Étiquette : Témoignage

  • Après la tempête

    Après la tempête

    Je flotte depuis un petit moment. Je ne sais pas plus où je vais, mais au moins, je ne me sens plus couler. De temps à autre, j’utilise mes mains en guise de rame pour me rapprocher du rivage. Malheureusement, je me fatigue rapidement. Alors je m’étends sur ma bouée et j’observe le ciel.

    Je donne de petits coups dans l’eau pour m’approcher de la terre ferme. Je crois que le courant va dans la bonne direction; ça m’encourage. Soudainement, une vague arrivant dans le sens contraire frappe ma bouée. Le choc que je subis est plus violent que je ne m’y attendais. Je m’agrippe le plus fort que je peux. Je me sens chavirer, mais une autre vague venant d’en arrière vient stabiliser le tout. Dieu merci!

    Et puis, comme par magie, la mer redevient calme. Par contre, je suis essoufflé. Ça me prend un moment avant de retrouver mon air. Malgré tout, je finis toujours par me sentir assez fort pour pagayer par moment, en attendant la prochaine petite tempête. Au moins, je ne coule pas.

    Tout en espérant que le courant m’aide à retrouver la terre ferme, je réfléchis à mes dernières années.

    Pour le reste de ce texte, je suis obligé d’avouer que je me suis pris par quatre fois pour l’écrire. Pas parce que j’ai honte de ces dernières années, c’est que je ne trouve aucune bonne façon d’exprimer comment je me sens sans partir dans mille et une directions. Longtemps je me suis trouvé dans un cercle vicieux. Un CRISS de cercle vicieux. La meilleure façon de vous le dire c’est par les mots de Raphaël Zaoui et sa chanson « ’5 à 7’’.

    Tout est cassé dans mon corps

    J’ai mal à m’en brûler la tête

    J’ai dansé jusqu’à l’aurore

    J’ai encore trop fait la fête

    Je veux baisser tous les stores

    Ramasser mon cerveau en miettes

    Mes yeux me jouent encore des sorts

    Je veux que tout ça s’arrête

    Toujours le même manège dans ma tête

    J’me fais du mal et j’regrette

    Puis je retourne dans la fête

    Toujours les mêmes démons dans mes yeux

    Cachet bleu* coupé en deux

    Puis je replonge dans le feu

    J’ai perdu plus d’un ressort

    Dans le sexe* et sa tempête

    Le visage à demi mort

    Je supplie encore la fête

    Si la nuit t’a jeté dehors

    Rendez-vous de cinq à sept

    En after dans Paris Nord

    J’y jouerai mon dernier set

    Toujours le même manège dans ma tête

    J’me fais du mal et j’regrette

    Puis je retourne dans la fête

    Toujours les mêmes démons dans mes yeux

    Cachet rose coupé en deux

    Puis je replonge dans le feu

    Tout est tracé dans mon ciel

    Même mes anges ont baissé les bras

    Ils m’ont vue me brûler les ailes

    Tous les soirs dans le pire des états

    Condamné au dernier duel

    Le seul vrai rival c’est moi

    Je pourrais jouer cent fois la belle

    Mais jamais gagner comme ça

    Toujours le même manège dans ma tête

    J’me fais du mal et j’regrette

    Puis je retourne dans la fête

    Toujours les mêmes démons dans mes yeux

    Cachet bleu* coupé en deux

    Puis je replonge dans le feu

    Tout est cassé dans mon corps

    J’ai mal à m’en brûler la tête

    J’ai dansé jusqu’à l’aurore

    J’ai encore trop fait la fête

    Je veux baisser tous les stores

    Ramasser mon cerveau en miettes

    Mes yeux me jouent encore des sorts

    Je veux que tout ça s’arrête

    *mot original changé pour refléter ma réalité.

