Catégorie : Jus d’orange, toasts et café

  • Pouvoir éviter un accident mortel

    Pouvoir éviter un accident mortel

    Je ne parle pas d’une fête d’Halloween ou d’un moment intime qui, de toute façon, ne vous regarderait pas. Je parle d’un vrai moment où la justice a triomphé.

    C’était en 2012 il me semble, en été. Ma copine de l’époque et moi revenions d’une petite balade en voiture par une belle journée. Nous revenions de quelque part en Montérégie (j’ai oublié où précisément) quand nous nous dirigions à Laval pour un souper d’amis. Comme il y avait des travaux sur l’ancien pont Champlain, nous nous sommes embourbés dans la circulation à une vitesse de cinq à l’heure quand nous n’étions pas carrément à l’arrêt, je prends le temps d’observer les alentours, les voitures et leur passager. N’essayez pas, on le fait tous.

    En avant de nous, il y avait une fourgonnette blanche d’un professionnel de la rénovation, il me semble. À l’intérieur, un mouvement attire mon attention. De mon point de vue, je constate que le conducteur boit quelque chose. Comme je bois de l’eau ou du café aussi en conduisant, je n’en fais pas de cas. Seulement, la bouteille a une drôle de forme. Je me tourne vers ma copine et je lui demande son avis.

    — Oui, moi aussi je trouve que ça ressemble à une bouteille de bière.

    Le justicier en moi s’est réveillé. J’ai vite appris à ne me mêler que de mes affaires dans la vie, mais comme je suis un usager de la route, le mauvais comportement des autres pouvant mettre des vies en danger nous concerne tous. Nous avons donc décidé d’appeler les autorités. Après quelques transferts de juridiction, la Sûreté du Québec prend l’affaire en main. Arrivée au milieu du pont, la circulation reprend une vitesse normale. Le fautif, lui, accélère. Et c’est en ce moment que je suis devenu Batman. Nous informons la SQ que le méchant prend de la vitesse. Ils nous répondent : « Suivez-le en attendant qu’une voiture patrouille vous rejoigne. On vous permet d’enfreindre quelques règles de conduite, mais, de grâce, restez prudent. »

    Il ne m’en fallait pas plus. J’enfilais mes gants à pointe, ma cape et mon masque. Le coupé vert que je conduisais s’est transformé en Chevrolet Impala 1967 avec des influences de la Porsche 917 et de la Ford GT40. (C’est les modèles qui ont servi à faire la Batmobile du film de 1989.) En cinq minutes j’avais rattrapé la fourgonnette sur l’autoroute Décarie après des dépassements par la droite et avoir fait des excès de vitesse. Ma copine, toujours au téléphone avec la SQ, les tient au courant de la situation. 

    Sur la Métropolitaine, entre les deux segments de l’autoroute 15, j’ai perdu le fautif de vue. On allait faire part de la mauvaise nouvelle, lorsque sortie de nulle part, la fourgonnette sort du filé de voiture pour aller frotter violemment le garde-fou de ciment. Imaginez s’il n’y en avait pas eu; un face à face qui aurait pu être fatal. Bref, on a retrouvé le malfaisant.

    Après avoir indiqué qu’on le suivait sur la bretelle pour l’autoroute des Laurentides, on nous informe qu’une patrouille s’approche de nous. Pour se faire voir, ils nous demandent d’allumer les feux de détresse. Ils nous dépassent, les sirènes hurlantes, en nous faisant un signe de tête. Deux minutes plus tard, on s’arrête en arrière d’eux et nous avons assisté à l’arrestation du chauffeur aux facultés affaiblies qui nous confirmait qu’il buvait bel et bien de la bière au volant.

    Bon, je vous épargne l’après-coup qui se résume à rédiger ma déposition. Nous avons reçu des remerciements des agents de loi. « Vous avez peut-être sauvé une vie en nous appelant » qu’ils nous ont dit. Rien pour ne pas que je pense que j’ai été un bon Batman cet après-midi-là.

  • Hommage à ma prof

    Hommage à ma prof

    Il y a quelques mois, une mobilisation a eu lieu à travers la province de Québec. Une mobilisation rassemblant les employés du service hospitalier et les enseignants, enseignantes du Québec pour de meilleures conditions de travail et surtout une meilleure reconnaissance de la part des élus. En tant qu’employé d’un hôpital, je me suis retrouvé dans le conflit. Je vais taire mon opinion, ce n’est pas le sujet. Cependant, je dois avouer que je pensais surtout aux professeurs. Quel métier d’une importance capitale, mais trop sous-estimé.

