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  • Quand la fiction rejoint la réalité

    Quand la fiction rejoint la réalité

    Qui ne s’est pas reconnu dans des films ou séries ?

    Je sais, ce film est une comédie fantastique (ou de science-fiction si vous préférez), mais ça ne m’a pas empêché de pleurer de tristesse.

    D’abord, une mise en contexte avec l’histoire de la saga. Le premier film est sorti le 8 juin 1984. Après une longue préparation et plusieurs versions du scénario, trois amis, dont les deux scénaristes du film, commencent le tournage d’un long-métrage qui deviendra culte. Cinq ans plus tard, la suite tant demandée et attendue sort sur les grands écrans emmenant avec lui une déception générale. Pour ma part, je le préfère à l’originale. Néanmoins, les fans de ces casseurs de fantômes demandaient une autre suite, pour revoir cette bande attachante à l’humour sympathique.

    Malheureusement, une mésentente entre le comédien interprétant le Dr Peter Venkman, Bill Murray et l’un des scénaristes et co-vedette Harold Ramis (Dr Egon Splengler) vire en conflit qui durera pendant vingt ans. Soit un an avant la mort de ce dernier. Ce conflit fit comme victime collatérale, la relation entre Dan Aykroyd et Ramis. De ce quatuor, il ne restait donc qu’un trio, avec Hernie Hudson. Ce qui met le projet d’un troisième volet de SOS Fantômes à la poubelle. Tant pis pour les fans de cet univers. On pouvait néanmoins se consoler avec les deux films et la série animée.

    Depuis, il y a eu le remake avec une distribution féminine, mais ce n’est pas ce que nous voulions. Je l’ai quand même écouté. Ce film m’a fait sourire quelques fois et je le trouve très beau visuellement, mais sans plus.

    Finalement, en 2021, je vois une annonce qui me fait plaisir. Ghostbuster : Afterlife est annoncé pour novembre 2021. C’est avec une bonne appréhension que je m’installe sur mon banc, dans la salle

    De gauche à droite : Egon, Winston, Peter et Ray

    Un peu de ma vie personnelle maintenant. En 1994, je fais la connaissance de Jean-René, le frère du meilleur ami de mon frère. Il était bloqué avant la fin d’un jeu vidéo. Ayant déjà terminé ce jeu, il me demandait conseil. J’ai donc été le rejoindre pour l’aider à en venir à bout.

    Ce fut le début d’une longue amitié qui a résisté à un déménagement de ma part avant que je ne revienne dans la ville de mon enfance.

    Nous avions énormément en commun. Nos ambitions se ressemblaient, nous avions à peu près les mêmes goûts et la même vision de la vie. Nous avons l’impression d’être les seuls à nous comprendre dans un océan de superficialité, comme on aimait le dire. À l’école secondaire, il fit la connaissance de Olivier et moi de Jonathan. Notre duo était devenu un quatuor.

    La relation entre JR et moi a commencé à battre de l’aile lorsque nous avons déménagé à Montréal. Nos premiers pas dans la vie d’adulte n’ont pas été faits de la même manière. Plus idéaliste que moi, il s’accrochait encore un peu à notre vie d’adolescents, surtout à l’espèce d’innocence que nous avions encore.

    De gauche à droite : JR, Oli, Kev et Jo

    Alors que je prenais mes faux pas comme de l’expérience qui, dans certains cas, me coûtait très cher, lui les prenait comme des échecs, souvent irréparables.

    Alors que mes illusions de petits gars s’effaçaient pour faire place à une évolution mature qui s’apprenait souvent à la dure, celles de JR s’ancraient dans son esprit, convaincue que changer quoi que ce soit en lui le dénaturait.

    Au fil des ans, la nature de plus en plus désagréable de celui qui avait uni le quatuor nous avait éloignés de lui. Notre quatuor était devenu un trio.

    Un après-midi d’août 2011, l’ex-copine de JR m’appelle pour m’annoncer qu’on l’avait retrouvé pendu dans une chambre d’hôtel.

    Donc, je me trouvais assis dans la salle de cinéma. Je dois préciser que je connaissais l’histoire de la querelle entre les acteurs. (Alerte aux Spoilers) La fin du film arrive. Les trois Ghostbusters encore en vie se retrouvent pour combattre l’entité méchante. Le personnage d’Egon, resté invisible durant le film, apparaît en spectre pour les aider. Ray, Peter et Winston le regardent et chacun sort une ligne étant destinée, j’en suis convaincue, à l’acteur et non au personnage.

    J’en fais une traduction libre :

    Ces lignes, ont été dites, presque mots pour mots, par chacun des membres de notre trio, depuis le décès de Jean-René. Et on aimerait tant lui dire en face. Je me suis mis à pleurer de tristesse à ce moment précis. Ce qu’on ne donnerait pas pour passer juste une heure avec un de nos proches disparus ? Malgré la distance qu’il y a eut entre nous, il me manque.

    Ghostbusters Afterlife est le film le plus triste que j’ai jamais regardé.