    Je me croyais à ma place, je me croyais heureux. Après tout, qui n’aimerait pas garnir son CV affectif de différente expérience? Qui n’aimerait pas fêter sans lendemain, car l’envie et les occasions sont là? Quand ça fait sentir vivant? Surtout que j’en ai rêvé depuis le début de mon adolescence. À la longue, les premiers ébats se fanent, je m’en fatiguais. Alors j’essayais d’autres sensations jamais vues ni vécues qui m’amenaient de nouvelles fréquentations. Au bout d’un moment, je me raisonnais et je redevenais sage. Mais la sagesse et la routine finissaient toujours par m’endormir. La motivation me fuyait, mes questionnements me rattrapaient. Ayant peur de mourir à petit feu, je recommençais la boucle infernale avec toujours un cran de plus fort qu’auparavant. Le cercle se trouvait à être une spirale en fin de compte.

    Ai-je atteint le bout? Suis-je au milieu de cette spirale ou le cercle recommence-t-il? Pendant que je flotte sur l’eau, je laisse le courant m’approcher de la rive. Je profite de la magnifique vue du ciel étoilé pour bien me poser la question. Malheureusement, ce n’est pas aussi simple. J’arrive à la conclusion, la meilleure, que je dois briser le moule dans lequel je suis depuis plus de 15 ans. Après quoi? Qu’est-ce qui se passe? Que dois-je faire? Qu’est-ce qui m’attend? J’avoue que ça me fait un peu peur.

    À suivre, j’imagine.

  • Respirer de nouveau

    Respirer de nouveau

    Bonjour lecteurs, bonjour lectrices

    Il y a longtemps que je vous ai livré un moment personnel. Ce n’est pas par manque de temps ni par manque d’envie. Je tentais de me maintenir la tête hors de l’eau. Depuis début juin, je me sens me noyer.

    Je sens me noyer de temps à autre, mais la plupart du temps, je me sens arrêté par un immense lac. Dans ces cas-là, je fais le tour de cette superficie d’eau et je continue mon chemin. Ça me ralentit, mais ça ne m’arrête pas. Dernièrement, j’éprouvais un sentiment d’euphorie, de bien-être. Je ne voyais pas l’eau devant moi. Non, je me déplaçais la tête haute, avec devant moi, de l’espoir et de beaux jours. J’avais tout ce qu’il me fallait. Je n’avais maintenant qu’à cueillir le fruit de mon dur labeur.

    La cueillette se résumait à sourire plus, rencontrer plus de gens, sortir de ma zone de confort et ouvrir plus de portes que je ne pouvais imaginer en ouvrir, il y a peu de temps. Ces bonnes choses m’engourdissaient tellement l’esprit que je ne me sentais pas déjà m’enfoncer dans l’eau jusqu’aux genoux.

    Alors que je croyais flotter, je nageais. Mais comme je ne touchais plus terre et qu’une chaleur m’enveloppait, je ne voyais aucun danger à continuer par en avant. Une douce musique m’inondait les oreilles; je n’entendais donc pas les avertissements. Ceux qui disaient de ralentir, d’arrêter et même de reculer. Mais non! Tel un marin se dirigeant vers des chants de sirènes, je continuais vers un danger déguisé en promesse de luxe. C’est lorsque le goût du sucre dans ma bouche se changea en eaux résiduaires que je compris que j’étais en train de me noyer. J’avais beau nager vers la surface, je me sentais couler.

    Devant une page blanche, je sentis ma poitrine se serrer. J’avais l’impression que mes os s’émiettaient. Je n’arrivais plus à respirer. Je ne voyais que du noir.

    Dans un ultime effort, je réussis à me calmer assez pour composer le numéro d’un ami, le plus proche de moi, le plus ancien. Grâce à lui, j’ai pu remonter à la surface, reprendre quelques bouffés d’air. Ces petites bouffées d’oxygène permirent de me calmer un peu. Juste assez pour constater que je me retrouve en plein milieu d’un plan d’eau sans rive à l’horizon; à aucun des points cardinaux. Donc, très loin de me retrouver au sec.

