Étiquette : Santé mentale

  • Après la tempête

    Après la tempête

    Je flotte depuis un petit moment. Je ne sais pas plus où je vais, mais au moins, je ne me sens plus couler. De temps à autre, j’utilise mes mains en guise de rame pour me rapprocher du rivage. Malheureusement, je me fatigue rapidement. Alors je m’étends sur ma bouée et j’observe le ciel.

    Je donne de petits coups dans l’eau pour m’approcher de la terre ferme. Je crois que le courant va dans la bonne direction; ça m’encourage. Soudainement, une vague arrivant dans le sens contraire frappe ma bouée. Le choc que je subis est plus violent que je ne m’y attendais. Je m’agrippe le plus fort que je peux. Je me sens chavirer, mais une autre vague venant d’en arrière vient stabiliser le tout. Dieu merci!

    Et puis, comme par magie, la mer redevient calme. Par contre, je suis essoufflé. Ça me prend un moment avant de retrouver mon air. Malgré tout, je finis toujours par me sentir assez fort pour pagayer par moment, en attendant la prochaine petite tempête. Au moins, je ne coule pas.

    Tout en espérant que le courant m’aide à retrouver la terre ferme, je réfléchis à mes dernières années.

    Pour le reste de ce texte, je suis obligé d’avouer que je me suis pris par quatre fois pour l’écrire. Pas parce que j’ai honte de ces dernières années, c’est que je ne trouve aucune bonne façon d’exprimer comment je me sens sans partir dans mille et une directions. Longtemps je me suis trouvé dans un cercle vicieux. Un CRISS de cercle vicieux. La meilleure façon de vous le dire c’est par les mots de Raphaël Zaoui et sa chanson « ’5 à 7’’.

    Tout est cassé dans mon corps

    J’ai mal à m’en brûler la tête

    J’ai dansé jusqu’à l’aurore

    J’ai encore trop fait la fête

    Je veux baisser tous les stores

    Ramasser mon cerveau en miettes

    Mes yeux me jouent encore des sorts

    Je veux que tout ça s’arrête

    Toujours le même manège dans ma tête

    J’me fais du mal et j’regrette

    Puis je retourne dans la fête

    Toujours les mêmes démons dans mes yeux

    Cachet bleu* coupé en deux

    Puis je replonge dans le feu

    J’ai perdu plus d’un ressort

    Dans le sexe* et sa tempête

    Le visage à demi mort

    Je supplie encore la fête

    Si la nuit t’a jeté dehors

    Rendez-vous de cinq à sept

    En after dans Paris Nord

    J’y jouerai mon dernier set

    Toujours le même manège dans ma tête

    J’me fais du mal et j’regrette

    Puis je retourne dans la fête

    Toujours les mêmes démons dans mes yeux

    Cachet rose coupé en deux

    Puis je replonge dans le feu

    Tout est tracé dans mon ciel

    Même mes anges ont baissé les bras

    Ils m’ont vue me brûler les ailes

    Tous les soirs dans le pire des états

    Condamné au dernier duel

    Le seul vrai rival c’est moi

    Je pourrais jouer cent fois la belle

    Mais jamais gagner comme ça

    Toujours le même manège dans ma tête

    J’me fais du mal et j’regrette

    Puis je retourne dans la fête

    Toujours les mêmes démons dans mes yeux

    Cachet bleu* coupé en deux

    Puis je replonge dans le feu

    Tout est cassé dans mon corps

    J’ai mal à m’en brûler la tête

    J’ai dansé jusqu’à l’aurore

    J’ai encore trop fait la fête

    Je veux baisser tous les stores

    Ramasser mon cerveau en miettes

    Mes yeux me jouent encore des sorts

    Je veux que tout ça s’arrête

    *mot original changé pour refléter ma réalité.

    Je me croyais à ma place, je me croyais heureux. Après tout, qui n’aimerait pas garnir son CV affectif de différente expérience? Qui n’aimerait pas fêter sans lendemain, car l’envie et les occasions sont là? Quand ça fait sentir vivant? Surtout que j’en ai rêvé depuis le début de mon adolescence. À la longue, les premiers ébats se fanent, je m’en fatiguais. Alors j’essayais d’autres sensations jamais vues ni vécues qui m’amenaient de nouvelles fréquentations. Au bout d’un moment, je me raisonnais et je redevenais sage. Mais la sagesse et la routine finissaient toujours par m’endormir. La motivation me fuyait, mes questionnements me rattrapaient. Ayant peur de mourir à petit feu, je recommençais la boucle infernale avec toujours un cran de plus fort qu’auparavant. Le cercle se trouvait à être une spirale en fin de compte.

