Étiquette : Fiction-réalité

  • Quand la fiction rejoint la réalité

    Quand la fiction rejoint la réalité

    Qui ne s’est pas reconnu dans des films ou séries ?

    Je sais, ce film est une comédie fantastique (ou de science-fiction si vous préférez), mais ça ne m’a pas empêché de pleurer de tristesse.

    D’abord, une mise en contexte avec l’histoire de la saga. Le premier film est sorti le 8 juin 1984. Après une longue préparation et plusieurs versions du scénario, trois amis, dont les deux scénaristes du film, commencent le tournage d’un long-métrage qui deviendra culte. Cinq ans plus tard, la suite tant demandée et attendue sort sur les grands écrans emmenant avec lui une déception générale. Pour ma part, je le préfère à l’originale. Néanmoins, les fans de ces casseurs de fantômes demandaient une autre suite, pour revoir cette bande attachante à l’humour sympathique.

    Malheureusement, une mésentente entre le comédien interprétant le Dr Peter Venkman, Bill Murray et l’un des scénaristes et co-vedette Harold Ramis (Dr Egon Splengler) vire en conflit qui durera pendant vingt ans. Soit un an avant la mort de ce dernier. Ce conflit fit comme victime collatérale, la relation entre Dan Aykroyd et Ramis. De ce quatuor, il ne restait donc qu’un trio, avec Hernie Hudson. Ce qui met le projet d’un troisième volet de SOS Fantômes à la poubelle. Tant pis pour les fans de cet univers. On pouvait néanmoins se consoler avec les deux films et la série animée.

    Depuis, il y a eu le remake avec une distribution féminine, mais ce n’est pas ce que nous voulions. Je l’ai quand même écouté. Ce film m’a fait sourire quelques fois et je le trouve très beau visuellement, mais sans plus.

    Finalement, en 2021, je vois une annonce qui me fait plaisir. Ghostbuster : Afterlife est annoncé pour novembre 2021. C’est avec une bonne appréhension que je m’installe sur mon banc, dans la salle

    De gauche à droite : Egon, Winston, Peter et Ray

    Un peu de ma vie personnelle maintenant. En 1994, je fais la connaissance de Jean-René, le frère du meilleur ami de mon frère. Il était bloqué avant la fin d’un jeu vidéo. Ayant déjà terminé ce jeu, il me demandait conseil. J’ai donc été le rejoindre pour l’aider à en venir à bout.

    Ce fut le début d’une longue amitié qui a résisté à un déménagement de ma part avant que je ne revienne dans la ville de mon enfance.

    Nous avions énormément en commun. Nos ambitions se ressemblaient, nous avions à peu près les mêmes goûts et la même vision de la vie. Nous avons l’impression d’être les seuls à nous comprendre dans un océan de superficialité, comme on aimait le dire. À l’école secondaire, il fit la connaissance de Olivier et moi de Jonathan. Notre duo était devenu un quatuor.

    La relation entre JR et moi a commencé à battre de l’aile lorsque nous avons déménagé à Montréal. Nos premiers pas dans la vie d’adulte n’ont pas été faits de la même manière. Plus idéaliste que moi, il s’accrochait encore un peu à notre vie d’adolescents, surtout à l’espèce d’innocence que nous avions encore.

    De gauche à droite : JR, Oli, Kev et Jo

    Alors que je prenais mes faux pas comme de l’expérience qui, dans certains cas, me coûtait très cher, lui les prenait comme des échecs, souvent irréparables.

    Alors que mes illusions de petits gars s’effaçaient pour faire place à une évolution mature qui s’apprenait souvent à la dure, celles de JR s’ancraient dans son esprit, convaincue que changer quoi que ce soit en lui le dénaturait.

    Au fil des ans, la nature de plus en plus désagréable de celui qui avait uni le quatuor nous avait éloignés de lui. Notre quatuor était devenu un trio.

