Auteur : Kevin Bonneville

  • Le coin de rue usé

    Le coin de rue usé

    Moment de nostalgie ce matin

    En allant livrer des exemplaires de mon roman (en passant, je vous remercie encore de me faire déplacer pour vous amener un univers intriguant), j’ai eu la joie de revoir une de mes amies, la meilleure, de très longues dates (plus de vingt ans) Mireille. Nous avons discuté de tout et de rien question de rattraper le temps désormais perdu. Nous avons parlé de mes expériences de couple, de son couple, de son enfant, de nos vies et, surtout, elle voulait savoir comment j’allais. Elle savait que j’avais vécu une traversée du désert assez rude il y a quelques mois. La température extérieure était douce, nous aidant à discuter, mais il y aurait eu un début de blizzard que nous serions restés à échanger.

    Bref, ce n’était pas sans me rappeler une certaine fin d’après-midi, en 2001, je crois, quand Mireille et moi avions décidé de profiter du temps doux pour marcher de l’école jusqu’à nos domiciles respectifs. Avant de nous séparer, à mi-chemin, nous finissions le sujet de la discussion. Ayant nos neurones synchronisés à la même séquence, un sujet clos, amena un autre de façon extrêmement fluide. Sans nous en rendre compte, nous regardions le soleil se coucher, tous les deux assis sur le coin de rue, le poteau du panneau « STOP » entre nous. Après nous avoir dit « a demain » pour la treizième fois, nous nous sommes relevés et continuer à parler jusque-là noirceur nous pousses à nous séparer pour de bon.

    Ces moments qui nous donnent l’impression que le temps s’arrête et qu’il accélère à une allure folle en même temps; et bien, c’est beau et c’est rare. Pour ma part du moins. Ce souvenir fut le premier qui m’est venu en tête, car c’était le plus marquant pour moi. Ma copine de l’époque s’était imaginé les pires scénarios ne me trouvant pas ni Mireille ni moi puisque nous ne détenions aucun moyen de nous rejoindre en dehors de nos salons. Les téléphones cellulaires ne faisaient pas partie des mœurs quotidiennes de tout un chacun. Autrement, les longues discussions sans répétition entre cette amie et moi sont nombreuses et tout aussi apaisantes pour l’âme, surtout lorsque nous n’avions pas le moral.

    J’en profite pour rendre hommage à cette amie qui se trouve à être l’une des plus belles personnes, autant physiquement que psychologiquement, que j’ai la joie de connaitre. Je nous souhaite d’autres coins de rue, de cadre de porte ayant notre manteau d’hiver sur le dos, de rues encadrées de nos voitures laissant échapper du monoxyde de carbone comme ce fut le cas il y a deux samedis. Cette journée-là, la Covid n’existait plus, mon mal de ventre s’était évaporé et le temps s’était arrêté.

    À vous tous, je vous souhaite de trouver votre coin de rue à user.

  • Lectrice-correctrice

    Lectrice-correctrice

    En ce début de semaine, je vous présente la personne que je considère comme ma meilleure alliée pour l’auteur que je suis. Cette personne je l’appelle affectueusement ma lectrice-correctrice. Non seulement c’est ma dernière bêta-lectrice, mais elle fait plus que simplement corriger les fautes. Voici plus en détail la définition d’après le site www.cidj.com :
    « […] Qu’il travaille pour une maison d’édition, pour un titre de presse, pour un site internet ou encore pour une agence de communication, le lecteur-correcteur passe au crible les textes qui lui sont confiés pour y traquer toutes les fautes.
    Orthographe, grammaire, syntaxe, ponctuation, typographie… mais pas seulement! Sur écran en “préparation de copie” ou armé de son stylo rouge pour un travail sur papier, le correcteur, attentif à la forme autant qu’au fond, procède à une lecture à plusieurs niveaux, à la fois technique et critique.
    […] Parallèlement, le correcteur doit appréhender le sens général du texte pour pouvoir en vérifier la cohérence globale et la moindre information.
    Si nécessaire, ou si l’éditeur le demande expressément, la correction au sens strict peut être approfondie par un travail de réécriture, ou rewriting. Dans ce cas, il ne s’agit plus de corriger seulement les fautes, mais de modifier le texte plus largement, ce qui demande de vraies capacités rédactionnelles : couper, compléter, réorganiser des chapitres, expliciter des passages obscurs, reformuler le style…
    Quel que soit son degré d’intervention, le correcteur doit toujours respecter la pensée de l’auteur et ne jamais trahir le contenu de l’ouvrage.
    […] De fait, les correcteurs sont de moins en moins nombreux, y compris dans la presse quotidienne nationale, qui constitue pourtant l’aristocratie du métier.
    »