    Par ce fait, Je pensais à l’humoriste Pierre Hébert. Bien que je le trouve très à l’aise et à sa place à son poste d’animateur d’émission mettant en vedette de jeunes enfants, il est loin d’être mon humoriste préféré. Je pensais à lui parce qu’il milite pour la cause des professeurs. Il en parle énormément (peut-être trop?) parce que sa compagne est elle-même professeure. Je le trouvais autant objectif que moi-même disant que Louis-José Houde est le meilleur humoriste du monde parce qu’il est mon préféré. Je réfléchissais à ça tout en brandissant une pancarte écrite par un des membres du syndicat décrivant le manque d’écoute du ministre de la Santé et BOOM!, un souvenir de loin me revient en mémoire. Ça m’a fait revenir sur mon opinion; finalement, Pierre Hébert a bien raison et il est légitime de militer pour les profs qu’il soit en couple avec une enseignante ou non. Parce que, moi aussi, j’ai eu une professeure qui a été importante dans ma vie, qui a allumé une flamme en moi qui brûle toujours vingt-cinq ans plus tard. Mon début de secondaire s’est déroulé à Terrebonne, à l’école Trois-Saisons. Bien que j’avais des amis et que je trouvais un certain plaisir à m’y rendre, je restais tout de même un jeune adolescent introverti qui assumait mal son allure qui ne ressemblait à rien ni sa chevelure frisée et surtout d’être ‘’l’ami de’’, comme si je ne valais pas la peine d’être une entité propre sans pouvoir être identifié sans une autre personne. Mon plaisir de me rendre à l’école se résumait à certains cours donnés par des professeurs passionnés. Il y avait Joan (Johanne), elle était drôle et parlait le même langage que nous. Benoît le professeur de biologie qui nous parlait comme si on était des adultes; qu’il n’avait pas peur de nous dire les vrais mots lorsqu’on étudiait le corps humain. Il y avait aussi Maryse, la prof de science-physique qui… à part nous avoir captivé sa passion de l’enseignement… heu,… disons simplement que la génétique est bien faite… Vous avez compris. Tout ça est bien beau, mais mon souvenir le plus précieux restera toujours mon cours de français et surtout celle qui le donnait : Josée. Josée, ma professeure de français en secondaire 3. À mon souvenir, elle enseignait depuis peu. Sa joie de vivre, avec son bonheur d’exercer ce qu’elle considérait le plus beau métier du monde et surtout son écoute et sa sympathie faisaient que j’avais hâte au prochain cours. Les conversations avec nous variaient du subjonctif présent jusqu’au deuxième film de la série Les Boys qui venait de prendre l’affiche. Oui, je suis vieux comme ça.

    J’ouvre une parenthèse.

    Pendant qu’on discutait de nos meilleures répliques du film  »Les Boys » premier du nom, elle nous confiait qu’elle n’avait pas du tout aimé. Évidemment, elle prit le temps de nous expliquer pourquoi et je dois avouer qu’objectivement ses raisons sont plutôt bonnes. J’en ai presque changé d’avis sur mon appréciation du film.

    Je ferme la parenthèse.

    Un jour d’école, je rêvassais tranquillement en fixant mon cahier de français lorsque Josée nous annonce qu’elle fait des changements dans sa classe. Ça m’importait peu, je n’avais pas d’amis dans ce cours. Je retournais donc à ma rêvasserie. Une rêverie dont ma prof me sortit après avoir nommé mon nom trois fois. Voilà que j’apprends que je dois déménager mes effets personnels sur le bureau près du sien. Apparemment, elle trouvait que je n’étais pas assez attentif et que mes notes pourraient être meilleures donc, cette place devrait régler le problème… Qui suis-je pour la contredire? Elle eu raison sur un point, je rêvais beaucoup moins, mais mes notes n’augmentaient pas. Josée avait beau m’interroger sur mes possibles problèmes personnels et sur ma vie de famille pour tenter de comprendre, introvertie comme j’étais, je répondais que tout allait bien. Elle n’avait pas insisté. L’instant marquant et important s’était passé un après-midi de fin d’hiver (il me semble que c’était à cette période). Elle nous avait introduits à l’écriture. Elle nous demandait d’écrire une petite histoire d’environ 50 mots; ce qui était un véritable calvaire pour le ¾ des élèves, dont moi-même. Je ne trouvais rien à raconter et quand bien même une idée me serait venue en tête, je ne saurais pas par où commencer. Comme vous avez compris, je n’écrivais pas encore et je lisais encore moins. Me voyant galérer, elle tente de m’aider. “Tu dessines, non? Alors, raconte-moi par écrit l’histoire d’un des personnages que t’as créés”, que ma professeure me lance avec un beau sourire. Je ne lui avais rien dit, mais à l’époque je croyais qu’écrire (dessiner) une bande-dessinée et une nouvelle ou un roman c’était extrêmement différent. Je m’y remettais donc un peu à contrecœur. Je ne voulais surtout pas la décevoir, elle, qui ne voulait que mon bien. Je pose la mine de mon crayon sur mon papier et je commence un semblant de phrase avant de la rayer et de recommencer juste en dessous. Un blocage me pogne. Josée jette des regards en ma direction avec un sourire réconfortant. Encore une fois, je n’ai pas envie de la décevoir; je raye la nouvelle phrase et j’en recommence une autre. Bien que je savais que je ne perdrais pas de point en commençant par ‘’il était une fois’’, j’avais envie d’être plus original. Je commence un dialogue entre les deux personnages, deux frères. Pour ceux m’ayant déjà rencontré, il s’agit des deux personnages qui sont tatoués sur mon avant-bras.

    Bref, je ponds une petite histoire un peu compréhensible, qui commençait en plein milieu, mais apparemment ça ne gênait pas la compréhension de Josée.

    — T’aimes beaucoup les films, toi.

    Je croyais à l’époque qu’il s’agissait d’une question. À croire que mon écriture était déjà cinématographique; du moins, c’est ce que j’en comprends quand j’y repense. Je lui avoue que j’adore le septième art et que je veux en faire un métier. J’ai ressenti un sourire sincère lorsqu’elle m’écoutait lui dire pourquoi j’ai choisi la mise en scène. Par la suite, elle m’encouragea à terminer ma production écrite.