    Un après-midi d’août 2011, l’ex-copine de JR m’appelle pour m’annoncer qu’on l’avait retrouvé pendu dans une chambre d’hôtel.

    Donc, je me trouvais assis dans la salle de cinéma. Je dois préciser que je connaissais l’histoire de la querelle entre les acteurs. (Alerte aux Spoilers) La fin du film arrive. Les trois Ghostbusters encore en vie se retrouvent pour combattre l’entité méchante. Le personnage d’Egon, resté invisible durant le film, apparaît en spectre pour les aider. Ray, Peter et Winston le regardent et chacun sort une ligne étant destinée, j’en suis convaincue, à l’acteur et non au personnage.

    J’en fais une traduction libre :

    Ces lignes, ont été dites, presque mots pour mots, par chacun des membres de notre trio, depuis le décès de Jean-René. Et on aimerait tant lui dire en face. Je me suis mis à pleurer de tristesse à ce moment précis. Ce qu’on ne donnerait pas pour passer juste une heure avec un de nos proches disparus ? Malgré la distance qu’il y a eut entre nous, il me manque.

    Ghostbusters Afterlife est le film le plus triste que j’ai jamais regardé.

    De gauche à droite : Oli, JR, Jo et Kev (en avant)

    Laissez-moi vous parler un peu de celui qui a été mon ami pendant presque 20 ans, du moment où il a passé un peu de temps avec moi, deux ans après son décès.

    Si ce n’était pas de lui, je n’aurais probablement jamais vu la saga Rocky. Étant fan, il a pris une longue soirée pour me faire regarder les cinq films à la suite. Entre deux longs métrages, il a même pris le temps de me dire ce qu’il aimait et ce qu’il n’aimait pas de chaque volet.

    En décembre 2006, le sixième film sort enfin au cinéma. Cette année, je n’ai pas fêté Noël avec ma famille, ni du côté de ma mère ni de mon père. JR, ne faisait rien non plus, nous avons décidé de passer le 24 et le 25 décembre ensemble. On se ramasse des jeux vidéos et des films pour nous divertir avec notre souper pizza. Comme cadeau, il m’amène à la projection de Rocky Balboa. Un film qui fait du bien et vachement bien réaliser.

    Bref, à la fin de 2013, je m’occupe à faire un nouveau montage de l’épisode pilote d’une série que j’ai écrite et réalisée en 2007. Pour travailler, j’ai comme habitude d’écouter de la musique ou je fais jouer en fond un film ou une série télévisée. Pour ce montage, j’ai décidé de mettre la série des films Rocky. Arrivé au 4e volet, celui où Rocky se bat contre le gros Russe, je décide de prendre une pause et de regarder ce film au complet. Étant le préféré de mon défunt ami, j’ai pris le temps de bien l’écouter. J’ai compris pourquoi il l’aimait tant. Ce n’était pas que le personnage de la némésis du boxeur qu’il appréciait, mais le montage, la musique et le côté kitsch des productions des années 80 avaient rapport avec son appréhension.

    Je reprends mon travail pendant le 5e film et j’écoute également le 6e, sans aucun doute mon préféré.

    Dès la fin de celui-ci, le plan où l’on voit le personnage au sommet des maintenant célèbres escaliers du musée d’art de Philadelphie, faire face à la ville sur la musique, ‘’Rocky’s Reward’’, composée par Bill Conti, je sens sur mon épaule, une pression. Comme une main posée sur moi qui veut me dire ‘’merci pour ce moment, l’ami’’. Instinctivement, je prononce son prénom et, comme réponse, un petit souffle de vent me frôle le visage.

    Chacun est libre de croire ce qu’il veut.

    Pour finir, je veux m’adresser à lui.

