Catégorie : Vin sur terrasse

  • Quand la fiction rejoint la réalité

    Quand la fiction rejoint la réalité

    Qui ne s’est pas reconnu dans des films ou séries ?

    Je sais, ce film est une comédie fantastique (ou de science-fiction si vous préférez), mais ça ne m’a pas empêché de pleurer de tristesse.

    D’abord, une mise en contexte avec l’histoire de la saga. Le premier film est sorti le 8 juin 1984. Après une longue préparation et plusieurs versions du scénario, trois amis, dont les deux scénaristes du film, commencent le tournage d’un long-métrage qui deviendra culte. Cinq ans plus tard, la suite tant demandée et attendue sort sur les grands écrans emmenant avec lui une déception générale. Pour ma part, je le préfère à l’originale. Néanmoins, les fans de ces casseurs de fantômes demandaient une autre suite, pour revoir cette bande attachante à l’humour sympathique.

    Malheureusement, une mésentente entre le comédien interprétant le Dr Peter Venkman, Bill Murray et l’un des scénaristes et co-vedette Harold Ramis (Dr Egon Splengler) vire en conflit qui durera pendant vingt ans. Soit un an avant la mort de ce dernier. Ce conflit fit comme victime collatérale, la relation entre Dan Aykroyd et Ramis. De ce quatuor, il ne restait donc qu’un trio, avec Hernie Hudson. Ce qui met le projet d’un troisième volet de SOS Fantômes à la poubelle. Tant pis pour les fans de cet univers. On pouvait néanmoins se consoler avec les deux films et la série animée.

    Depuis, il y a eu le remake avec une distribution féminine, mais ce n’est pas ce que nous voulions. Je l’ai quand même écouté. Ce film m’a fait sourire quelques fois et je le trouve très beau visuellement, mais sans plus.

    Finalement, en 2021, je vois une annonce qui me fait plaisir. Ghostbuster : Afterlife est annoncé pour novembre 2021. C’est avec une bonne appréhension que je m’installe sur mon banc, dans la salle

    De gauche à droite : Egon, Winston, Peter et Ray

    Un peu de ma vie personnelle maintenant. En 1994, je fais la connaissance de Jean-René, le frère du meilleur ami de mon frère. Il était bloqué avant la fin d’un jeu vidéo. Ayant déjà terminé ce jeu, il me demandait conseil. J’ai donc été le rejoindre pour l’aider à en venir à bout.

    Ce fut le début d’une longue amitié qui a résisté à un déménagement de ma part avant que je ne revienne dans la ville de mon enfance.

    Nous avions énormément en commun. Nos ambitions se ressemblaient, nous avions à peu près les mêmes goûts et la même vision de la vie. Nous avons l’impression d’être les seuls à nous comprendre dans un océan de superficialité, comme on aimait le dire. À l’école secondaire, il fit la connaissance de Olivier et moi de Jonathan. Notre duo était devenu un quatuor.

    La relation entre JR et moi a commencé à battre de l’aile lorsque nous avons déménagé à Montréal. Nos premiers pas dans la vie d’adulte n’ont pas été faits de la même manière. Plus idéaliste que moi, il s’accrochait encore un peu à notre vie d’adolescents, surtout à l’espèce d’innocence que nous avions encore.

    De gauche à droite : JR, Oli, Kev et Jo

    Alors que je prenais mes faux pas comme de l’expérience qui, dans certains cas, me coûtait très cher, lui les prenait comme des échecs, souvent irréparables.

    Alors que mes illusions de petits gars s’effaçaient pour faire place à une évolution mature qui s’apprenait souvent à la dure, celles de JR s’ancraient dans son esprit, convaincue que changer quoi que ce soit en lui le dénaturait.

    Au fil des ans, la nature de plus en plus désagréable de celui qui avait uni le quatuor nous avait éloignés de lui. Notre quatuor était devenu un trio.

    Un après-midi d’août 2011, l’ex-copine de JR m’appelle pour m’annoncer qu’on l’avait retrouvé pendu dans une chambre d’hôtel.