    De gauche à droite : Oli, JR, Jo et Kev (en avant)

    Laissez-moi vous parler un peu de celui qui a été mon ami pendant presque 20 ans, du moment où il a passé un peu de temps avec moi, deux ans après son décès.

    Si ce n’était pas de lui, je n’aurais probablement jamais vu la saga Rocky. Étant fan, il a pris une longue soirée pour me faire regarder les cinq films à la suite. Entre deux longs métrages, il a même pris le temps de me dire ce qu’il aimait et ce qu’il n’aimait pas de chaque volet.

    En décembre 2006, le sixième film sort enfin au cinéma. Cette année, je n’ai pas fêté Noël avec ma famille, ni du côté de ma mère ni de mon père. JR, ne faisait rien non plus, nous avons décidé de passer le 24 et le 25 décembre ensemble. On se ramasse des jeux vidéos et des films pour nous divertir avec notre souper pizza. Comme cadeau, il m’amène à la projection de Rocky Balboa. Un film qui fait du bien et vachement bien réaliser.

    Bref, à la fin de 2013, je m’occupe à faire un nouveau montage de l’épisode pilote d’une série que j’ai écrite et réalisée en 2007. Pour travailler, j’ai comme habitude d’écouter de la musique ou je fais jouer en fond un film ou une série télévisée. Pour ce montage, j’ai décidé de mettre la série des films Rocky. Arrivé au 4e volet, celui où Rocky se bat contre le gros Russe, je décide de prendre une pause et de regarder ce film au complet. Étant le préféré de mon défunt ami, j’ai pris le temps de bien l’écouter. J’ai compris pourquoi il l’aimait tant. Ce n’était pas que le personnage de la némésis du boxeur qu’il appréciait, mais le montage, la musique et le côté kitsch des productions des années 80 avaient rapport avec son appréhension.

    Je reprends mon travail pendant le 5e film et j’écoute également le 6e, sans aucun doute mon préféré.

    Dès la fin de celui-ci, le plan où l’on voit le personnage au sommet des maintenant célèbres escaliers du musée d’art de Philadelphie, faire face à la ville sur la musique, ‘’Rocky’s Reward’’, composée par Bill Conti, je sens sur mon épaule, une pression. Comme une main posée sur moi qui veut me dire ‘’merci pour ce moment, l’ami’’. Instinctivement, je prononce son prénom et, comme réponse, un petit souffle de vent me frôle le visage.

    Chacun est libre de croire ce qu’il veut.

    Pour finir, je veux m’adresser à lui.

  • Ma sitcom en 4 saisons

    Ma sitcom en 4 saisons

    Qu’est-ce qu’une Sitcom?

    Selon Wikipédia : Une sitcom ou une comédie de situation est une série télévisée à dominante humoristique, caractérisée par une unité de lieu (décor récurrent) permettant des moyens de tournage simplifiés et des coûts de production réduits (nombre très restreint de décors, peu ou pas d’extérieurs), dont les épisodes durent généralement approximativement 22 minutes. Le mot est une contraction de l’anglais « situation comedy » (« comédie de situation »).

    En quoi quatre années de ma vie ont été une Sitcom? Prenez n’importe laquelle que vous connaissez. Friends, How I Met Your Mother, The Big Bang Theory , pour ne nommer que les plus populaires. Chacune de ses séries possède un décor principal et les mêmes décors récurrents. À propos des personnages, tout comme pour les acteurs, il y a les principaux qi sont là à chaque épisode (avec quelques rares absences justifiées), il y a des personnages récurrents et quelques invités spéciaux (Special Guest).

    La petite bande dans laquelle je faisais partit, était composée de personnages typiques. Un mésadapté pensant en savoir plus que tout le monde, un tendre au grand cœur et le comique de service qui sert aussi de romantique un peu désespéré. Nous avions aussi le droit à une amie nous rendant souvent visite et toujours impliquée dans nos niaiseries puisqu’elle faisait partie de l’équipe animant une émission de radio; un autre décor principal. Le statut de personnage de cette dernière se trouvait entre récurrent et principal. N’y voyez rien de sexiste là-dedans, elle possédait son propre appartement et ses propres amis qu’on ne voyait jamais. Bref, le décor principal, qui comme les sitcoms citées plus haut, se trouvait dans un appartement.

    Vous voyez le topo ? Laissez-moi vous raconter ces années tel un producteur télé vous décrivant sa série télé.

    La petite bande dans laquelle je faisais partit, était composée de personnages typiques. Un mésadapté pensant en savoir plus que tout le monde, un tendre au grand cœur et le comique de service qui sert aussi de romantique un peu désespéré. Nous avions aussi le droit à une amie nous rendant souvent visite et toujours impliquée dans nos niaiseries puisqu’elle faisait partie de l’équipe animant une émission de radio; un autre décor principal. Le statut de personnage de cette dernière se trouvait entre récurrent et principal. N’y voyez rien de sexiste là-dedans, elle possédait son propre appartement et ses propres amis qu’on ne voyait jamais. Bref, le décor principal, qui comme les sitcoms citées plus haut, se trouvait dans un appartement.

    Vous voyez le topo ? Laissez-moi vous raconter ces années tel un producteur télé vous décrivant sa série télé.