    Plus tard dans l’année, le plan de cours exigeait qu’on travaille les poèmes. J’ai appris les vers, les strophes, les quatrains, les quintils, etc. J’ai surtout appris que l’écriture pouvait être une manière de s’exprimer intéressante. Et le plus beau là-dedans, c’est que Josée voulait lire mes poèmes. Je sais que sa profession l’oblige à le faire, mais pour ma part, elle voulait les lire avant que les autres ne remettent leur travail. Elle fut donc ma première lectrice, celle qui demandait de lire mon prochain écrit. Dire que ça m’a pris vingt ans pour réaliser que j’avais quelque chose à faire avec l’écriture. Qui sait ce que je ferai aujourd’hui si je n’avais pas eu ces encouragements à l’époque? À moins d’avoir une Delorean et de créer une rupture du continuum espace-temps, on ne peut pas le savoir. Donc je vais me considérer privilégié d’avoir eu une personne comme Josée pour me faire découvrir l’art de l’écriture en m’encourageant comme elle l’a fait. Je profite du sujet pour remercier un autre professeur que j’ai eu. Celui-là, en nous laissant le libre choix sur le livre pour la lecture obligatoire, il a fait pousser la passion de la lecture en moi. Avoir une lecture imposée peut rendre l’expérience pénible. Choisir un livre qui nous intéresse nous fait découvrir un monde imaginaire qui peut rendre accro. Pour résumer, non, Pierre Hébert ne gosse pas avec ses propos sur les enseignants. Non, il ne fait pas son téteux; et non, les professeurs n’en demandent pas trop. Oui, les profs peuvent changer des vies. Les professeurs peuvent en sauver juste en prêtant l’oreille. Les professeurs ne jugent pas et ont une patience d’ange et pourtant, ils sont pris pour acquis. Si je devais retourner manifester à nouveau pour que les enseignants aient de meilleures conditions de travail, compter sur moi.

    Avant de partir, je vous laisse avec une merveilleuse chanson qui décrit l’impact que Josée a eu dans ma vie. Le chanteur québécois Alexandre Poulin, un ancien professeur devenu chanteur. Sa chanson  »L’écrivain » est le premier titre que j’ai entendu de lui. Vraiment, Wow comme chanson. Merci à Keith, de m’avoir fait découvrir cette pièce.

  • Être un des singes de l’espace

    Être un des singes de l’espace

    Un film qui se passe de présentation. Un long-métrage au succès retardé, mais à la stratification culte sans contredit. Des hommes se joignent au Fight Club. Un regroupement qui se veut un groupe d’entraide pour les hommes seulement, mené par le mythique Tyler Durden. Plus la popularité du club augmente, plus le concept du Fight Club va changer. De simples combats, ça va devenir un groupe terroriste qui veut remettre le monde à zéro en devenant le  »projet apocalypse ». (Project Mayhem ou projet Chaos) Ce n’est pas rien, avouer.

    Oui, je me suis déjà battu, mais ce n’est pas de ça que je veux vous parler. Il y a beaucoup d’événements dans ce film (tiré d’un livre). Il n’empêche pas que je me sois sérieusement posé la question à savoir si mon cousin existait réellement. Un cousin plus vieux, plus riche et ayant plus de charisme que moi. Installé dans la grande ville avec une vie enviable. Enviable, surtout pour moi, jeune homme à peine adulte qui cherchait mon identité propre. Un Tyler Durden finalement. On comprend la référence. Voulant voir autre chose que ma banlieue, je rendais visite plusieurs jours de suite à mon cousin avec une impression de vivre ‘’comme un grand’’.

    Le moment précis dont je veux vous parler se compare à la deuxième partie du film, quand le projet Apocalypse commence. Les membres du Fight Club viennent habiter chez Tyler pour mener à bien le plan. Dans le film, chacun y met la main à la pâte pour contribuer dans la maison.

    Chez mon cousin, il y avait toujours beaucoup de monde. On y trouvait quelques femmes, mais surtout de jeunes hommes âgés entre 19 et 23 ans en pleine transition vers un âge adulte qui leur faisait peur. Comme s’il montait une armée.

    Bref, comme le narrateur le dit dans le long-métrage ‘’Ils s’agitaient tous tellement que la maison bougeait’’. Jusque là, je n’avais pas encore bien fait le lien avec Fight Club. C’est arrivé lors d’un soir vers la fin de l’été alors que j’étais en visite chez lui que j’ai commencé à me poser la question.

    Ce soir-là, nombre des membres du  »projet apocalypse » dormaient chez mon cousin. Ça se tassait sur les sofas, ça se battait pour les draps et ça dormait les uns par-dessus les autres. Mon cousin avait le privilège d’avoir sa propre chambre. Moi, j’avais le droit à la mienne pour moi tout seul. ‘’Je suis le privilège de Jack’’.

    Je me souviens d’avoir entendu soulever l’injustice au fait que je sois seul dans l’autre chambre. Mais un autre dude a précisé que j’avais le droit puisque j’étais le cousin du chef de clan. Il s’est excusé et je n’en ai plus jamais entendu parler. 

    Le fait qui m’a fait croire que je me trouvais dans le projet Mayhem, c’était le lendemain matin. Je me réveillai vers 10 heures. Je n’entendais rien de l’autre côté de la porte. Les invités devaient être encore couchés, que je me dis. Mais non! En ouvrant la porte, je vois tout un chacun s’y mettre pour rendre l’appartement impeccable. ‘’Ils vivaient et travaillaient en équipe’’. Je me promenais entre les personnes qui, soit balayaient, soit frottaient les murs ou ils passaient la balayeuse sur le sofa. On me saluait, mais on ne me demandait pas de participer. Et entre nous, je n’aurais pas su quoi faire tellement que tout était en train de se faire. Exactement comme le personnage de Edward Norton lorsqu’il vague, sans rien comprendre, parmi les singes de l’espace donnant leur énergie pour la cause.

    Non, ce n’est pas drôle. Ça me faisait peur et ce n’était pas encore le pire. Déjà, lorsque je m’assois à la table de cuisine, j’avais une impression de déjà vue. Le film Fight Club évidemment. Mon cousin se réveilla finalement. Après un arrêt dans la salle de bain, il vint me rejoindre à la cuisine. Il me salue en s’asseyant et, à la seconde près, l’un des singes des membres vient de déposer, devant mon cousin, une assiette d’œuf, bacon et fruit frais avec un jeu d’orange.