    Donc, je me trouvais assis dans la salle de cinéma. Je dois préciser que je connaissais l’histoire de la querelle entre les acteurs. (Alerte aux Spoilers) La fin du film arrive. Les trois Ghostbusters encore en vie se retrouvent pour combattre l’entité méchante. Le personnage d’Egon, resté invisible durant le film, apparaît en spectre pour les aider. Ray, Peter et Winston le regardent et chacun sort une ligne étant destinée, j’en suis convaincue, à l’acteur et non au personnage.

    J’en fais une traduction libre :

    Ces lignes, ont été dites, presque mots pour mots, par chacun des membres de notre trio, depuis le décès de Jean-René. Et on aimerait tant lui dire en face. Je me suis mis à pleurer de tristesse à ce moment précis. Ce qu’on ne donnerait pas pour passer juste une heure avec un de nos proches disparus ? Malgré la distance qu’il y a eut entre nous, il me manque.

    Ghostbusters Afterlife est le film le plus triste que j’ai jamais regardé.

    De gauche à droite : Oli, JR, Jo et Kev (en avant)

    Laissez-moi vous parler un peu de celui qui a été mon ami pendant presque 20 ans, du moment où il a passé un peu de temps avec moi, deux ans après son décès.

    Si ce n’était pas de lui, je n’aurais probablement jamais vu la saga Rocky. Étant fan, il a pris une longue soirée pour me faire regarder les cinq films à la suite. Entre deux longs métrages, il a même pris le temps de me dire ce qu’il aimait et ce qu’il n’aimait pas de chaque volet.

    En décembre 2006, le sixième film sort enfin au cinéma. Cette année, je n’ai pas fêté Noël avec ma famille, ni du côté de ma mère ni de mon père. JR, ne faisait rien non plus, nous avons décidé de passer le 24 et le 25 décembre ensemble. On se ramasse des jeux vidéos et des films pour nous divertir avec notre souper pizza. Comme cadeau, il m’amène à la projection de Rocky Balboa. Un film qui fait du bien et vachement bien réaliser.

    Bref, à la fin de 2013, je m’occupe à faire un nouveau montage de l’épisode pilote d’une série que j’ai écrite et réalisée en 2007. Pour travailler, j’ai comme habitude d’écouter de la musique ou je fais jouer en fond un film ou une série télévisée. Pour ce montage, j’ai décidé de mettre la série des films Rocky. Arrivé au 4e volet, celui où Rocky se bat contre le gros Russe, je décide de prendre une pause et de regarder ce film au complet. Étant le préféré de mon défunt ami, j’ai pris le temps de bien l’écouter. J’ai compris pourquoi il l’aimait tant. Ce n’était pas que le personnage de la némésis du boxeur qu’il appréciait, mais le montage, la musique et le côté kitsch des productions des années 80 avaient rapport avec son appréhension.

    Je reprends mon travail pendant le 5e film et j’écoute également le 6e, sans aucun doute mon préféré.

    Dès la fin de celui-ci, le plan où l’on voit le personnage au sommet des maintenant célèbres escaliers du musée d’art de Philadelphie, faire face à la ville sur la musique, ‘’Rocky’s Reward’’, composée par Bill Conti, je sens sur mon épaule, une pression. Comme une main posée sur moi qui veut me dire ‘’merci pour ce moment, l’ami’’. Instinctivement, je prononce son prénom et, comme réponse, un petit souffle de vent me frôle le visage.

    Chacun est libre de croire ce qu’il veut.

    Pour finir, je veux m’adresser à lui.

  • Ma sitcom en 4 saisons

    Ma sitcom en 4 saisons

    Qu’est-ce qu’une Sitcom?

    Selon Wikipédia : Une sitcom ou une comédie de situation est une série télévisée à dominante humoristique, caractérisée par une unité de lieu (décor récurrent) permettant des moyens de tournage simplifiés et des coûts de production réduits (nombre très restreint de décors, peu ou pas d’extérieurs), dont les épisodes durent généralement approximativement 22 minutes. Le mot est une contraction de l’anglais « situation comedy » (« comédie de situation »).