    Pour la 2e saison, le décor principal se divisa en deux. Plus de colocation, nous passions notre temps entre l’appartement du comique du groupe et de celle du tendre au gros cœur. L’appart du comique est le plus utilisé. Ma copine fut remerciée de la distribution et on changea la distribution pour la copine de mon ex-colocataire. Le personnage servant à équilibrer l’ambiance s’absentait de plus en plus et mon petit frère devint mon coloc pour une présence de plus en plus récurrente. 

    Une saison considérée comme la plus sombre de toute la série, et pour cause. Les intrigues principales composaient de la douloureuse peine d’amour d’un des frères (tousse, tousse, “La Route” tousse) et l’enfer de l’adolescence pour l’autre. Heureusement pour les téléspectateurs que le comic relief et le mésadapté faisaient rire avec des punchlines et des maladresses.

    Suite aux commentaires disant s’ennuyer de la naïveté des protagonistes, pour la saison 3, on retourna vers un ton beaucoup plus comique, mais avec un peu de drame quand même. Le décor de la station de radio fut introduit et après le quart de la saison, le 4e membre masculin d’animateurs radio et un personnage “guest star’’ fut remplacé par le personnage féminin presque principal, mais plus que récurrent; histoire d’être plus équitable. 

    La saison trois fut, sans contredit, la meilleure. Le décor avait encore changé, mais pour le mieux. On retrouvait le concept de la première saison, soit un appartement dans lequel toutes les intrigues et leur résolution se passent; et comme dans la première saison, deux personnages y habitaient, sûrement pour expliquer le lieu principal. Outre le local de radio, l’autre décor permanent permettant les échanges loufoques était l’appartement du comic relief qui se trouvait juste en dessous. Les émissions de radio faisaient un épisode au complet à rythme régulier d’une diffusion une fois par quatre épisodes. Les personnages étant plus matures, les sujets le devenaient aussi. L’arrivée de la quatrième membre de l’équipe de la radio fit naître une saine et drôle compétition de séduction entre elle et deux des trois personnages masculins principaux.

    La chimie entre les personnages marchait à plein rendement. À un point qu’on a eu droit à des épisodes spéciaux. Un pour Halloween, un pour Noël, un pour le jour de l’an et même Pâques. Celui-ci se passait lors d’une émission de radio.

    Après le succès et les bons commentaires de la saison 3, la barre se trouvait très haute pour la saison suivante. Et c’est pour ça que ce fut la dernière. Sans le vouloir, le ton dramatique revint. Les épisodes dans lesquels tous les personnages se retrouvaient revenaient de moins en moins fréquemment. L’équipe ne faisait plus de radio et plus personne n’habitait avec personne. À chacun à avoir son appartement. Par le fait même, plus de décor principal. On partageait les épisodes entre chacun des logements. La ligne dramatique principale était aussi partagée en quatre sans ‘‘ligne rouge »’ principale. Ça ressemblait plus à une compilation de futur ‘‘Spin-Of »’ qu’autre chose. Plus d’émissions de radio, donc chacun suivait son propre chemin et ses propres objectifs. 

    Ça sentait déjà la fin bien avant le quart de la saison. Même avoir fait partir le mésadapté dans le but de le faire apparaître moins souvent, pour laisser la place aux deux frères et au comique pour des niaiseries sans sérieux n’a pas suffi à faire revenir l’intérêt. Le plaisir n’y était plus. À un point tel que la grande finale s’est voulue une fin en queue de poisson.

    Cependant, des Spin-Of centrés sur le comic relief ont été développés, mais jamais tournés. Seules les aventures des deux frères pour l’Internet furent produites. Malgré un succès honorable et une deuxième saison en bonne voie d’être produite, Les Bob s’éteignirent pour de bon. D’ailleurs, Le 912 Show se trouve encore sur Internet, mais ne les cherchez pas s’il vous plaît. Pour vrai, ne faites pas ça 😛

    Il y a quand même le petit jeune du groupe qui a ressuscité le concept, de façon plus absurde, en bande dessinée. Trois tomes consacrés à Les Bob. Un essaie pour lui, un genre de test, pour se convaincre qu’il pouvait s’affranchir totalement de ce passé pour créer ‘’La Bande’’. En s’inspirant quand même de ce vécu.
    (les dessins dans cette chronique sont de lui)

    Sans regret ni amertume, chacun d’entre nous continue notre vie chacun de notre côté tout en se voyant plus que de temps en temps. Croyez-le ou non, nous sommes plus matures, notre chemin est de plus en plus droit, mais notre cœur est toujours jeune, comme on dit quand on vieillit. Oui, il m’arrive de revoir certains épisodes avec une nostalgie qui me fait sourire, mais je laisse ça dans le passé et je continue de marcher droit devant.

    Moral de l’histoire : en gros, c’est facile à comprendre pourquoi le genre du sitcom est si populaire. On se reconnait tous dans les personnages et les situations. Par exemple, ma soeur trouve que je ressemble à Ted de How I met your mother.

    Et vous ? Quelle est votre sitcom préférée ?