  • Être un des singes de l’espace

    Être un des singes de l’espace

    Un film qui se passe de présentation. Un long-métrage au succès retardé, mais à la stratification culte sans contredit. Des hommes se joignent au Fight Club. Un regroupement qui se veut un groupe d’entraide pour les hommes seulement, mené par le mythique Tyler Durden. Plus la popularité du club augmente, plus le concept du Fight Club va changer. De simples combats, ça va devenir un groupe terroriste qui veut remettre le monde à zéro en devenant le  »projet apocalypse ». (Project Mayhem ou projet Chaos) Ce n’est pas rien, avouer.

    Oui, je me suis déjà battu, mais ce n’est pas de ça que je veux vous parler. Il y a beaucoup d’événements dans ce film (tiré d’un livre). Il n’empêche pas que je me sois sérieusement posé la question à savoir si mon cousin existait réellement. Un cousin plus vieux, plus riche et ayant plus de charisme que moi. Installé dans la grande ville avec une vie enviable. Enviable, surtout pour moi, jeune homme à peine adulte qui cherchait mon identité propre. Un Tyler Durden finalement. On comprend la référence. Voulant voir autre chose que ma banlieue, je rendais visite plusieurs jours de suite à mon cousin avec une impression de vivre ‘’comme un grand’’.

    Le moment précis dont je veux vous parler se compare à la deuxième partie du film, quand le projet Apocalypse commence. Les membres du Fight Club viennent habiter chez Tyler pour mener à bien le plan. Dans le film, chacun y met la main à la pâte pour contribuer dans la maison.

    Chez mon cousin, il y avait toujours beaucoup de monde. On y trouvait quelques femmes, mais surtout de jeunes hommes âgés entre 19 et 23 ans en pleine transition vers un âge adulte qui leur faisait peur. Comme s’il montait une armée.

    Bref, comme le narrateur le dit dans le long-métrage ‘’Ils s’agitaient tous tellement que la maison bougeait’’. Jusque là, je n’avais pas encore bien fait le lien avec Fight Club. C’est arrivé lors d’un soir vers la fin de l’été alors que j’étais en visite chez lui que j’ai commencé à me poser la question.

    Ce soir-là, nombre des membres du  »projet apocalypse » dormaient chez mon cousin. Ça se tassait sur les sofas, ça se battait pour les draps et ça dormait les uns par-dessus les autres. Mon cousin avait le privilège d’avoir sa propre chambre. Moi, j’avais le droit à la mienne pour moi tout seul. ‘’Je suis le privilège de Jack’’.

    Je me souviens d’avoir entendu soulever l’injustice au fait que je sois seul dans l’autre chambre. Mais un autre dude a précisé que j’avais le droit puisque j’étais le cousin du chef de clan. Il s’est excusé et je n’en ai plus jamais entendu parler. 

    Le fait qui m’a fait croire que je me trouvais dans le projet Mayhem, c’était le lendemain matin. Je me réveillai vers 10 heures. Je n’entendais rien de l’autre côté de la porte. Les invités devaient être encore couchés, que je me dis. Mais non! En ouvrant la porte, je vois tout un chacun s’y mettre pour rendre l’appartement impeccable. ‘’Ils vivaient et travaillaient en équipe’’. Je me promenais entre les personnes qui, soit balayaient, soit frottaient les murs ou ils passaient la balayeuse sur le sofa. On me saluait, mais on ne me demandait pas de participer. Et entre nous, je n’aurais pas su quoi faire tellement que tout était en train de se faire. Exactement comme le personnage de Edward Norton lorsqu’il vague, sans rien comprendre, parmi les singes de l’espace donnant leur énergie pour la cause.

    Non, ce n’est pas drôle. Ça me faisait peur et ce n’était pas encore le pire. Déjà, lorsque je m’assois à la table de cuisine, j’avais une impression de déjà vue. Le film Fight Club évidemment. Mon cousin se réveilla finalement. Après un arrêt dans la salle de bain, il vint me rejoindre à la cuisine. Il me salue en s’asseyant et, à la seconde près, l’un des singes des membres vient de déposer, devant mon cousin, une assiette d’œuf, bacon et fruit frais avec un jeu d’orange.