    En quoi quatre années de ma vie ont été une Sitcom? Prenez n’importe laquelle que vous connaissez. Friends, How I Met Your Mother, The Big Bang Theory , pour ne nommer que les plus populaires. Chacune de ses séries possède un décor principal et les mêmes décors récurrents. À propos des personnages, tout comme pour les acteurs, il y a les principaux qi sont là à chaque épisode (avec quelques rares absences justifiées), il y a des personnages récurrents et quelques invités spéciaux (Special Guest).

    La petite bande dans laquelle je faisais partit, était composée de personnages typiques. Un mésadapté pensant en savoir plus que tout le monde, un tendre au grand cœur et le comique de service qui sert aussi de romantique un peu désespéré. Nous avions aussi le droit à une amie nous rendant souvent visite et toujours impliquée dans nos niaiseries puisqu’elle faisait partie de l’équipe animant une émission de radio; un autre décor principal. Le statut de personnage de cette dernière se trouvait entre récurrent et principal. N’y voyez rien de sexiste là-dedans, elle possédait son propre appartement et ses propres amis qu’on ne voyait jamais. Bref, le décor principal, qui comme les sitcoms citées plus haut, se trouvait dans un appartement.

    Vous voyez le topo ? Laissez-moi vous raconter ces années tel un producteur télé vous décrivant sa série télé.

    La petite bande dans laquelle je faisais partit, était composée de personnages typiques. Un mésadapté pensant en savoir plus que tout le monde, un tendre au grand cœur et le comique de service qui sert aussi de romantique un peu désespéré. Nous avions aussi le droit à une amie nous rendant souvent visite et toujours impliquée dans nos niaiseries puisqu’elle faisait partie de l’équipe animant une émission de radio; un autre décor principal. Le statut de personnage de cette dernière se trouvait entre récurrent et principal. N’y voyez rien de sexiste là-dedans, elle possédait son propre appartement et ses propres amis qu’on ne voyait jamais. Bref, le décor principal, qui comme les sitcoms citées plus haut, se trouvait dans un appartement.

    Vous voyez le topo ? Laissez-moi vous raconter ces années tel un producteur télé vous décrivant sa série télé.

    Pour la 2e saison, le décor principal se divisa en deux. Plus de colocation, nous passions notre temps entre l’appartement du comique du groupe et de celle du tendre au gros cœur. L’appart du comique est le plus utilisé. Ma copine fut remerciée de la distribution et on changea la distribution pour la copine de mon ex-colocataire. Le personnage servant à équilibrer l’ambiance s’absentait de plus en plus et mon petit frère devint mon coloc pour une présence de plus en plus récurrente. 

    Une saison considérée comme la plus sombre de toute la série, et pour cause. Les intrigues principales composaient de la douloureuse peine d’amour d’un des frères (tousse, tousse, “La Route” tousse) et l’enfer de l’adolescence pour l’autre. Heureusement pour les téléspectateurs que le comic relief et le mésadapté faisaient rire avec des punchlines et des maladresses.

    Suite aux commentaires disant s’ennuyer de la naïveté des protagonistes, pour la saison 3, on retourna vers un ton beaucoup plus comique, mais avec un peu de drame quand même. Le décor de la station de radio fut introduit et après le quart de la saison, le 4e membre masculin d’animateurs radio et un personnage “guest star’’ fut remplacé par le personnage féminin presque principal, mais plus que récurrent; histoire d’être plus équitable. 

