Étiquette : Sur la route

  • Pouvoir éviter un accident mortel

    Pouvoir éviter un accident mortel

    Je ne parle pas d’une fête d’Halloween ou d’un moment intime qui, de toute façon, ne vous regarderait pas. Je parle d’un vrai moment où la justice a triomphé.

    C’était en 2012 il me semble, en été. Ma copine de l’époque et moi revenions d’une petite balade en voiture par une belle journée. Nous revenions de quelque part en Montérégie (j’ai oublié où précisément) quand nous nous dirigions à Laval pour un souper d’amis. Comme il y avait des travaux sur l’ancien pont Champlain, nous nous sommes embourbés dans la circulation à une vitesse de cinq à l’heure quand nous n’étions pas carrément à l’arrêt, je prends le temps d’observer les alentours, les voitures et leur passager. N’essayez pas, on le fait tous.

    En avant de nous, il y avait une fourgonnette blanche d’un professionnel de la rénovation, il me semble. À l’intérieur, un mouvement attire mon attention. De mon point de vue, je constate que le conducteur boit quelque chose. Comme je bois de l’eau ou du café aussi en conduisant, je n’en fais pas de cas. Seulement, la bouteille a une drôle de forme. Je me tourne vers ma copine et je lui demande son avis.

    — Oui, moi aussi je trouve que ça ressemble à une bouteille de bière.

    Le justicier en moi s’est réveillé. J’ai vite appris à ne me mêler que de mes affaires dans la vie, mais comme je suis un usager de la route, le mauvais comportement des autres pouvant mettre des vies en danger nous concerne tous. Nous avons donc décidé d’appeler les autorités. Après quelques transferts de juridiction, la Sûreté du Québec prend l’affaire en main. Arrivée au milieu du pont, la circulation reprend une vitesse normale. Le fautif, lui, accélère. Et c’est en ce moment que je suis devenu Batman. Nous informons la SQ que le méchant prend de la vitesse. Ils nous répondent : « Suivez-le en attendant qu’une voiture patrouille vous rejoigne. On vous permet d’enfreindre quelques règles de conduite, mais, de grâce, restez prudent. »

    Il ne m’en fallait pas plus. J’enfilais mes gants à pointe, ma cape et mon masque. Le coupé vert que je conduisais s’est transformé en Chevrolet Impala 1967 avec des influences de la Porsche 917 et de la Ford GT40. (C’est les modèles qui ont servi à faire la Batmobile du film de 1989.) En cinq minutes j’avais rattrapé la fourgonnette sur l’autoroute Décarie après des dépassements par la droite et avoir fait des excès de vitesse. Ma copine, toujours au téléphone avec la SQ, les tient au courant de la situation. 

    Sur la Métropolitaine, entre les deux segments de l’autoroute 15, j’ai perdu le fautif de vue. On allait faire part de la mauvaise nouvelle, lorsque sortie de nulle part, la fourgonnette sort du filé de voiture pour aller frotter violemment le garde-fou de ciment. Imaginez s’il n’y en avait pas eu; un face à face qui aurait pu être fatal. Bref, on a retrouvé le malfaisant.

    Après avoir indiqué qu’on le suivait sur la bretelle pour l’autoroute des Laurentides, on nous informe qu’une patrouille s’approche de nous. Pour se faire voir, ils nous demandent d’allumer les feux de détresse. Ils nous dépassent, les sirènes hurlantes, en nous faisant un signe de tête. Deux minutes plus tard, on s’arrête en arrière d’eux et nous avons assisté à l’arrestation du chauffeur aux facultés affaiblies qui nous confirmait qu’il buvait bel et bien de la bière au volant.

    Bon, je vous épargne l’après-coup qui se résume à rédiger ma déposition. Nous avons reçu des remerciements des agents de loi. « Vous avez peut-être sauvé une vie en nous appelant » qu’ils nous ont dit. Rien pour ne pas que je pense que j’ai été un bon Batman cet après-midi-là.

  • Ce qui me manque

    Ce qui me manque

    Être sur une terrasse partageant une bouteille de vin n’est-ce pas le meilleur endroit pour partager nos blues et refaire le monde? C’est ce que je vous propose dans ces chroniques.

    Juste avant, je remercie encore tous ceux qui m’ont déjà encouragé soit en achetant un exemplaire du roman, soit en partageant mes statuts ou les deux. Ces derniers jours, bien que joyeux, ont été un peu épuisants. Faire de la route, c’est fatigant. Je ne m’en souvenais plus. Justement, en parlant de faire de la route et de livraison de livre, voici enfin le propos de mon billet:

    Je revenais chez moi via le pont Jacques-Cartier. L’horloge de ma voiture indiquait à peu près 17 h 20. Je ne me souviens plus de l’heure exacte. Toujours est-il qu’à cette heure le coucher du soleil arrive pile à faire un contour jaune-orange au Mont-Royal. Les lumières de la ville allumées et le mélange de couleur pendant l’heure bleue sont non seulement magnifiques, mais il me fit penser aussi à ce qui me manque le plus dans ce confinement et ce couvre-feu. Au-delà de ne pas voir ma famille et mes amis, bien sûr.

    Une des activités qui me manque le plus, l’une des choses qui m’aident à trouver l’inspiration, c’est de me promener en voiture, le soir lorsque les lumières du centre-ville de Montréal me guident au son d’une soundtrack de circonstance. C’est tellement riche comme image dans ma tête. Le nombre de scène et de chapitre qui sont nés comme ça. Ça me manque. Surtout depuis que j’ai vu le film « Drive » (2011). Une imagerie superbe, une bande sonore des années ’80 qui collent parfaitement à l’ambiance. Je le recommande. De plus, c’est tiré d’un livre. Un livre que j’ai commandé et dont j’attends le facteur impatiemment depuis.

    En attendant, je vous lève ma coupe de vin.