    Estomaqué et étourdi de confusion, je le fixe en le suppliant de m’expliquer. Je ne me souviens pas d’avoir vu quelqu’un cuisiner lorsque je suis entré dans la cuisine. ‘’Je suis la surprise de Jack’’. La seule réponse que j’ai eue fut un haussement d’épaules et une phrase perturbante pour moi. ‘’Pourquoi Tyler Durden monte une armée? En tout cas, il a un bon déjeuner’’.

    Ça y est, je suis le Edward Norton de mon univers. Mon cousin n’existe pas. Je prépare un plan de destruction et je ne m’en rends pas compte. Je me croyais fou. Où est ma Marla?

     Je vous rassure, rien de mal n’est arrivé. Aucune destruction n’a eu lieu et la raison du comportement des invités s’explique comme suit : ils faisaient le ménage pour remercier l’hospitalité de mon cousin. Mais n’empêche, pour un petit jeune avec un trop-plein d’imagination comme moi, une situation aussi extravagante ressemblant à un film culte ça peut mener à une petite psychose comme j’ai vécu. Ça m’a pris une demi-heure pour que la réalité me rattrape. Même s’il a pu se mettre à ma place et me comprendre, ce cousin en rit encore après une vingtaine d’années. Et avec le recul, je me trouve, d’une certaine façon, chanceux d’avoir vécu une situation pareille. Ça me fait quelque chose à raconter.

    Et sérieusement, regardez Fight Club.

     Il me semble que le sujet des jeunes hommes prit entre l’adolescence et l’âge adulte, ferait un bon sujet pour un futur billet.

  • Pourquoi il est mon humoriste préféré

    Pourquoi il est mon humoriste préféré

    Qui n’aime pas rire? Heureusement que, comme pour la littérature, il y a de l’humour pour tous les goûts. Et comme dans la littérature, parfois, les goûts et envies changent. Plusieurs des humoristes que j’admirais il y a une époque ne sont plus dans mon top 10 aujourd’hui. Mon vécu, mes tolérances et surtout mon ouverture d’esprit ont fait en sorte de changer mes champs d’intérêt. Pareil pour les films et les séries télé, mis à part quelques exceptions, ces tops 10 a aussi changé, mais il est plus varié. Je ne dis pas que ceux qui ne changent pas sont dans l’erreur. Grands biens leur fasse s’ils se sentent toujours aussi près de leur réconfort d’autrefois. D’ailleurs, le mot ‘’réconfort’’ est bien choisi pour ce que j’ai à partager. 

     

    Parmi la variété d’humoristes qu’il y a dans la belle province, il y en a un qui restera toujours au top de mes préférés (bien que je ne sois pas à l’abri d’un changement d’idée) et comme vous avez lu le titre, vous savez qu’il s’agit de monsieur Louis-José Houde.

     

    Deuxième enfant et seul garçon de la famille, Louis-José est natif de la ville de Saint-Apollinaire, il sort de l’école nationale de l’humour en 1998. Il fait son petit bout de chemin en apparaissant comme chroniqueur à la télé et à la radio CKOI. Depuis son premier spectacle en 2002, son nom reste dans les mémoires, car il apparaît dans des séries télévisées et dans de nombreux films sur lesquels il apparait sur les affiches. Je sais que je ne vous apprends pas grand-chose, mais je tenais quand même à résumer son parcours.

     

    Lorsqu’il apparaissait à la télévision, je le regardais. Même chose pour ses moments à la radio. Notez bien que le seul personnage qu’il a interprété, sans jamais le sortir sur scène, me fait encore toujours rire. Ma sœur et moi écoutions Dollaraclip presque religieusement. À cette époque, cet humoriste ne se trouvait pas encore sur le piédestal sur lequel il se trouve en ce moment. La première fois que j’ai vu l’un de ses spectacles fut en début 2009. Ma copine de l’époque nous avait offert une paire de billets pour son deuxième one-man-show ‘’Suivre la parade’’.

    Il faut savoir qu’en 2009 j’avais 25 ans et je vivais une période de questionnement, de mise en doute et je n’arrivais pas à trouver une raison de remonter à la surface. Que ce spectacle m’a fait du bien. La fin du show ‘Suivre la parade’’ m’a énormément touché. De savoir qu’un homme populaire, idolâtré et pour qui toutes les portes s’ouvrent pouvait vivre et parler d’une période pénible de sa vie. Ça a remis ma dernière année en perspective. Déjà la première phrase du spectacle ‘’La vie change trop vite. Mon grand-père a eu mon père à 20 ans. Mon père m’a eu à 25 ans. Moi, je viens d’avoir 30 ans et hier soir… j’ai loué Spiderman’’ m’a permis de me reconnaitre dans ce propos.

    Je ne me trouvais pas à la hauteur de la vie. Je ne connaissais que des projets, mais aucun accomplissement. Entendre de la bouche de Louis-José que la vie change et qu’à 30 ans on agit encore comme des gamins (du moins, c’est un peu ce que j’ai compris) m’a un peu remonté le moral; j’ai compris que je pouvais me donner au moins cinq ans pour ‘’agir en adulte’’ et accomplir quelque chose de concret pour moi. Je retournais à mon appartement le cœur beaucoup plus léger en sachant que je ne suis pas le seul à ne pas suivre la parade.

     

    La semaine suivante, je me suis procuré en DVD son premier spectacle. Je me suis reconnu dans plusieurs de ses anecdotes, notamment les premières fois à l’école secondaire. Je le suivais le plus possible à l’animation des Galas Adisc. Animation qu’il faisait de main de maître d’ailleurs; toutes les critiques peuvent vous le dire.