    La saison trois fut, sans contredit, la meilleure. Le décor avait encore changé, mais pour le mieux. On retrouvait le concept de la première saison, soit un appartement dans lequel toutes les intrigues et leur résolution se passent; et comme dans la première saison, deux personnages y habitaient, sûrement pour expliquer le lieu principal. Outre le local de radio, l’autre décor permanent permettant les échanges loufoques était l’appartement du comic relief qui se trouvait juste en dessous. Les émissions de radio faisaient un épisode au complet à rythme régulier d’une diffusion une fois par quatre épisodes. Les personnages étant plus matures, les sujets le devenaient aussi. L’arrivée de la quatrième membre de l’équipe de la radio fit naître une saine et drôle compétition de séduction entre elle et deux des trois personnages masculins principaux.

    La chimie entre les personnages marchait à plein rendement. À un point qu’on a eu droit à des épisodes spéciaux. Un pour Halloween, un pour Noël, un pour le jour de l’an et même Pâques. Celui-ci se passait lors d’une émission de radio.

    Après le succès et les bons commentaires de la saison 3, la barre se trouvait très haute pour la saison suivante. Et c’est pour ça que ce fut la dernière. Sans le vouloir, le ton dramatique revint. Les épisodes dans lesquels tous les personnages se retrouvaient revenaient de moins en moins fréquemment. L’équipe ne faisait plus de radio et plus personne n’habitait avec personne. À chacun à avoir son appartement. Par le fait même, plus de décor principal. On partageait les épisodes entre chacun des logements. La ligne dramatique principale était aussi partagée en quatre sans ‘‘ligne rouge »’ principale. Ça ressemblait plus à une compilation de futur ‘‘Spin-Of »’ qu’autre chose. Plus d’émissions de radio, donc chacun suivait son propre chemin et ses propres objectifs. 

    Ça sentait déjà la fin bien avant le quart de la saison. Même avoir fait partir le mésadapté dans le but de le faire apparaître moins souvent, pour laisser la place aux deux frères et au comique pour des niaiseries sans sérieux n’a pas suffi à faire revenir l’intérêt. Le plaisir n’y était plus. À un point tel que la grande finale s’est voulue une fin en queue de poisson.

    Cependant, des Spin-Of centrés sur le comic relief ont été développés, mais jamais tournés. Seules les aventures des deux frères pour l’Internet furent produites. Malgré un succès honorable et une deuxième saison en bonne voie d’être produite, Les Bob s’éteignirent pour de bon. D’ailleurs, Le 912 Show se trouve encore sur Internet, mais ne les cherchez pas s’il vous plaît. Pour vrai, ne faites pas ça 😛

    Il y a quand même le petit jeune du groupe qui a ressuscité le concept, de façon plus absurde, en bande dessinée. Trois tomes consacrés à Les Bob. Un essaie pour lui, un genre de test, pour se convaincre qu’il pouvait s’affranchir totalement de ce passé pour créer ‘’La Bande’’. En s’inspirant quand même de ce vécu.
    (les dessins dans cette chronique sont de lui)

    Sans regret ni amertume, chacun d’entre nous continue notre vie chacun de notre côté tout en se voyant plus que de temps en temps. Croyez-le ou non, nous sommes plus matures, notre chemin est de plus en plus droit, mais notre cœur est toujours jeune, comme on dit quand on vieillit. Oui, il m’arrive de revoir certains épisodes avec une nostalgie qui me fait sourire, mais je laisse ça dans le passé et je continue de marcher droit devant.

    Moral de l’histoire : en gros, c’est facile à comprendre pourquoi le genre du sitcom est si populaire. On se reconnait tous dans les personnages et les situations. Par exemple, ma soeur trouve que je ressemble à Ted de How I met your mother.

    Et vous ? Quelle est votre sitcom préférée ?

  • Après la tempête

    Après la tempête

    Je flotte depuis un petit moment. Je ne sais pas plus où je vais, mais au moins, je ne me sens plus couler. De temps à autre, j’utilise mes mains en guise de rame pour me rapprocher du rivage. Malheureusement, je me fatigue rapidement. Alors je m’étends sur ma bouée et j’observe le ciel.