    Ai-je atteint le bout? Suis-je au milieu de cette spirale ou le cercle recommence-t-il? Pendant que je flotte sur l’eau, je laisse le courant m’approcher de la rive. Je profite de la magnifique vue du ciel étoilé pour bien me poser la question. Malheureusement, ce n’est pas aussi simple. J’arrive à la conclusion, la meilleure, que je dois briser le moule dans lequel je suis depuis plus de 15 ans. Après quoi? Qu’est-ce qui se passe? Que dois-je faire? Qu’est-ce qui m’attend? J’avoue que ça me fait un peu peur.

    À suivre, j’imagine.

  • Respirer de nouveau

    Respirer de nouveau

    Bonjour lecteurs, bonjour lectrices

    Il y a longtemps que je vous ai livré un moment personnel. Ce n’est pas par manque de temps ni par manque d’envie. Je tentais de me maintenir la tête hors de l’eau. Depuis début juin, je me sens me noyer.

    Je sens me noyer de temps à autre, mais la plupart du temps, je me sens arrêté par un immense lac. Dans ces cas-là, je fais le tour de cette superficie d’eau et je continue mon chemin. Ça me ralentit, mais ça ne m’arrête pas. Dernièrement, j’éprouvais un sentiment d’euphorie, de bien-être. Je ne voyais pas l’eau devant moi. Non, je me déplaçais la tête haute, avec devant moi, de l’espoir et de beaux jours. J’avais tout ce qu’il me fallait. Je n’avais maintenant qu’à cueillir le fruit de mon dur labeur.

    La cueillette se résumait à sourire plus, rencontrer plus de gens, sortir de ma zone de confort et ouvrir plus de portes que je ne pouvais imaginer en ouvrir, il y a peu de temps. Ces bonnes choses m’engourdissaient tellement l’esprit que je ne me sentais pas déjà m’enfoncer dans l’eau jusqu’aux genoux.

    Alors que je croyais flotter, je nageais. Mais comme je ne touchais plus terre et qu’une chaleur m’enveloppait, je ne voyais aucun danger à continuer par en avant. Une douce musique m’inondait les oreilles; je n’entendais donc pas les avertissements. Ceux qui disaient de ralentir, d’arrêter et même de reculer. Mais non! Tel un marin se dirigeant vers des chants de sirènes, je continuais vers un danger déguisé en promesse de luxe. C’est lorsque le goût du sucre dans ma bouche se changea en eaux résiduaires que je compris que j’étais en train de me noyer. J’avais beau nager vers la surface, je me sentais couler.

    Devant une page blanche, je sentis ma poitrine se serrer. J’avais l’impression que mes os s’émiettaient. Je n’arrivais plus à respirer. Je ne voyais que du noir.

    Dans un ultime effort, je réussis à me calmer assez pour composer le numéro d’un ami, le plus proche de moi, le plus ancien. Grâce à lui, j’ai pu remonter à la surface, reprendre quelques bouffés d’air. Ces petites bouffées d’oxygène permirent de me calmer un peu. Juste assez pour constater que je me retrouve en plein milieu d’un plan d’eau sans rive à l’horizon; à aucun des points cardinaux. Donc, très loin de me retrouver au sec.

    Le peu de force que je trouvais me servait pour rester à la surface. Je n’en possédais pas assez pour me diriger dans une direction ou une autre. L’impression de voler avait laissé place à une enclume attachée à mes chevilles. Je lutte sans cesse pour ne pas couler. Pour me rendre plus léger, je me débarrasse de chose que je ne juge plus utile du tout. Certains diront qu’il s’agit d’un mauvais jugement de ma part, que, pris de panique, je me déleste de tout ce que je peux pour ne pas me ramasser au fond. Je ne leur en veux pas, ils ne se rendent pas compte que mes muscles, à force de lutter contre la gravité, me font mal. Je bouge avec moins en moins de force. Je ferme les yeux. Parfois, ne rien voir rend les choses moins douloureuses… Il me semble…

    Rien ne peut nous motiver à continuer de nager lorsqu’on souffre. Les coups de jambes nous maintenant à la surface sont de moins en moins rapides et de moins en moins forts. Tout ce qu’on peut espérer pour nous sortir de cette passe est l’espoir qu’une bouée de sauvetage flotte par là et qu’il nous reste assez de force pour l’agripper. En attendant que l’objet flottant nous arrive, s’il arrive à nous un jour, nous n’entendons rien, nous ne voyons rien. Un cillement dans un décor noir comme la nuit nous accompagne. Par moment, le manque de lumière nous endort; nous fait lâcher prise. Pour certains d’entre nous, la bouée tant attendue nous cogne les mains, nous empêchant de couler. Et certains de ceux qui la touchent la saisissent à temps.