     

    Le spectacle ‘’Les heures verticales’’ arrive sur scène. Encore une fois, je souris en me disant que j’aurai pu moi-même écrire les textes. Dans le sens que j’ai l’impression que Louis-José et moi avons vécu les mêmes événements, dans les mêmes émotions. 

    ‘’Les heures verticales », c’est le temps où l’être humain est debout, à partir du jour où il a appris à marcher, mais aussi dans les moments où il doit se tenir droit devant ou dans l’adversité́’’. Je sais que ça rejoint tout le monde, mais comme j’ai écouté son spectacle en balado, j’ai eu l’impression qu’il se confiait qu’à moi. Je lui répondais dans le vide des ‘’Oh, tellement! ’’, ‘’Damn Right, bro’’ et des ‘’Oui, moi aussi je sais c’est quoi. »

    Son numéro de la fin ‘’Tu l’aimes encore’’ est juste fabuleux. En gros, si les défauts de sa partenaire te charment beaucoup plus que ses qualités… Tu l’aimes encore. Et oui, ma copine, je l’aime encore.

     

    ‘’Préfère novembre’’ sort la veille de ma fête, en novembre. Avec une accroche comme : ‘’Avec son quatrième spectacle en carrière, Louis-José prend position: oui, il l’avoue, il se qualifie de lent, à contresens de son époque où l’instantanéité est valorisée, justifiant ainsi son affection pour ce mois sous-estimé et mal-aimé’’ je ne pouvais simplement pas passer à côté. Seul dans mon salon, confortablement assis dans mon siège de lecture, je souris et je verse des larmes, les yeux fermés, pour ce spectacle qui, encore une fois, me fait penser à mes pensées et angoisses personnelles. Je me trouve lent aussi et vraiment à contresens de mon époque. Faisant écho aux événements et épreuves de ma vie, dans le même ordre que l’ordre de ses one-man-show. À croire que nous sommes jumeaux cosmiques ou je ne sais quoi d’autre. (OK… c’est un peu quétaine ça)

    Fidèle à lui-même, Louis-José fesse fort avec son numéro de fin. ‘’La mère monoparentale’’. L’humoriste avait 40 ans à l’époque de l’écriture de son spectacle. Ce qu’il décrit dans ce numéro, je l’ai vécu de mes 30 ans jusqu’à mes 38 ans environs. Non, la mère monoparentale n’a pas de temps à perdre et souvent, il faut s’accrocher pour bien suivre le rythme. Un autre tour dans des années passées dans lesquelles je me trouvais, malgré mon entourage, bien seul. Du moins, je le croyais. Ça m’a fait du bien.

     

    ‘’Milles mauvais choix ». Le cinquième spectacle de Louis-José Houde est un récit personnel, un petit traité sur les déceptions, les égarements et les choix au cœur de la vie atypique d’un privilégié. Le show ouvre sur sa récente peine d’amour; un sujet qu’il arrive à étirer sans se répéter. Louis-José a le don de toujours virer en comédie les moments dramatiques comme celui-là. Une écriture fine. Je ne sais pas si, des mauvais choix, j’en ai fait mille, mais j’en ai fait et j’ai assumé les conséquences et j’ai souffert amplement aussi. Comme on dit, on apprend de nos erreurs et grands dieux que j’ai appris. Durant son histoire, j’envoyais mentalement à l’humoriste des tapes dans le dos et des thumps up. Heureusement, j’ai su lors de sa dernière animation du gala de l’ADISC qu’il a pu remonter la pente et retrouver l’amour. Sa sensibilité s’est montrée lors de ce même gala quand, au début, il dédie ce gala à Karl Tremblay resté à la maison parce qu’il était trop malade.

    Quel geste gentleman.

    Je sais aussi que Louis-José est maintenant papa. Son prochain spectacle en parlera sans doute. N’étant pas père, saurais-je me reconnaitre comme je me suis reconnu avant? Peut-être que mes longues années de mentorat envers mon petit frère de neuf ans mon benjamin sauront le faire? Seul l’avenir me le dira.

    En attendant, je continue d’écouter ses spectacles comme si je marchais à ses côtés, comprenant ses sentiments parce que je les ai déjà vécus. Comme nous marchons dans les pas de l’autre, comme deux personnes, coude à coude.

  • Le meilleur pour la fin

    Le meilleur pour la fin

    Tout d’abord, je tiens à faire un avertissement :

    Aux parents qui me lisent, mes propos pourraient vous offenser. Or, il n’en est rien, bien au contraire. Je vous lève mon chapeau et vous avez toute mon admiration et mon respect. Vous avez un courage et une volonté qui me manquent. L’anecdote suivante montre mon point de vue datant de presque 10 ans au moment d’écrire ces lignes. Et encore, à l’époque, mon respect et mon admiration étaient déjà très élevés. Je ne connais pas votre réalité aussi bien que vous, je n’en suis que témoin oculaire et auditif de ce qu’est une vie de famille, donc je ne juge en rien, au contraire, je supporte les parents qui sont proches de moi. Aucun des mots suivants ne veut dire que de passer du temps avec vous est chiant. Ce n’est qu’un point de vue d’un jeune homme se sentant moins à sa place.

    Merci

    D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours préféré célébrer le Nouvel An à la fête de Noël. Les fêtes de fin d’année ont toujours eu une connotation symbolique. La fin d’un cycle, le début du suivant; un moment de rétrospection permettant d’aller de l’avant. Je suis un romantique dans l’âme. Ça doit être pour ça que j’écris.