    Je donne de petits coups dans l’eau pour m’approcher de la terre ferme. Je crois que le courant va dans la bonne direction; ça m’encourage. Soudainement, une vague arrivant dans le sens contraire frappe ma bouée. Le choc que je subis est plus violent que je ne m’y attendais. Je m’agrippe le plus fort que je peux. Je me sens chavirer, mais une autre vague venant d’en arrière vient stabiliser le tout. Dieu merci!

    Et puis, comme par magie, la mer redevient calme. Par contre, je suis essoufflé. Ça me prend un moment avant de retrouver mon air. Malgré tout, je finis toujours par me sentir assez fort pour pagayer par moment, en attendant la prochaine petite tempête. Au moins, je ne coule pas.

    Tout en espérant que le courant m’aide à retrouver la terre ferme, je réfléchis à mes dernières années.

    Pour le reste de ce texte, je suis obligé d’avouer que je me suis pris par quatre fois pour l’écrire. Pas parce que j’ai honte de ces dernières années, c’est que je ne trouve aucune bonne façon d’exprimer comment je me sens sans partir dans mille et une directions. Longtemps je me suis trouvé dans un cercle vicieux. Un CRISS de cercle vicieux. La meilleure façon de vous le dire c’est par les mots de Raphaël Zaoui et sa chanson « ’5 à 7’’.

    Tout est cassé dans mon corps

    J’ai mal à m’en brûler la tête

    J’ai dansé jusqu’à l’aurore

    J’ai encore trop fait la fête

    Je veux baisser tous les stores

    Ramasser mon cerveau en miettes

    Mes yeux me jouent encore des sorts

    Je veux que tout ça s’arrête

    Toujours le même manège dans ma tête

    J’me fais du mal et j’regrette

    Puis je retourne dans la fête

    Toujours les mêmes démons dans mes yeux

    Cachet bleu* coupé en deux

    Puis je replonge dans le feu

    J’ai perdu plus d’un ressort

    Dans le sexe* et sa tempête

    Le visage à demi mort

    Je supplie encore la fête

    Si la nuit t’a jeté dehors

    Rendez-vous de cinq à sept

    En after dans Paris Nord

    J’y jouerai mon dernier set

    Toujours le même manège dans ma tête

    J’me fais du mal et j’regrette

    Puis je retourne dans la fête

    Toujours les mêmes démons dans mes yeux

    Cachet rose coupé en deux

    Puis je replonge dans le feu

    Tout est tracé dans mon ciel

    Même mes anges ont baissé les bras

    Ils m’ont vue me brûler les ailes

    Tous les soirs dans le pire des états

    Condamné au dernier duel

    Le seul vrai rival c’est moi

    Je pourrais jouer cent fois la belle

    Mais jamais gagner comme ça

    Toujours le même manège dans ma tête

    J’me fais du mal et j’regrette

    Puis je retourne dans la fête

    Toujours les mêmes démons dans mes yeux

    Cachet bleu* coupé en deux

    Puis je replonge dans le feu

    Tout est cassé dans mon corps

    J’ai mal à m’en brûler la tête

    J’ai dansé jusqu’à l’aurore

    J’ai encore trop fait la fête

    Je veux baisser tous les stores

    Ramasser mon cerveau en miettes

    Mes yeux me jouent encore des sorts

    Je veux que tout ça s’arrête

    *mot original changé pour refléter ma réalité.

    Je me croyais à ma place, je me croyais heureux. Après tout, qui n’aimerait pas garnir son CV affectif de différente expérience? Qui n’aimerait pas fêter sans lendemain, car l’envie et les occasions sont là? Quand ça fait sentir vivant? Surtout que j’en ai rêvé depuis le début de mon adolescence. À la longue, les premiers ébats se fanent, je m’en fatiguais. Alors j’essayais d’autres sensations jamais vues ni vécues qui m’amenaient de nouvelles fréquentations. Au bout d’un moment, je me raisonnais et je redevenais sage. Mais la sagesse et la routine finissaient toujours par m’endormir. La motivation me fuyait, mes questionnements me rattrapaient. Ayant peur de mourir à petit feu, je recommençais la boucle infernale avec toujours un cran de plus fort qu’auparavant. Le cercle se trouvait à être une spirale en fin de compte.