    Pour ma part, j’ai réussi à m’agripper à l’une d’elles. Je ne me sens pas en sûreté pour autant, je dérive. Je reprends mes forces pour nager dans la direction que je jugerai bonne. Ce n’est pas ma première fois. Vais-je revenir à mon point de départ ou vais-je amarrer autre part pour tout recommencer, encore, d’une autre manière? Des gens me disent que c’est à moi de décider.

    Pour l’instant, je n’ai pas encore assez de force pour prendre la décision. Je me laisse dériver pendant que je retrouve mes forces. Je commence à être au sec et le soleil perce les nuages.

    Ça va un peu mieux.

    Prenez soin de vous et n’oubliez pas :

    Peu importe ce que vous lisez, lisez bien et parlez-en!

  • La déprime post-projet

    La déprime post-projet

    La dépression post-projet. Voilà un sujet intéressant qui mérite de se faire connaître.

    Quand un roman est terminé, on est content. L’attente chez les lecteurs trouve une fin et le devoir du sentiment accompli est comblé. Par contre, chez certains auteurs, un vide s’installe.

    Je parle surtout en mon nom personnel, mais je suis convaincu que je ne suis pas seul à ressentir ce sentiment. Je dis auteur, car j’en suis un. Je suis malgré tout convaincue que ce vide frappe les artistes de tout genre.

    Cela va faire presque une semaine que le « ’hourra »’ de la fin du tome 2 a été crié et depuis je ressens un certain ennui. Pas que je le regrette, loin de là, c’est qu’on se donne tellement en temps et en énergie à l’écrire et à la correction qu’une fois fait, l’adrénaline et l’excitation qui nous montait au cerveau descend tellement à une vitesse grand V que pendant un temps, tout nous paraît d’une platitude écrasante.

    Au départ, je croyais que ce sentiment venait avec mon diagnostic positif à la Covid 19, mais je me suis rappelé que j’ai ressenti le même aura après le tournage de mon projet en 2007 (LE projet dont je parle dans ma vidéo des personnages d’Audrey en vrai). Ce projet-là, a mis pas loin de 10 ans avant qu’il soit prêt à être lancé et un an avant qu’il puisse se tourner. Pas 10 ans en temps plein, mais dix ans avant que L’ÉLÉMENT manquant nous saute dans la face. Donc, deux années passées pour trouver une équipe, de l’équipement, à remplir de la paperasse, faire des téléphones et échanger des courriels interminables, de déception et de bonne surprise pour, qu’au final, je ne sourisse plus pendant les deux semaines suivantes. Plus rien n’était bon, plus rien n’était drôle et parler du projet que je venais de faire ne me tentait aucunement. J’en étais quand même fier. (Et je le suis encore aujourd’hui.) Même passer à autre chose ne m’excitait pas. Pourtant la veille de la dernière journée, je ne rêvais que de ça tellement ma motivation transperçait des murs.

    Bref, je ressens ce petit vide en ce moment. Le tome 2 est achevé, ce n’est pas les projets qui manquent et pourtant je ne veux rien faire. Rassurez-vous, ça va passer. Il faut prendre ça comme une pause nécessaire. Un repos imposé avant le marathon de livraison. Je me souviens d’ailleurs de cette journée lors de la sortie du tome 1. J’étais partie de Gatineau au petit matin et je suis revenue juste avant le couvre-feu.

    Je divague, revenons à nos moutons. La motivation à pris une pause. Ou plutôt la force de recommencer un autre projet n’est pas encore revenue. Écrire n’est pas simple. Il faut le faire pour comprendre et pourtant ça se compare n’importe quel métier de création, j’en suis convaincue. C’est quelque chose de normal, une étape nécessaire qu’on ne parle que trop peu.

    Vous en parler m’a fait du bien, au boulot maintenant!