    Estomaqué et étourdi de confusion, je le fixe en le suppliant de m’expliquer. Je ne me souviens pas d’avoir vu quelqu’un cuisiner lorsque je suis entré dans la cuisine. ‘’Je suis la surprise de Jack’’. La seule réponse que j’ai eue fut un haussement d’épaules et une phrase perturbante pour moi. ‘’Pourquoi Tyler Durden monte une armée? En tout cas, il a un bon déjeuner’’.

    Ça y est, je suis le Edward Norton de mon univers. Mon cousin n’existe pas. Je prépare un plan de destruction et je ne m’en rends pas compte. Je me croyais fou. Où est ma Marla?

     Je vous rassure, rien de mal n’est arrivé. Aucune destruction n’a eu lieu et la raison du comportement des invités s’explique comme suit : ils faisaient le ménage pour remercier l’hospitalité de mon cousin. Mais n’empêche, pour un petit jeune avec un trop-plein d’imagination comme moi, une situation aussi extravagante ressemblant à un film culte ça peut mener à une petite psychose comme j’ai vécu. Ça m’a pris une demi-heure pour que la réalité me rattrape. Même s’il a pu se mettre à ma place et me comprendre, ce cousin en rit encore après une vingtaine d’années. Et avec le recul, je me trouve, d’une certaine façon, chanceux d’avoir vécu une situation pareille. Ça me fait quelque chose à raconter.

    Et sérieusement, regardez Fight Club.

     Il me semble que le sujet des jeunes hommes prit entre l’adolescence et l’âge adulte, ferait un bon sujet pour un futur billet.

  • Ma sitcom en 4 saisons

    Ma sitcom en 4 saisons

    Qu’est-ce qu’une Sitcom?

    Selon Wikipédia : Une sitcom ou une comédie de situation est une série télévisée à dominante humoristique, caractérisée par une unité de lieu (décor récurrent) permettant des moyens de tournage simplifiés et des coûts de production réduits (nombre très restreint de décors, peu ou pas d’extérieurs), dont les épisodes durent généralement approximativement 22 minutes. Le mot est une contraction de l’anglais « situation comedy » (« comédie de situation »).

    En quoi quatre années de ma vie ont été une Sitcom? Prenez n’importe laquelle que vous connaissez. Friends, How I Met Your Mother, The Big Bang Theory , pour ne nommer que les plus populaires. Chacune de ses séries possède un décor principal et les mêmes décors récurrents. À propos des personnages, tout comme pour les acteurs, il y a les principaux qi sont là à chaque épisode (avec quelques rares absences justifiées), il y a des personnages récurrents et quelques invités spéciaux (Special Guest).

    La petite bande dans laquelle je faisais partit, était composée de personnages typiques. Un mésadapté pensant en savoir plus que tout le monde, un tendre au grand cœur et le comique de service qui sert aussi de romantique un peu désespéré. Nous avions aussi le droit à une amie nous rendant souvent visite et toujours impliquée dans nos niaiseries puisqu’elle faisait partie de l’équipe animant une émission de radio; un autre décor principal. Le statut de personnage de cette dernière se trouvait entre récurrent et principal. N’y voyez rien de sexiste là-dedans, elle possédait son propre appartement et ses propres amis qu’on ne voyait jamais. Bref, le décor principal, qui comme les sitcoms citées plus haut, se trouvait dans un appartement.

    Vous voyez le topo ? Laissez-moi vous raconter ces années tel un producteur télé vous décrivant sa série télé.

    La petite bande dans laquelle je faisais partit, était composée de personnages typiques. Un mésadapté pensant en savoir plus que tout le monde, un tendre au grand cœur et le comique de service qui sert aussi de romantique un peu désespéré. Nous avions aussi le droit à une amie nous rendant souvent visite et toujours impliquée dans nos niaiseries puisqu’elle faisait partie de l’équipe animant une émission de radio; un autre décor principal. Le statut de personnage de cette dernière se trouvait entre récurrent et principal. N’y voyez rien de sexiste là-dedans, elle possédait son propre appartement et ses propres amis qu’on ne voyait jamais. Bref, le décor principal, qui comme les sitcoms citées plus haut, se trouvait dans un appartement.