    Revenons sur le point suivant : « Dans ce cas, il ne s’agit plus de corriger seulement les fautes, mais de modifier le texte plus largement, ce qui demande de vraies capacités rédactionnelles : couper, compléter, réorganiser des chapitres, expliciter des passages obscurs, reformuler le style… » Ma lectrice-correctrice, Cyn, a fait un travail tout simplement merveilleux à ce domaine et c’est surtout en lisant ses corrections que la décision définitive de m’autoéditer a été prise. Elle a rendu le texte prêt à la lecture sans pour autant trahir le contenu, le contexte et l’émotion que le lecteur doit lire. Un texte écrit de façon à faire grincer des dents, ne donne pas envie de continuer à lire. Si vous êtes en autoédition, pour trouver LA personne qui va rendre votre texte d’une fluidité exemplaire, ça prend un esprit ouvert et surtout, SURTOUT, aucune susceptibilité. Cependant, il ne faut pas perdre de vue votre histoire ni vos personnages. Il faut un esprit ouvert, oui, mais sans trahir les éléments importants. Exemple : Audrey se présente toujours de cette manière : « Je m’appelle Audrey ». Pour une meilleure lecture et pour créer une cohérence de vocabulaire, Cyn a changé cette petite phrase qui revenait quelques fois. Je lui ai envoyé dans ma note de « réactions et réponses » que la phrase qu’elle a changée faisait partie intégrante de l’anti-héroïne. Cette petite phrase est revenue. Pour citer un cas opposé, Cyn m’a mis en contexte la réalité d’un des personnages pour que je puisse réajuster le tir et corriger la situation. Ce sont les petits détails qui rendent le tout attachant et crédible dans l’univers donné.

    Attention, je mentirais si je disais que le tout s’est passé dans l’allégresse. Il y a eu un moment dans lequel nous avons eu un débat concernant un élément de l’intrigue. C’était un point important et son argumentation se tenait à 1000 % (une bonne représentation c’est important), mais la fatigue mélangée avec la hâte d’imprimer le bouquin peut faire perdre un peu patience. Je vous rassure, tout s’est bien terminé et aucune animosité n’a été présente, même avant mes excuses.

    Bref, pour faire court, car mon billet commence à être long, le travail avec Cyn, ma lectrice-correctrice, m’a donné le boost d’adrénaline et de confiance pour aller au bout de la publication. Un gros et chaleureux merci à elle (encore).

  • La petite qui était à part

    La petite qui était à part

    Je voulais en faire un simple statut Facebook, mais ça aura été peut-être trop long. J’ai été touché aujourd’hui. Seuls mes proches savent que je suis un travailleur essentiel au Centre Hospitalier Universitaire Sainte-Justine, aussi appelé l’hôpital pour enfant. Maintenant, vous êtes aussi dans la confidence. Ce n’est pas toujours facile de voir de jolies têtes blondes souffrir le martyre, quelle que soit la raison. Néanmoins, il reste que ces petits êtres sont les humains les plus courageux que j’ai pu voir dans ma vie par leur positivisme et leur bonne humeur contagieux. Pas tout le temps, bien entendu, ils ont tous des moments plus durs, mais tout de même. Ils restent exceptionnels dans la façon de s’adapter, à voir du positif.

    Bref, j’exécutais mon travail lorsque dans une des salles d’attente, je vois une petite gamine, seule (sa mère devait être à la toilette) patiemment assise enfuie dans son manteau d’hiver rouge, sa tuque blanche assortie à ses bottes de neige en train de lire un livre. Ce n’est pas parce que je viens de sortir mon premier roman que cette image m’a touché. Non, pas du tout. Premièrement, c’est de voir un enfant se divertir avec un livre, préférant ça à un smartphone, qui m’a surpris et deuxièmement, l’élément le plus important, c’est que je pouvais voir par-dessus le livre, ses yeux imprimant les mots dans son esprit. La façon qu’elle avait de tourner les grosses pages, une façon maladroite due à la presse de connaitre la suite de la petite histoire et de continuer cette lecture en direction de la salle 1, trop prise par la narration.

    Franchement, c’est rassurant de voir qu’il y a de jeunes humains s’intéressant aux livres brochés comme passe-temps. Il fallait peut-être être là, mais c’était beau de voir ça.

  • La page blanche à moi

    La page blanche à moi

    Le syndrome de la page blanche

    Voici la définition de Wikipédia : « Le syndrome de la page blanche faisant référence à une peur, celle de la page blanche, est aussi désigné par le terme de leucosélophobie.

    Ce phénomène peut être dû à la volonté tellement grande de faire une œuvre parfaite, que toute idée qui vient à l’esprit de l’auteur lui paraît systématiquement mauvaise, de telle sorte qu’il devient alors impossible pour lui de commencer ou de compléter son œuvre. Ce syndrome est aussi souvent dû au fait que l’auteur a mis ses personnages dans une situation complexe de laquelle il s’avère incapable de les sortir. Elle peut se traduire, lorsqu’elle se prolonge dans la durée, par un abandon de l’auteur ou une période de dépression au cours de laquelle il perd totalement confiance en lui.