    Le peu de force que je trouvais me servait pour rester à la surface. Je n’en possédais pas assez pour me diriger dans une direction ou une autre. L’impression de voler avait laissé place à une enclume attachée à mes chevilles. Je lutte sans cesse pour ne pas couler. Pour me rendre plus léger, je me débarrasse de chose que je ne juge plus utile du tout. Certains diront qu’il s’agit d’un mauvais jugement de ma part, que, pris de panique, je me déleste de tout ce que je peux pour ne pas me ramasser au fond. Je ne leur en veux pas, ils ne se rendent pas compte que mes muscles, à force de lutter contre la gravité, me font mal. Je bouge avec moins en moins de force. Je ferme les yeux. Parfois, ne rien voir rend les choses moins douloureuses… Il me semble…

    Rien ne peut nous motiver à continuer de nager lorsqu’on souffre. Les coups de jambes nous maintenant à la surface sont de moins en moins rapides et de moins en moins forts. Tout ce qu’on peut espérer pour nous sortir de cette passe est l’espoir qu’une bouée de sauvetage flotte par là et qu’il nous reste assez de force pour l’agripper. En attendant que l’objet flottant nous arrive, s’il arrive à nous un jour, nous n’entendons rien, nous ne voyons rien. Un cillement dans un décor noir comme la nuit nous accompagne. Par moment, le manque de lumière nous endort; nous fait lâcher prise. Pour certains d’entre nous, la bouée tant attendue nous cogne les mains, nous empêchant de couler. Et certains de ceux qui la touchent la saisissent à temps.

    Pour ma part, j’ai réussi à m’agripper à l’une d’elles. Je ne me sens pas en sûreté pour autant, je dérive. Je reprends mes forces pour nager dans la direction que je jugerai bonne. Ce n’est pas ma première fois. Vais-je revenir à mon point de départ ou vais-je amarrer autre part pour tout recommencer, encore, d’une autre manière? Des gens me disent que c’est à moi de décider.

    Pour l’instant, je n’ai pas encore assez de force pour prendre la décision. Je me laisse dériver pendant que je retrouve mes forces. Je commence à être au sec et le soleil perce les nuages.

    Ça va un peu mieux.

    Prenez soin de vous et n’oubliez pas :

    Peu importe ce que vous lisez, lisez bien et parlez-en!

  • Mon Baseball

    Mon Baseball

    Oui, je parle de cette chanteuse de Boldeau-Mistassini. Le titre de mon billet fait nul doute penser à sa chanson la plus populaire, si je me fis au peu de moments quand j’écoute la radio.

    Donc, ‘’une autre chanson, un autre coup de cœur’’ que vous allez me dire; en référence à mon billet sur Lindsey Stirling. Eh bien non, c’est plus que ça.

    Contrairement à la phrase plus haut, ma première expérience auditive ne se fit pas à la radio avec cette chanson. Alors que j’écrivais le troisième tome d’Audrey, YouTube fait sortir de mes haut-parleurs la chanson “Gazoline”. Malgré les paroles racontant une situation triste, mais fictive dans la vie de Sara (on le sait dès la première phrase), j’ai été agréablement accroché par le tempo, le style, l’écriture et la voix de cette chanteuse de même pas un an ma cadette. Oui, son âge est important. Nous allons en parler plus tard.

    Intrigué, je laisse mon écriture pour en apprendre plus sur cette artiste. Je ressens une bonne vibe. Oui, même à travers un écran, on ressent ça. Depuis un lien sur son site Internet, je retourne sur YouTube et je me mets à écouter ses albums parus depuis.

    Du folk comme j’aime bien. J’avoue, je n’aime pas tous les artistes québécois folks quand même, mais quelques-uns. Surtout les artistes solos. Bref, Sara nous raconte différentes séparations (par exemple : À qui tu dis bonne nuit, Tu dors encore), parce que les contraires s’attirent, mais ne collent pas ensemble (par exemple : 3 heures, Sans rancune buddé). Elle se confie aussi sur ses passe-temps et son coin de pays (semi-route, semi-trail, Chez-nous c’est ski-doo). Elle rencontre tout ça comme bien des chanteurs dans beaucoup de styles. Rien de vraiment original, hormis que je sens une réelle sincérité dans la voix de Sara. Pas que les autres n’en ont pas, mais… Merde, Elie a raison. Je fais trop attention… Anyway ah ah 😛

    Je ne suis pas nostalgique… en tout cas, j’essaie de ne pas l’être, car je n’aime pas avoir “une attaque nostalgique”. MAIS pendant l’écoute de la chanson “Baseball”, plus rien n’allait. Je laissais le sentiment que je n’aimais pas m’envahir complètement. Ayant le même âge que Sara, toutes les paroles de cette chanson me faisaient revenir aussi loin dans le temps qu’elle. Non, je n’ai pas vécu mon adolescence dans la région du lac St-Jean, j’habitais à moins de sept heures de route de là. Mais la ville ne change rien aux moments vécus.