    Vous voyez le topo ? Laissez-moi vous raconter ces années tel un producteur télé vous décrivant sa série télé.

    Pour la 2e saison, le décor principal se divisa en deux. Plus de colocation, nous passions notre temps entre l’appartement du comique du groupe et de celle du tendre au gros cœur. L’appart du comique est le plus utilisé. Ma copine fut remerciée de la distribution et on changea la distribution pour la copine de mon ex-colocataire. Le personnage servant à équilibrer l’ambiance s’absentait de plus en plus et mon petit frère devint mon coloc pour une présence de plus en plus récurrente. 

    Une saison considérée comme la plus sombre de toute la série, et pour cause. Les intrigues principales composaient de la douloureuse peine d’amour d’un des frères (tousse, tousse, “La Route” tousse) et l’enfer de l’adolescence pour l’autre. Heureusement pour les téléspectateurs que le comic relief et le mésadapté faisaient rire avec des punchlines et des maladresses.

    Suite aux commentaires disant s’ennuyer de la naïveté des protagonistes, pour la saison 3, on retourna vers un ton beaucoup plus comique, mais avec un peu de drame quand même. Le décor de la station de radio fut introduit et après le quart de la saison, le 4e membre masculin d’animateurs radio et un personnage “guest star’’ fut remplacé par le personnage féminin presque principal, mais plus que récurrent; histoire d’être plus équitable. 

    La saison trois fut, sans contredit, la meilleure. Le décor avait encore changé, mais pour le mieux. On retrouvait le concept de la première saison, soit un appartement dans lequel toutes les intrigues et leur résolution se passent; et comme dans la première saison, deux personnages y habitaient, sûrement pour expliquer le lieu principal. Outre le local de radio, l’autre décor permanent permettant les échanges loufoques était l’appartement du comic relief qui se trouvait juste en dessous. Les émissions de radio faisaient un épisode au complet à rythme régulier d’une diffusion une fois par quatre épisodes. Les personnages étant plus matures, les sujets le devenaient aussi. L’arrivée de la quatrième membre de l’équipe de la radio fit naître une saine et drôle compétition de séduction entre elle et deux des trois personnages masculins principaux.

    La chimie entre les personnages marchait à plein rendement. À un point qu’on a eu droit à des épisodes spéciaux. Un pour Halloween, un pour Noël, un pour le jour de l’an et même Pâques. Celui-ci se passait lors d’une émission de radio.

    Après le succès et les bons commentaires de la saison 3, la barre se trouvait très haute pour la saison suivante. Et c’est pour ça que ce fut la dernière. Sans le vouloir, le ton dramatique revint. Les épisodes dans lesquels tous les personnages se retrouvaient revenaient de moins en moins fréquemment. L’équipe ne faisait plus de radio et plus personne n’habitait avec personne. À chacun à avoir son appartement. Par le fait même, plus de décor principal. On partageait les épisodes entre chacun des logements. La ligne dramatique principale était aussi partagée en quatre sans ‘‘ligne rouge »’ principale. Ça ressemblait plus à une compilation de futur ‘‘Spin-Of »’ qu’autre chose. Plus d’émissions de radio, donc chacun suivait son propre chemin et ses propres objectifs. 

    Ça sentait déjà la fin bien avant le quart de la saison. Même avoir fait partir le mésadapté dans le but de le faire apparaître moins souvent, pour laisser la place aux deux frères et au comique pour des niaiseries sans sérieux n’a pas suffi à faire revenir l’intérêt. Le plaisir n’y était plus. À un point tel que la grande finale s’est voulue une fin en queue de poisson.