    Ai-je atteint le bout? Suis-je au milieu de cette spirale ou le cercle recommence-t-il? Pendant que je flotte sur l’eau, je laisse le courant m’approcher de la rive. Je profite de la magnifique vue du ciel étoilé pour bien me poser la question. Malheureusement, ce n’est pas aussi simple. J’arrive à la conclusion, la meilleure, que je dois briser le moule dans lequel je suis depuis plus de 15 ans. Après quoi? Qu’est-ce qui se passe? Que dois-je faire? Qu’est-ce qui m’attend? J’avoue que ça me fait un peu peur.

    À suivre, j’imagine.

  • Respirer de nouveau

    Respirer de nouveau

    Bonjour lecteurs, bonjour lectrices

    Il y a longtemps que je vous ai livré un moment personnel. Ce n’est pas par manque de temps ni par manque d’envie. Je tentais de me maintenir la tête hors de l’eau. Depuis début juin, je me sens me noyer.

    Je sens me noyer de temps à autre, mais la plupart du temps, je me sens arrêté par un immense lac. Dans ces cas-là, je fais le tour de cette superficie d’eau et je continue mon chemin. Ça me ralentit, mais ça ne m’arrête pas. Dernièrement, j’éprouvais un sentiment d’euphorie, de bien-être. Je ne voyais pas l’eau devant moi. Non, je me déplaçais la tête haute, avec devant moi, de l’espoir et de beaux jours. J’avais tout ce qu’il me fallait. Je n’avais maintenant qu’à cueillir le fruit de mon dur labeur.

    La cueillette se résumait à sourire plus, rencontrer plus de gens, sortir de ma zone de confort et ouvrir plus de portes que je ne pouvais imaginer en ouvrir, il y a peu de temps. Ces bonnes choses m’engourdissaient tellement l’esprit que je ne me sentais pas déjà m’enfoncer dans l’eau jusqu’aux genoux.

    Alors que je croyais flotter, je nageais. Mais comme je ne touchais plus terre et qu’une chaleur m’enveloppait, je ne voyais aucun danger à continuer par en avant. Une douce musique m’inondait les oreilles; je n’entendais donc pas les avertissements. Ceux qui disaient de ralentir, d’arrêter et même de reculer. Mais non! Tel un marin se dirigeant vers des chants de sirènes, je continuais vers un danger déguisé en promesse de luxe. C’est lorsque le goût du sucre dans ma bouche se changea en eaux résiduaires que je compris que j’étais en train de me noyer. J’avais beau nager vers la surface, je me sentais couler.

    Devant une page blanche, je sentis ma poitrine se serrer. J’avais l’impression que mes os s’émiettaient. Je n’arrivais plus à respirer. Je ne voyais que du noir.

    Dans un ultime effort, je réussis à me calmer assez pour composer le numéro d’un ami, le plus proche de moi, le plus ancien. Grâce à lui, j’ai pu remonter à la surface, reprendre quelques bouffés d’air. Ces petites bouffées d’oxygène permirent de me calmer un peu. Juste assez pour constater que je me retrouve en plein milieu d’un plan d’eau sans rive à l’horizon; à aucun des points cardinaux. Donc, très loin de me retrouver au sec.

    Le peu de force que je trouvais me servait pour rester à la surface. Je n’en possédais pas assez pour me diriger dans une direction ou une autre. L’impression de voler avait laissé place à une enclume attachée à mes chevilles. Je lutte sans cesse pour ne pas couler. Pour me rendre plus léger, je me débarrasse de chose que je ne juge plus utile du tout. Certains diront qu’il s’agit d’un mauvais jugement de ma part, que, pris de panique, je me déleste de tout ce que je peux pour ne pas me ramasser au fond. Je ne leur en veux pas, ils ne se rendent pas compte que mes muscles, à force de lutter contre la gravité, me font mal. Je bouge avec moins en moins de force. Je ferme les yeux. Parfois, ne rien voir rend les choses moins douloureuses… Il me semble…

