison. Je me souviens d’ailleurs de cette journée lors de la sortie du tome 1. J’étais partie de Gatineau au petit matin et je suis revenue juste avant le couvre-feu.

    Je divague, revenons à nos moutons. La motivation à pris une pause. Ou plutôt la force de recommencer un autre projet n’est pas encore revenue. Écrire n’est pas simple. Il faut le faire pour comprendre et pourtant ça se compare n’importe quel métier de création, j’en suis convaincue. C’est quelque chose de normal, une étape nécessaire qu’on ne parle que trop peu.

    Vous en parler m’a fait du bien, au boulot maintenant!

  • Les Personnages d’Audrey prennent vie

    Les Personnages d’Audrey prennent vie

    Une vidéo faite uniquement pour s’amuser, entre fan. Elle ne sert pas à faire une annonce officielle. Elle ne prétend rien. Cette vidéo n’est qu’un souhait.

    Je vous montre mes inspirations pour les personnages de l’univers d’Audrey. Ceux que vous connaissez déjà et ceux que vous allez connaître. J’aimerai aussi connaître vos idées et ce que la lecture vous a inspiré.


    Si un des acteurs ou actrices nommés dans cette vidéo, ou même l’un de leurs représentants éprouve un malaise à cette vidéo, écrivez-moi et elle s’effacera aussitôt

    Comme indiqué dans la vidéo, chaque musique, images et vidéos appartiennent aux artistes et maison de productions respectifs.

    Bon visionnement

  • Joyeux Noël : La suite

    Joyeux Noël : La suite

    « Qu’est-ce qu’on offre à un auteur? » Cette question, je l’ai reçue quelques fois par texto durant le mois de décembre. Ma réponse a toujours été la même : « Oublie que j’écris, et offre ce qui me ferait plaisir. » Je n’ai donc pas été déçu de mes cadeaux.

    Malgré que j’ai écrit une liste de souhaits à ma copine, cette dernière m’en réservait une surprise. Qu’est-ce qu’on offre à un auteur? Elle le savait déjà.

    Un cadeau que je qualifierais de symbolique. J’ai reçu, outre un item de ma liste et un cadeau venant d’une inside être nous deux, ma douce moitié m’a offert un carnet et des stylos pour que je le remplisse. Ça peut sembler banal, même pour le plus célèbre des auteurs, mais ce carnet n’était pas ordinaire. Bien que notre relation ne soit pas encore âgée d’un an, ma copine me connaît déjà beaucoup. Elle sait que j’écris plus efficacement le soir, même la nuit, donc sur la couverture du cahier, nous pouvons lire « Petit cahier pour GRANDES pensées nocturnes ». Je peux vous dire que ma famille a trouvé moyen de rire un bon coup. Ça va, c’est notre manière de nous donner de l’amour. Le plus beau restait marqué sur une bande blanche entourant le cahier. « La mémoire se perd, mais l’écriture demeure. »

    Je ne sais pas pourquoi, cette phrase m’a touchée. À un point que je me rassoie immédiatement, je prends un stylo que j’ai reçu en cadeau et j’écris. Une inspiration m’est venue. Mon premier cahier officiel, et non des pages libres dans un vieux carnet utilisé pour un ancien emploi, je devais l’inaugurer de belle façon.

    Je voudrais vous partager ma note qui pourrait non seulement inspirer d’autres auteurs, mais aussi tout le monde. À ajuster selon votre passe-temps, métier et/ou art.

    Les premières pages à remplir
    sont toujours importantes.
    Cette page ne devra jamais être déchiré
    ni barbouillé ni réécrite
    ni quoi que ce soit d’autre.

    Les pensées et le style de l’auteur
    doivent transparaître à travers
    ces quelques lignes.
    Il ne doit pas se forcer pour
    mieux écrire ou trop penser à
    ce qu’il doit écrire.
    Il est ce qu’il est et il doit l’assumer.

    Cependant, l’évolution peut se voir
    d’une page à l’autre et d’un cahier à l’autre.

    (première page d’un premier cahier)

    C’est après que j’ai rempli la page que j’ai pris conscience de ce que je venais d’écrire. Je ne crois pas que cette note traversera les âges ou traverser quoi que ce soit d’autre. C’est que je venais de trouver une nouvelle tradition pouvant également évaluer mon évolution à travers mes projets.

    Merci à toi, Nancy. Probablement sans t’en rendre compte, tu as visé plus que juste. Dans le même soir, tu as contribué à deux outils de travail d’un auteur.

  • Joyeux Noël

    Joyeux Noël

    Quand j’entendais dire que Noël c’est une période magique, je répondais automatiquement qu’il ne fallait pas confondre la fiction des films de décembre à notre réalité. Oui, c’est le temps des réunions et de plaisir avec la famille, les lumières, les décorations et de tout le reste, mais de là à dire que c’est magique… Je trouve qu’il y a quand même une limite.

    Cependant… il y a peu de temps, un doux souvenir m’est apparu. Si vous suivez mes capsules audios du vendredi et mon blogue, j’ai souvent parlé d’une de mes meilleures périodes de vie, le travail de l’équipe SWAT dans une chaine de supermarché connu au Québec. Je me rends compte que cettedite meilleure période de ma vie ne touche pas que les années dans l’équipe d’élite. Cette compagnie m’a apporté beaucoup de bien, avant même mes 30 ans. Et l’un de ces moments qui m’en ont fait se passait justement dans la période des fêtes.