    Bref, il y a près de dix ans, ma vie n’était pas la même. Je n’étais pas seulement jeune, mais j’étais aussi beau. J’avais un travail plaisant et pour qui je plaisais. Bien entendu, ça venait avec une paye très confortable et une situation qui faisait envier mes collègues restés en magasin. Mais pas que. Je conduisais la voiture que je rêvais de conduire depuis un certain temps. De plus, je n’avais jamais été aussi en forme (la partie de hockey hebdomadaire aidant) et mon carnet de numéro de téléphone débordait de noms de gens des plus sympathiques.

    Pour ajouter à cela, je comptais fièrement mes réalisations vidéos, dont mon projet Audrey qui, bien que nous n’avons pas pu nous rendre jusqu’au bout pour diverses raisons communes à tout réalisateur trop ambitieux ou trop pressé d’arriver à leurs fins, me laisse tout de même beaucoup de bons et beaux souvenirs. J’en retiens surtout le travail commun entre Joey le caméraman et moi-même. Même en préproduction, il savait dénicher des manières de faire ressortir les plans les plus importants de la plus belle des façons, tout en respectant ma vision artistique. Je laisse une petite mention à Jean-François, mon premier assistant qui s’est démené comme pas un pour que tout se passe bien. Tout ça pour dire que mon aspect professionnel de ma vie me comblait plus qu’espérer. Le côté personnel n’avait rien à envier non plus. Mes amis de longue date restaient toujours présents et la liste de nouvelles connaissances s’allongeait. Je passais énormément de temps avec ma famille, mes passe-temps existaient et mon nid était plus que confortable. Une trentaine qui commençait bien, donc.

    Pendant que j’approchais de mes buts au bout de trois décennies d’existence, une grande majorité de mes amis, entourages et collègues de mon âge réalisait le leur, celui de devenir parents. Certains l’étaient depuis quelques années, d’autres avaient hâte que leur progéniture naisse. Je pouvais comprendre leur fierté d’être ou de devenir parent. Cependant, ça venait avec un léger désavantage pour ma personne.

    Malgré mon statut de célibataire et pas d’enfant, on m’invitait tout de même aux célébrations et fêtes diverses. Plus ces réunions se passaient, plus il restait qu’un seul sujet de prédilection restait dans la bouche de chacun d’eux : les gamins ! Encore une fois, je comprends la fierté d’en parler et la nécessité de partager les expériences avec d’autres humains vivant les mêmes pépins et inquiétudes. Pour ma part, aimant les enfants malgré que je n’en ai pas, je passais mon temps à jouer avec eux. Si je n’étais pas officiellement parrain, j’étais l’oncle cool, le gentil adulte qui se fatiguait moins vite lorsque je me roulais par terre pour jouer avec eux.

    Mais au bout du compte, je commençais à m’ennuyer de parler de sujet d’adulte et de culture. Pour ajouter à mon malheur qui n’en était pas un, la seule femme célibataire et sans enfant de notre groupe travaillait comme éducatrice spécialisée. Donc, elle pouvait échanger avec les autres des anecdotes et des conseils. La loi de Murphy ? 🙂

    Pour revenir à la période la plus prospère de ma vie : comme toute bonne chose à une fin, le glas de trois belles années sonnait. Par contre, un petit geste venait adoucir cette triste nouvelle. Mon chef d’équipe, un parmi les cinq des équipes constituant le même poste que moi, a été le seul qui s’est déplacé pour nous annoncer que ce poste devait couper presque 75 % de ses effectifs. À ma connaissance, ce fut le seul chef qui s’est déplacé pour l’annoncer. Les autres l’ont fait par téléphone.

    Pendant une semaine, je me demandais comment irait ma vie à la suite de la suppression de mon poste. Je tentais de voir la situation d’un point de vue positif ou du moins, trouver une façon d’en rire. Je n’y arrivais pas. En plus, la suppression arrivait en même temps que la fin de l’année, une période que j’aime beaucoup. À bien y repenser, ça tombait plutôt bien.

    Pendant que je terminais mon dernier quart de travail officiel, l’après-midi du 31 décembre, je reçois un appel de ma scripte et assistante de mon projet « ‘Audrey »’ (pour les intéressés : une scripte sert à assurer la continuité entre deux prises pour éviter le plus possible les erreurs). Elle m’invitait à défoncer l’année dans une soirée glamour avec ses amis et connaissances issues du milieu des arts. Je veux dire des artistes de télévision, cinéma et théâtre. Voulant me changer les idées, j’accepte avec joie.

    Je suis retourné chez moi pour me doucher et me changer. Je ressentais une petite excitation à ne pas savoir ce qui m’attendait exactement. Je trouve, de peine et de misère, un stationnement. Les rues du centre-ville peuvent être un enfer, surtout la veille du jour de l’an. La température extérieure étant douce, je laisse mon manteau dans l’auto et je marche sur deux rues, avec mon veston comme seule barrière contre le froid. J’arrive à l’adresse, on entend déjà la musique et on sent l’ambiance de dehors.

    Mon amie m’ouvre et se jette dans mes bras pour me souhaiter la bienvenue. L’appartement grouillait de jeunes gens tout aussi jeunes et beaux que je pouvais l’être. Même certains l’étaient encore plus. Les habituelles bières étaient remplacées par du vin. Les « ugly christmas shirt » avaient disparu au profit de chemises et vestons ou de belles robes. Seuls les petits fours restaient les mêmes. Au fur et à mesure des présentations, je constate deux choses. D’une, il y avait surtout des artisans du théâtre; beaucoup d’écrivains et de metteurs en scène. Pas autant d’acteurs comme je l’avais pensé. Et de deux, il n’y avait aucun enfant et personne n’en parlait. Pourtant nombre de couples avaient répondu présents, mais aucun d’eux n’était encore parent. Pas de conversations de couches pleines et de coliques. Nous échangions sur nos anecdotes de tournages ou de productions. Nous nous mettions au défi de trouver lequel d’entre nous s’était débrouillé le mieux pour tourner un plan impossible à faire sans grue ou une équipe d’Hollywood et lequel des invités a eu affaire au plus chiant des acteurs. Tous s’intéressaient et encourageaient les projets des autres. Il y avait une magie dans l’air. Ce dernier point devait être dû aux bâtonnets de joie qui se promenaient parmi la foule.