    Rien ne peut nous motiver à continuer de nager lorsqu’on souffre. Les coups de jambes nous maintenant à la surface sont de moins en moins rapides et de moins en moins forts. Tout ce qu’on peut espérer pour nous sortir de cette passe est l’espoir qu’une bouée de sauvetage flotte par là et qu’il nous reste assez de force pour l’agripper. En attendant que l’objet flottant nous arrive, s’il arrive à nous un jour, nous n’entendons rien, nous ne voyons rien. Un cillement dans un décor noir comme la nuit nous accompagne. Par moment, le manque de lumière nous endort; nous fait lâcher prise. Pour certains d’entre nous, la bouée tant attendue nous cogne les mains, nous empêchant de couler. Et certains de ceux qui la touchent la saisissent à temps.

    Pour ma part, j’ai réussi à m’agripper à l’une d’elles. Je ne me sens pas en sûreté pour autant, je dérive. Je reprends mes forces pour nager dans la direction que je jugerai bonne. Ce n’est pas ma première fois. Vais-je revenir à mon point de départ ou vais-je amarrer autre part pour tout recommencer, encore, d’une autre manière? Des gens me disent que c’est à moi de décider.

    Pour l’instant, je n’ai pas encore assez de force pour prendre la décision. Je me laisse dériver pendant que je retrouve mes forces. Je commence à être au sec et le soleil perce les nuages.

    Ça va un peu mieux.

    Prenez soin de vous et n’oubliez pas :

    Peu importe ce que vous lisez, lisez bien et parlez-en!

  • Mes jumeaux

    Mes jumeaux

    Pendant 25 ans, j’en ai voulu. Après avoir atteint le quart de siècle, l’expérience de la vie aidant, j’ai changé d’idée. Les raisons m’appartiennent, merci de ne pas demander. Mais une personne (qui n’avait aucune idée que j’avais écrit ça) m’a fait rappeler ce vieux texte datant de 2008, peu avant que j’atteigne 25 ans.

    Plus jeune, j’avais fait un rêve, celui d’avoir des jumeaux. Un gars, une fille. On avait bien tous le droit de rêver. Malgré le fait que je savais pertinemment qu’il ne suffisait pas que d’y penser, j’ai toujours eu ce rêve.

    Bref, maintenant que cette éventualité est maintenant impossible (la grande opération a été faite), je vous partage cette lettre que je considère, à partir de maintenant, comme une lettre d’adieux ou, pour être moins dramatique, une lettre aux jumeaux que j’ai dans un univers parallèle.

    ceci est un dessin fait par moi en 2002

    À vous deux, Kyle et Kiera, qui êtes là dans un autre monde, sachez que je pense à vous, tout le temps.

    Vos petites têtes brunes vont me faire rappeler la mienne. Vos regards rêveurs vont m’assurer que vous êtes bien les miens. Votre innocence de jeunesse va m’attendrir, mais me rendre triste aussi. Pour vos premiers pas et vos premiers mots, je serais là.

    Vous allez faire du sport parce que vous aimez ça. Pour Kyle, le numéro 9 au centre pour faire comme ton père. Pour Kiera, dans les buts avec le numéro 30. Kyle à 20 ans tu vas arrêter, mais Kiera, tu vas continuer. Je vous vois dans vos habits de neige en train de me supplier de me dépêcher : « Maman aussi attend après toi, le chien est “packté” et on veut aller fêter Noël avec les grands-parents ». Vous ferez les 400 coups à vos oncles Keith et Oli, non sans ma complicité.

    Vos peines je les ressentirai toujours en dix fois pires. Vous aurez vos crises, vous trouverez de l’injustice partout. Vous direz des choses qui dépassent vos pensées. Mais sachez que toujours je vous aimerai.