    À mon souvenir, je venais d’avoir 25 ans, ou 26, je ne m’en souviens plus trop. Peu importe. Je sortais d’une courte relation amoureuse. Courte, mais intense. Trop intense pour ce que j’ai pu vivre avec la demoiselle. Bref, un mois après la rupture, je souffrais encore. Pour rajouter à ma Xième journée de marde, je venais de me chicaner solide avec une de mes amies. C’est de reculons que je rentrais puncher ma journée de travail qui me tentait autant que d’apprendre que j’étais atteint d’une syphilis grimpante.

    Et là, comme sortie du mur, une paire de mains m’agrippe par le collet et me traine à l’extérieur. Ces mains appartenaient à mon collègue JF. Avant même que mon expression faciale ne lui pose des questions sur ses intentions envers moi, il me lance d’un débit rapide et joyeux :

    — Toi! Tu vas venir m’aider à vendre des sapins!

    — De que cé?

    Il visse à ma tête une tuque de père Noël (la rouge avec le pompon blanc). Tuque que je possède toujours, d’ailleurs.

    — Des sapins. Tu vas en vendre avec moi. J’ai besoin de ton aide.

    Pendant que je me faisais trainer dans la neige à travers le stationnement de l’épicerie, je me torturais l’esprit pour savoir pourquoi c’était de MON aide qu’il voulait. Nous parlions à l’occasion dans l’arrière-boutique ensemble, mais sans plus. Nous ne partagions pas nos états d’âme à ce qu’il me semblait. Notre relation n’était que purement professionnelle. Mon travail devait être satisfaisant. Du moins, assez pour qu’il décide de m’avoir comme coéquipier. Ça me faisait un petit velours au cœur, je devais l’avouer. Un sourire apparut sur mon visage pour la première fois depuis un mois. Un sourire timide, mais je le sentais se dessiner quand même. Pour ne pas le décevoir, je me devais de le prévenir :

    — J’connais rien au sapin…

    — Tu vas en connaitre un peu plus. Tu vas voir, c’est pas compliqué.

    Cette année-là avait été une année pilote pour notre chaine de supermarché. Travaillant dans le magasin le plus gros du Québec, nous testions le coût d’une petite kermesse s’adaptant aux différentes célébrations de l’année. Nous avions une grosse citrouille et un petit labyrinthe pour l’Halloween et pour Noël, l’espace faisait office d’un petit village du père Noël avec un immense sapin autour duquel marchait des animateurs habillés en elfes pour le plaisir des petits et des grands. Dans la plus grosse cabine, le père Noël et la fée des étoiles accueillaient les petits pour la traditionnelle liste de cadeaux et la photo. Inutile d’ajouter que la musique enjouée nous enveloppait. La différence entre les deux types de sapins expliquée, JF me laisse le côté nord et lui s’occupe des clients arrivant du côté sud.

    J’ai vécu une journée MA-GI-QUE ! La joie des adultes face à cette féérie et des enfants pris dans cette ambiance ne me fit pas perdre le sourire. Jamais une journée de travail n’a passé aussi vite que cette journée. À peine un sapin de vendu qu’un autre se vendait. Je me souviens d’avoir guidé plusieurs clients à la fois vers le sapin idéal. Pendant que j’en transportais deux sous mes bras, les autres approchèrent leur voiture pour m’aider à finaliser les ventes. La foule dégonfla seulement à une heure de la fermeture. J’étais bien reposé pour ma journée de congé du lendemain.

    Mais JF n’était pas en accord avec moi.

    — Non, non. Demain, tu entres au travail. T’as été en feu aujourd’hui, on recommence demain.

    Je ne me suis pas fait prier. Le lendemain, cette joie hivernale recommença. Une différence tout de même, parce qu’on était dimanche, le nombre de clients diminua juste avant l’heure du souper. Pas une perte, puisque je profitai de ce petit répit pour me permettre une fantaisie. Malgré mes 25 ans à cette époque, je n’avais jamais eu de photo de moi avec le père Noël. J’entrai donc dans la cabine et je demandai au bon monsieur si je pouvais m’asseoir sur ses genoux. Il accepta avec plaisir. J’allais même abuser de cette belle journée en demandant à la fée des étoiles d’être dans la photo. Malheureusement, demander à une elfe d’en faire partie était de trop pour le bon père Noël en fin de quart. J’aurais essayé :-P.

    Ce week-end se termina dans un fou rire lorsque le père Noël me chuchota à l’oreille :

    — Fais attention ou tu mets tes mains. La fée des étoiles, c’est ma femme.

    Je n’ai pas vécu l’amour durant ces deux jours, mais j’ai quand même senti la magie de Noël. Je ne crois pas que ça pourrait faire un téléfilm Hallmark, mais c’est quand même mieux. Puisque cette histoire est vraie.

    Merci JF pour ce week-end. Tu ne pouvais pas savoir que je n’avais pas le moral et tu m’as quand même choisi pour t’aider dehors. J’étais probablement qu’au bon endroit, au bon moment. J’étais le premier commis que tu as croisé, mais merci quand même. Ça m’a aidé à me remettre d’une douloureuse séparation.

    C’était mon histoire du temps des fêtes.