    Le blocage de l’écrivain peut aussi s’appliquer à d’autres artistes, tels les compositeurs ou les peintres, qui peuvent rencontrer ces mêmes problèmes dans leur art respectif. »

    Pour moi, la page blanche ne consiste pas de « ’ne pas savoir quoi écrire »’, mais surtout de « ’ne pas savoir comment l’écrire »’. Au moment d’écrire ces lignes, j’en suis à l’avant-dernier chapitre du Tome 2 de Audrey et, bien que je sache ce qui doit se passer, je peux passer de 30 à 60 minutes à ne pas savoir comment enchaîner les actions à écrire. Est-ce que cette phrase est bien? Est-ce trop ennuyant? Il me semble que ça manque de rythme, non? J’écris, je relis. Je continue d’écrire, je relis… je relis… je réécris pour finalement effacer trois pages après avoir trouver LA façon d’enchaîner et je peux écrire jusqu’aux petites heures du matin jusqu’à ce que je me rappelle que je dois me lever le matin pour aller travailler.

    Bref, le secret d’une bonne écriture est la discipline. Vous n’avez pas l’inspiration? Écrivez quand même, essayez, trompez-vous, inventez une petite conversation entre deux nouveaux personnages au pire, peu importe. L’écriture est comme n’importe quel exercice physique: ça ne se développe pas, si on ne le travaille pas. Et vous en savez plus sur moi et mon syndrome de la page blanche.

    Bonne semaine à tous.

  • Ce qui me manque

    Ce qui me manque

    Être sur une terrasse partageant une bouteille de vin n’est-ce pas le meilleur endroit pour partager nos blues et refaire le monde? C’est ce que je vous propose dans ces chroniques.

    Juste avant, je remercie encore tous ceux qui m’ont déjà encouragé soit en achetant un exemplaire du roman, soit en partageant mes statuts ou les deux. Ces derniers jours, bien que joyeux, ont été un peu épuisants. Faire de la route, c’est fatigant. Je ne m’en souvenais plus. Justement, en parlant de faire de la route et de livraison de livre, voici enfin le propos de mon billet:

    Je revenais chez moi via le pont Jacques-Cartier. L’horloge de ma voiture indiquait à peu près 17 h 20. Je ne me souviens plus de l’heure exacte. Toujours est-il qu’à cette heure le coucher du soleil arrive pile à faire un contour jaune-orange au Mont-Royal. Les lumières de la ville allumées et le mélange de couleur pendant l’heure bleue sont non seulement magnifiques, mais il me fit penser aussi à ce qui me manque le plus dans ce confinement et ce couvre-feu. Au-delà de ne pas voir ma famille et mes amis, bien sûr.

    Une des activités qui me manque le plus, l’une des choses qui m’aident à trouver l’inspiration, c’est de me promener en voiture, le soir lorsque les lumières du centre-ville de Montréal me guident au son d’une soundtrack de circonstance. C’est tellement riche comme image dans ma tête. Le nombre de scène et de chapitre qui sont nés comme ça. Ça me manque. Surtout depuis que j’ai vu le film « Drive » (2011). Une imagerie superbe, une bande sonore des années ’80 qui collent parfaitement à l’ambiance. Je le recommande. De plus, c’est tiré d’un livre. Un livre que j’ai commandé et dont j’attends le facteur impatiemment depuis.

    En attendant, je vous lève ma coupe de vin.

  • À vos violons

    À vos violons

    Tout d’abord, une bonne nouvelle: mon premier roman est maintenant en impression!!! Il n’y a pas plus excité que moi! D’autres nouvelles sont à venir très bientôt.

    Mais là, laissons la littérature le temps de parler de musique et cinéma. Ce n’est pas tout le monde qui aime le son du violon, mais je vous parle quand même d’une artiste que j’ai découverte il y a peu de temps. Lindsey Stirling. Non seulement elle manie le violon comme une chef, mais elle danse également comme  »maladement » tout en jouant. Que ce soit des compositions originales ou des  »covers », sa musique est entraînante et même touchante par moment.

    Et si seulement ce n’était que ça. L’art visuel m’impressionne beaucoup et Lindsey sait s’entourer d’une équipe de feu pour ses vidéoclips. Leur mise en scène me donne envie de reprendre ma caméra et ma table de montage. J’aurais beau écrire encore longtemps sur son travail, mais le mieux reste de vous les montrer directement.

    Ne choisir que trois clips est un vrai défi. J’ai décidé de vous montrer mes premiers coups de cœur. Ce ne sont pas forcément les meilleurs, après tout les goûts et les couleurs ne se discutent pas, mais trois styles différents qui vous donneront une bonne idée de ce que je veux dire.

    Première vidéo: un  »cover » d’une chanson de Jennifer Lopez ou La Lambada pour les plus vieux. Une réalisation qui parait simple à première vue, mais, croyez-moi, c’est tout le contraire. Régler la lumière pour une image impeccable dans le but de montrer 3 fois la même personne, dans une chorégraphie très juste, c’est du gros travail.

    Deuxième vidéo : une composition originale qui me fait penser à Peter Pan jouant avec son ombre. Dans le même genre que  »On The Floor Take Three » avec des images donne un ton plus poétique.

    La dernière vidéo et non la moindre, là on est ailleurs. Un beau court-métrage musical digne des plus beaux Westerns – Steam Punk du 7e art. Un duel affrontant le violon et la guitare. À vos chevaux et vos chapeaux.

    Passez jeter un œil sur sa page Youtube : https://www.youtube.com/c/lindseystirling