    Vous commencerez à travailler, à devenir indépendant. Ma fierté ne sera que grandissante, mais le temps passe vite. Trop vite. Vous découcherez, vous passerez des nuits blanches. Vous fêterez sans lendemain, mais, je vous prie, pensez toujours que c’est mieux avec de façon modéré.

    Vous penserez à votre avenir, vous penserez à une famille, faire votre nid, vivre l’autre étape de la vie. D’autre  »K. Bonneville »? Pourquoi pas?

    À vous deux, vous ferez mon univers. Soyez précis, soyez clair, fidèle à vous-même et toujours authentique. Soyez fort, soyez fier, soyez unis, soyez complices. Compter l’un sur l’autre, ne soyez pas pessimiste.

    Grandissez bien, mais pas trop vite. Car lorsque vous allez me quittez pour vivre votre vie les moments seront longs et vides, entre deux coups de téléphone disant :

    « Papa, on s’en vient te voir parce qu’on s’ennuie de toi »

  • La déprime post-projet

    La déprime post-projet

    La dépression post-projet. Voilà un sujet intéressant qui mérite de se faire connaître.

    Quand un roman est terminé, on est content. L’attente chez les lecteurs trouve une fin et le devoir du sentiment accompli est comblé. Par contre, chez certains auteurs, un vide s’installe.

    Je parle surtout en mon nom personnel, mais je suis convaincu que je ne suis pas seul à ressentir ce sentiment. Je dis auteur, car j’en suis un. Je suis malgré tout convaincue que ce vide frappe les artistes de tout genre.

    Cela va faire presque une semaine que le « ’hourra »’ de la fin du tome 2 a été crié et depuis je ressens un certain ennui. Pas que je le regrette, loin de là, c’est qu’on se donne tellement en temps et en énergie à l’écrire et à la correction qu’une fois fait, l’adrénaline et l’excitation qui nous montait au cerveau descend tellement à une vitesse grand V que pendant un temps, tout nous paraît d’une platitude écrasante.

    Au départ, je croyais que ce sentiment venait avec mon diagnostic positif à la Covid 19, mais je me suis rappelé que j’ai ressenti le même aura après le tournage de mon projet en 2007 (LE projet dont je parle dans ma vidéo des personnages d’Audrey en vrai). Ce projet-là, a mis pas loin de 10 ans avant qu’il soit prêt à être lancé et un an avant qu’il puisse se tourner. Pas 10 ans en temps plein, mais dix ans avant que L’ÉLÉMENT manquant nous saute dans la face. Donc, deux années passées pour trouver une équipe, de l’équipement, à remplir de la paperasse, faire des téléphones et échanger des courriels interminables, de déception et de bonne surprise pour, qu’au final, je ne sourisse plus pendant les deux semaines suivantes. Plus rien n’était bon, plus rien n’était drôle et parler du projet que je venais de faire ne me tentait aucunement. J’en étais quand même fier. (Et je le suis encore aujourd’hui.) Même passer à autre chose ne m’excitait pas. Pourtant la veille de la dernière journée, je ne rêvais que de ça tellement ma motivation transperçait des murs.

    Bref, je ressens ce petit vide en ce moment. Le tome 2 est achevé, ce n’est pas les projets qui manquent et pourtant je ne veux rien faire. Rassurez-vous, ça va passer. Il faut prendre ça comme une pause nécessaire. Un repos imposé avant le marathon de livraison. Je me souviens d’ailleurs de cette journée lors de la sortie du tome 1. J’étais partie de Gatineau au petit matin et je suis revenue juste avant le couvre-feu.

    Je divague, revenons à nos moutons. La motivation à pris une pause. Ou plutôt la force de recommencer un autre projet n’est pas encore revenue. Écrire n’est pas simple. Il faut le faire pour comprendre et pourtant ça se compare n’importe quel métier de création, j’en suis convaincue. C’est quelque chose de normal, une étape nécessaire qu’on ne parle que trop peu.

    Vous en parler m’a fait du bien, au boulot maintenant!