    Cependant, des Spin-Of centrés sur le comic relief ont été développés, mais jamais tournés. Seules les aventures des deux frères pour l’Internet furent produites. Malgré un succès honorable et une deuxième saison en bonne voie d’être produite, Les Bob s’éteignirent pour de bon. D’ailleurs, Le 912 Show se trouve encore sur Internet, mais ne les cherchez pas s’il vous plaît. Pour vrai, ne faites pas ça 😛

    Il y a quand même le petit jeune du groupe qui a ressuscité le concept, de façon plus absurde, en bande dessinée. Trois tomes consacrés à Les Bob. Un essaie pour lui, un genre de test, pour se convaincre qu’il pouvait s’affranchir totalement de ce passé pour créer ‘’La Bande’’. En s’inspirant quand même de ce vécu.
    (les dessins dans cette chronique sont de lui)

    Sans regret ni amertume, chacun d’entre nous continue notre vie chacun de notre côté tout en se voyant plus que de temps en temps. Croyez-le ou non, nous sommes plus matures, notre chemin est de plus en plus droit, mais notre cœur est toujours jeune, comme on dit quand on vieillit. Oui, il m’arrive de revoir certains épisodes avec une nostalgie qui me fait sourire, mais je laisse ça dans le passé et je continue de marcher droit devant.

    Moral de l’histoire : en gros, c’est facile à comprendre pourquoi le genre du sitcom est si populaire. On se reconnait tous dans les personnages et les situations. Par exemple, ma soeur trouve que je ressemble à Ted de How I met your mother.

    Et vous ? Quelle est votre sitcom préférée ?

  • Joyeux Noël

    Joyeux Noël

    Quand j’entendais dire que Noël c’est une période magique, je répondais automatiquement qu’il ne fallait pas confondre la fiction des films de décembre à notre réalité. Oui, c’est le temps des réunions et de plaisir avec la famille, les lumières, les décorations et de tout le reste, mais de là à dire que c’est magique… Je trouve qu’il y a quand même une limite.

    Cependant… il y a peu de temps, un doux souvenir m’est apparu. Si vous suivez mes capsules audios du vendredi et mon blogue, j’ai souvent parlé d’une de mes meilleures périodes de vie, le travail de l’équipe SWAT dans une chaine de supermarché connu au Québec. Je me rends compte que cettedite meilleure période de ma vie ne touche pas que les années dans l’équipe d’élite. Cette compagnie m’a apporté beaucoup de bien, avant même mes 30 ans. Et l’un de ces moments qui m’en ont fait se passait justement dans la période des fêtes.

    À mon souvenir, je venais d’avoir 25 ans, ou 26, je ne m’en souviens plus trop. Peu importe. Je sortais d’une courte relation amoureuse. Courte, mais intense. Trop intense pour ce que j’ai pu vivre avec la demoiselle. Bref, un mois après la rupture, je souffrais encore. Pour rajouter à ma Xième journée de marde, je venais de me chicaner solide avec une de mes amies. C’est de reculons que je rentrais puncher ma journée de travail qui me tentait autant que d’apprendre que j’étais atteint d’une syphilis grimpante.

    Et là, comme sortie du mur, une paire de mains m’agrippe par le collet et me traine à l’extérieur. Ces mains appartenaient à mon collègue JF. Avant même que mon expression faciale ne lui pose des questions sur ses intentions envers moi, il me lance d’un débit rapide et joyeux :

    — Toi! Tu vas venir m’aider à vendre des sapins!

    — De que cé?

    Il visse à ma tête une tuque de père Noël (la rouge avec le pompon blanc). Tuque que je possède toujours, d’ailleurs.

    — Des sapins. Tu vas en vendre avec moi. J’ai besoin de ton aide.