    Mieux vaut suivre Sara couplet par couplet.

    (J’allais jouer au baseball

    Ma mitt était pas du bon bord

    C’t’à cause que j’jouais droitière

    Pis on n’était pas assez riche pour qu’j’aie une gauchère

    Au bat j’frappais pas bin fort

    Mon coach m’envoyait dans l’champ

    J’étais tout le temps dans lune

    J’connaissais pas trop les règlements)

    Je ne jouais pas au baseball avec mes amis

    C’était plutôt le hockey qui nous allumait

    Mais dans le cours d’éducation

    J’avais du mal avec ce sport d’équipe

    Je savais frapper la balle

    Mais pas l’attraper et encore moins la lancer

    (On jouait au ballon-chasseur

    Y’avait l’beau David Gagnon

    J’te dis que j’y ai fait peur

    Quand j’y ai pitché le ballon dans l’front

    Pis à tou’es Saint-Valentin

    On s’envoyait des p’tits cartons

    Tu veux-tu sortir avec moi

    Tu peux cocher oui ou non)

    Je jouais aussi au ballon-chasseur à la récré

    Il y avait des belles filles,

    Mais je ne leur lançais pas de ballon dans l’front

    À chaque St-Valentin

    J’envoyais des bouts de papier

    Demandant de sortir avec moi

    En cochant oui ou non

    (Fait qu’on s’est frenchés din toilettes

    Du centre d’achat d’Mistassini

    J’te dis que j’ai rougi

    Quand t’as mis ta main su’ mes fesses

    Est arrivé l’secondaire

    J’pognais pas a’ec les gars

    J’suis rentrée din cadets d’l’air

    Y m’ont nommée le cadet du mois)

    Mes premiers frenchs se sont faites

    Dans le garage en arrière de la maison

    J’te dis que j’ai rougi la première fois

    Quand j’ai mis ma main sur des fesses

    Le secondaire s’est fait après un déménagement

    J’pognais pas avec les filles

    Fac je renforçais ma relation d’amitié

    Avec ma gang de gars

    (J’étais dans l’équipe d’impro

    On jouait Mistass contre Dolbeau

    À l’école j’me forçais pas trop

    J’ai coulé mes maths pis ma techno

    J’v’nais juste d’avoir 14 ans

    Pis j’écoutais du punk tout le temps

    Pour passer ‘es heures j’jouais d’la guit’

    On était jeunes pis on s’pensait grands)

    J’allais voir jouer les équipes d’impro

    C’était les Jaunes contre les Rouges

    Moi non plus je me forçais pas trop

    Fac j’ai coulé mes maths et l’anglo

    J’v’nais juste d’avoir 15 ans

    Un ami m’a fait découvrir le punk

    Pour partir un band, j’apprenais à jouer de la base

    Mets-en qu’on était jeune et tellement qu’on se pensait grands

    (Un soir à plage de Dolbeau

    Le beau Gagnon y’a pris l’bord

    J’pense que j’le trouvais moins beau

    Quand j’ai rencontré Luc Simard

    Pis on a fumé du pot

    On a dormi dehors

    On a voyagé su’l pouce

    On n’a fait des rides de char)

    Pendant les petits rassemblements

    Mon kick du moment changeait souvent

    D’un sourire à l’autre, ou d’un regard bleu ou vert

    Ça me prenait pas grand-chose pour partir en peur

    On consommait du coke

    On passait nos nuits dehors

    Quelques trajets sur l’pouce

    Et en masse de rides de chars

    (J’ai paqueté tout mon ménage

    Je l’ai sacré dans mon char

    J’suis déménagée à Montréal

    Pour aller jouer dans Watatatow

    Aujourd’hui j’fais d’la musique

    Pis j’trouve que l’temps passe trop vite

    La fin d’semaine j’joue din bars

    Ça c’est pas d’moi c’t’une phrase à Placard)