    Pour ajouter à cette euphorie, je me suis développé une sympathique complicité avec une dénommée Audrey qui portait pour l’occasion une jolie robe verte. Je vous le jure; ça ne s’invente pas. Et, je sais que vous n’allez pas le croire, mais je n’ai pas du tout parlé de ce projet… Bon, OK, seulement deux mots. Nous avons plutôt parlé de nos personnes, de nos goûts, de nos envies respectives jusqu’au décompte du passage à la prochaine année. 5… 4… 3… 2… 1… Bonne année! Bisous, souhaits et champagne. Du vrai champagne!

    Pour finir et sans mauvais jeu de mots, Audrey et moi avions décidé de défoncer l’année en grand. L’ambiance s’y prêtait, que voulez-vous? Bien que cette soirée ait été d’une presque perfection, à 3 h du matin ce qui avait été prévu ne s’était pas passé comme appréhendé. Arrivé dans l’appartement de grandeur 1 et demi de ma nouvelle amie, l’envie qui nous tenait depuis quelques heures ne nous avait pas suivis. Néanmoins, étant bien parties, nous avions décidé de passer à l’acte.

    Ce fut terrible! Ce fut un total manque de passion. J’ai déjà vécu de mauvaises expériences, mais jamais manquant autant d’investissement physique de la part des deux personnes concernées. Jamais!

    – Comment je dirais ? demanda Audrey sous moi. As-tu vraiment envie de faire ça ?

    – Une fausse bonne idée, hen ?

    – Ah ah ! Exactement. Comme si on se sentait obligé.

    – Vaut mieux arrêter alors.

    Je vous rassure, nous en avons ri jusqu’au lever du soleil. Le temps que mon taux d’alcoolémie diminue, nous avons repris nos sujets de conversation entamée dans la soirée. Lorsque je me trouvais en état de prendre le volant, nous nous sommes souhaité, pour la dernière fois, une bonne année et connaissant mon histoire de restructurations (forcément, il fallait meubler notre nuit blanche) elle m’a souhaité bonne chance pour mes projets futurs. Nous ne nous sommes plus revues.

    Aujourd’hui, comme par le passé, je m’amuse et je suis comblé de me rassembler avec des enfants. Quitte à être celui qui les divertit en faisant le méchant ours ou la rampe de lancement pendant que les petits se prennent pour des avions pour donner un break aux parents présents. Et plus les années avancent, plus d’enfants s’ajoutent à la famille. Ces soirées qui finissent plus ou moins tôt restent mes préférés. De l’amour, des rires et surtout de la sincérité, je ne peux pas demander mieux. Plus le temps qui nous reste diminue, plus les couples se stabilisent et ça aussi c’est beau.

    M’exprimer en écrivant me fait un bien fou. Si ça vous divertit en même temps, c’est encore mieux. Tout ça pour dire que si je vous partage des moments de ma vie, c’est pour m’aider à laisser le passé derrière et à regarder de plus en plus en avant. Le laisser derrière, mais sans l’oublier. Mon symbolisme du Nouvel An va à merveille avec cette soirée parfaite vécue il y a des années. La fin de l’année qui rimait avec une perte d’emploi s’était quand même terminée avec une fête comme j’avais toujours rêvé de vivre. Comme quoi, tout se balance

    Prenez soin de vous et n’oubliez pas : « Peu importe ce que vous lisez, lisez bien et parlez-en! »

  • Mon Baseball

    Mon Baseball

    Oui, je parle de cette chanteuse de Boldeau-Mistassini. Le titre de mon billet fait nul doute penser à sa chanson la plus populaire, si je me fis au peu de moments quand j’écoute la radio.

    Donc, ‘’une autre chanson, un autre coup de cœur’’ que vous allez me dire; en référence à mon billet sur Lindsey Stirling. Eh bien non, c’est plus que ça.

    Contrairement à la phrase plus haut, ma première expérience auditive ne se fit pas à la radio avec cette chanson. Alors que j’écrivais le troisième tome d’Audrey, YouTube fait sortir de mes haut-parleurs la chanson “Gazoline”. Malgré les paroles racontant une situation triste, mais fictive dans la vie de Sara (on le sait dès la première phrase), j’ai été agréablement accroché par le tempo, le style, l’écriture et la voix de cette chanteuse de même pas un an ma cadette. Oui, son âge est important. Nous allons en parler plus tard.

    Intrigué, je laisse mon écriture pour en apprendre plus sur cette artiste. Je ressens une bonne vibe. Oui, même à travers un écran, on ressent ça. Depuis un lien sur son site Internet, je retourne sur YouTube et je me mets à écouter ses albums parus depuis.