    Pendant que je me faisais trainer dans la neige à travers le stationnement de l’épicerie, je me torturais l’esprit pour savoir pourquoi c’était de MON aide qu’il voulait. Nous parlions à l’occasion dans l’arrière-boutique ensemble, mais sans plus. Nous ne partagions pas nos états d’âme à ce qu’il me semblait. Notre relation n’était que purement professionnelle. Mon travail devait être satisfaisant. Du moins, assez pour qu’il décide de m’avoir comme coéquipier. Ça me faisait un petit velours au cœur, je devais l’avouer. Un sourire apparut sur mon visage pour la première fois depuis un mois. Un sourire timide, mais je le sentais se dessiner quand même. Pour ne pas le décevoir, je me devais de le prévenir :

    — J’connais rien au sapin…

    — Tu vas en connaitre un peu plus. Tu vas voir, c’est pas compliqué.

    Cette année-là avait été une année pilote pour notre chaine de supermarché. Travaillant dans le magasin le plus gros du Québec, nous testions le coût d’une petite kermesse s’adaptant aux différentes célébrations de l’année. Nous avions une grosse citrouille et un petit labyrinthe pour l’Halloween et pour Noël, l’espace faisait office d’un petit village du père Noël avec un immense sapin autour duquel marchait des animateurs habillés en elfes pour le plaisir des petits et des grands. Dans la plus grosse cabine, le père Noël et la fée des étoiles accueillaient les petits pour la traditionnelle liste de cadeaux et la photo. Inutile d’ajouter que la musique enjouée nous enveloppait. La différence entre les deux types de sapins expliquée, JF me laisse le côté nord et lui s’occupe des clients arrivant du côté sud.

    J’ai vécu une journée MA-GI-QUE ! La joie des adultes face à cette féérie et des enfants pris dans cette ambiance ne me fit pas perdre le sourire. Jamais une journée de travail n’a passé aussi vite que cette journée. À peine un sapin de vendu qu’un autre se vendait. Je me souviens d’avoir guidé plusieurs clients à la fois vers le sapin idéal. Pendant que j’en transportais deux sous mes bras, les autres approchèrent leur voiture pour m’aider à finaliser les ventes. La foule dégonfla seulement à une heure de la fermeture. J’étais bien reposé pour ma journée de congé du lendemain.

    Mais JF n’était pas en accord avec moi.

    — Non, non. Demain, tu entres au travail. T’as été en feu aujourd’hui, on recommence demain.

    Je ne me suis pas fait prier. Le lendemain, cette joie hivernale recommença. Une différence tout de même, parce qu’on était dimanche, le nombre de clients diminua juste avant l’heure du souper. Pas une perte, puisque je profitai de ce petit répit pour me permettre une fantaisie. Malgré mes 25 ans à cette époque, je n’avais jamais eu de photo de moi avec le père Noël. J’entrai donc dans la cabine et je demandai au bon monsieur si je pouvais m’asseoir sur ses genoux. Il accepta avec plaisir. J’allais même abuser de cette belle journée en demandant à la fée des étoiles d’être dans la photo. Malheureusement, demander à une elfe d’en faire partie était de trop pour le bon père Noël en fin de quart. J’aurais essayé :-P.

    Ce week-end se termina dans un fou rire lorsque le père Noël me chuchota à l’oreille :

    — Fais attention ou tu mets tes mains. La fée des étoiles, c’est ma femme.

    Je n’ai pas vécu l’amour durant ces deux jours, mais j’ai quand même senti la magie de Noël. Je ne crois pas que ça pourrait faire un téléfilm Hallmark, mais c’est quand même mieux. Puisque cette histoire est vraie.

    Merci JF pour ce week-end. Tu ne pouvais pas savoir que je n’avais pas le moral et tu m’as quand même choisi pour t’aider dehors. J’étais probablement qu’au bon endroit, au bon moment. J’étais le premier commis que tu as croisé, mais merci quand même. Ça m’a aidé à me remettre d’une douloureuse séparation.

    C’était mon histoire du temps des fêtes.