    Du folk comme j’aime bien. J’avoue, je n’aime pas tous les artistes québécois folks quand même, mais quelques-uns. Surtout les artistes solos. Bref, Sara nous raconte différentes séparations (par exemple : À qui tu dis bonne nuit, Tu dors encore), parce que les contraires s’attirent, mais ne collent pas ensemble (par exemple : 3 heures, Sans rancune buddé). Elle se confie aussi sur ses passe-temps et son coin de pays (semi-route, semi-trail, Chez-nous c’est ski-doo). Elle rencontre tout ça comme bien des chanteurs dans beaucoup de styles. Rien de vraiment original, hormis que je sens une réelle sincérité dans la voix de Sara. Pas que les autres n’en ont pas, mais… Merde, Elie a raison. Je fais trop attention… Anyway ah ah 😛

    Je ne suis pas nostalgique… en tout cas, j’essaie de ne pas l’être, car je n’aime pas avoir “une attaque nostalgique”. MAIS pendant l’écoute de la chanson “Baseball”, plus rien n’allait. Je laissais le sentiment que je n’aimais pas m’envahir complètement. Ayant le même âge que Sara, toutes les paroles de cette chanson me faisaient revenir aussi loin dans le temps qu’elle. Non, je n’ai pas vécu mon adolescence dans la région du lac St-Jean, j’habitais à moins de sept heures de route de là. Mais la ville ne change rien aux moments vécus.

    Mieux vaut suivre Sara couplet par couplet.

    (J’allais jouer au baseball

    Ma mitt était pas du bon bord

    C’t’à cause que j’jouais droitière

    Pis on n’était pas assez riche pour qu’j’aie une gauchère

    Au bat j’frappais pas bin fort

    Mon coach m’envoyait dans l’champ

    J’étais tout le temps dans lune

    J’connaissais pas trop les règlements)

    Je ne jouais pas au baseball avec mes amis

    C’était plutôt le hockey qui nous allumait

    Mais dans le cours d’éducation

    J’avais du mal avec ce sport d’équipe

    Je savais frapper la balle

    Mais pas l’attraper et encore moins la lancer

    (On jouait au ballon-chasseur

    Y’avait l’beau David Gagnon

    J’te dis que j’y ai fait peur

    Quand j’y ai pitché le ballon dans l’front

    Pis à tou’es Saint-Valentin

    On s’envoyait des p’tits cartons

    Tu veux-tu sortir avec moi

    Tu peux cocher oui ou non)

    Je jouais aussi au ballon-chasseur à la récré

    Il y avait des belles filles,

    Mais je ne leur lançais pas de ballon dans l’front

    À chaque St-Valentin

    J’envoyais des bouts de papier

    Demandant de sortir avec moi

    En cochant oui ou non

    (Fait qu’on s’est frenchés din toilettes

    Du centre d’achat d’Mistassini

    J’te dis que j’ai rougi

    Quand t’as mis ta main su’ mes fesses

    Est arrivé l’secondaire

    J’pognais pas a’ec les gars

    J’suis rentrée din cadets d’l’air

    Y m’ont nommée le cadet du mois)

    Mes premiers frenchs se sont faites

    Dans le garage en arrière de la maison

    J’te dis que j’ai rougi la première fois

    Quand j’ai mis ma main sur des fesses

    Le secondaire s’est fait après un déménagement

    J’pognais pas avec les filles

    Fac je renforçais ma relation d’amitié

    Avec ma gang de gars

    (J’étais dans l’équipe d’impro

    On jouait Mistass contre Dolbeau

    À l’école j’me forçais pas trop

    J’ai coulé mes maths pis ma techno

    J’v’nais juste d’avoir 14 ans

    Pis j’écoutais du punk tout le temps

    Pour passer ‘es heures j’jouais d’la guit’

    On était jeunes pis on s’pensait grands)

    J’allais voir jouer les équipes d’impro

    C’était les Jaunes contre les Rouges

    Moi non plus je me forçais pas trop

    Fac j’ai coulé mes maths et l’anglo

    J’v’nais juste d’avoir 15 ans

    Un ami m’a fait découvrir le punk

    Pour partir un band, j’apprenais à jouer de la base

    Mets-en qu’on était jeune et tellement qu’on se pensait grands

    (Un soir à plage de Dolbeau

    Le beau Gagnon y’a pris l’bord

    J’pense que j’le trouvais moins beau

    Quand j’ai rencontré Luc Simard

    Pis on a fumé du pot

    On a dormi dehors

    On a voyagé su’l pouce

    On n’a fait des rides de char)

    Pendant les petits rassemblements

    Mon kick du moment changeait souvent

    D’un sourire à l’autre, ou d’un regard bleu ou vert

    Ça me prenait pas grand-chose pour partir en peur

    On consommait du coke

    On passait nos nuits dehors

    Quelques trajets sur l’pouce

    Et en masse de rides de chars

    (J’ai paqueté tout mon ménage

    Je l’ai sacré dans mon char

    J’suis déménagée à Montréal

    Pour aller jouer dans Watatatow

    Aujourd’hui j’fais d’la musique

    Pis j’trouve que l’temps passe trop vite

    La fin d’semaine j’joue din bars

    Ça c’est pas d’moi c’t’une phrase à Placard)

    J’ai fini par paqueter mes affaires

    Pour le sacré dans un cube

    J’suis déménagé à Montréal

    Pour essayer de faire des émissions comme Watatatow

    Aujourd’hui j’écris des histoires

    Et j’trouve aussi que le temps passe trop vite

    La fin d’semaine fait des rencontres din salon

    Certaine se transforme en amitié et d’autre en connaissance

    (Même si j’joue pu au baseball

    J’traîne ma mitt dans mon char

    J’attendrai pas à d’main pour vivre tu suite

    Pis asteure ma mitt est du bon bord)

    Même si on joue pu au hockey

    J’écris les games sur lesquelles qu’on rêvait

    Je n’attends plus du tout à demain pour vivre tu suite

    Parce qu’asteure ma mitt est du bon bord

    Cette dernière phrase, je la comprends comme quelqu’un qui a finalement trouvé sa place, son “X”, sa façon de s’exprimer.

    Bref, J’aime Sara Dufour

    La chaîne de la chanteuse Sara Dufour :

    https://www.youtube.com/channel/UC8DrJqt5KMER0MudtIPneWw