    J’ai fini par paqueter mes affaires

    Pour le sacré dans un cube

    J’suis déménagé à Montréal

    Pour essayer de faire des émissions comme Watatatow

    Aujourd’hui j’écris des histoires

    Et j’trouve aussi que le temps passe trop vite

    La fin d’semaine fait des rencontres din salon

    Certaine se transforme en amitié et d’autre en connaissance

    (Même si j’joue pu au baseball

    J’traîne ma mitt dans mon char

    J’attendrai pas à d’main pour vivre tu suite

    Pis asteure ma mitt est du bon bord)

    Même si on joue pu au hockey

    J’écris les games sur lesquelles qu’on rêvait

    Je n’attends plus du tout à demain pour vivre tu suite

    Parce qu’asteure ma mitt est du bon bord

    Cette dernière phrase, je la comprends comme quelqu’un qui a finalement trouvé sa place, son “X”, sa façon de s’exprimer.

    Bref, J’aime Sara Dufour

    La chaîne de la chanteuse Sara Dufour :

    https://www.youtube.com/channel/UC8DrJqt5KMER0MudtIPneWw

  • Mes talents culinaires

    Mes talents culinaires

    Mon niveau de cuisine : moins 1 000

    Ce n’est pas que je ne veux pas, croyez-moi. C’est que le gène de la cuisine, je ne l’ai pas en moi. Cuisiner ne m’intéresse pas du tout. Je vous rassure, je sais faire la base. Des œufs, des pâtes, des déjeuners complets… Je peux me débrouiller un minimum, mais si vous vous attendez, lors d’une date avec moi, à ce que je vous concocte un repas pas piqué des vers… vous risquez d’être un peu déçue. Mais j’ai d’autres qualités.

    Je vous raconte ça pour que vous riiez avec moi, en comprenant mieux, d’une tranche récente de ma vie. Mon non-talent dans une cuisine peut aller jusqu’au repas congelé. Oui, aussi pire que ça. Un soir alors que je revenais de chez une amie, je m’arrête dans une épicerie pour me chercher un souper de paresseux. À ma défense, j’avais de l’écriture à faire et des séries à rattraper. Oui, je fais les deux en même temps parfois… souvent, je veux dire.

    Bref, j’essaie une nouvelle marque de pizza congelée. Mon intérêt sur cette marque dépendait surtout du prix et non de mon goût de l’exotisme. De retour chez moi, je préchauffe le four et je continue la construction de mon roman. Une fois le four prêt, j’y insère la pizza « meat lover » et je retourne pour les 25 prochaines minutes à mon roman, l’appétit que plus grandissante.

    La cloche tant attendue sonne enfin. C’est en me léchant les babines que je gambade jusqu’à la cuisine. Dès que j’éteins l’élément chauffant et que j’ouvre la porte… Oh horreur!! J’avais mal lu les instructions de cuisson, des instructions les plus simples qui soient. Résultat : la pizza a coulé à travers la grille jusqu’au fond. Non seulement je ne mangerais pas tout de suite, mais en plus, je devrais manger autre chose, mais après le nettoyage de la dégueulasserie. Ma faim a accentué mon impatience. Je n’ai pas entendu que la grille refroidisse. Je vous rassure, j’ai quand même pris le temps de mettre des mitaines de four. Une grille, ça peut être gros. Je me suis sévèrement brulé sur le biceps. J’ai tout garroché sur le comptoir pour pouvoir soulager mon bras. De l’eau froide, de la glace, rien ne semblait marcher, mais j’obéissais à la leçon qu’on m’avait déjà donnée.

    Alors que je pensais que ça ne pouvait pas être pire, je commençais le nettoyage de la grille et, encore une fois, je ne calculais pas le « safe space » entre moi et l’objet sale. Résultat, une brûlure en forme de croix sur l’autre main. En me sentant con comme la lune, je remis le nettoyage au lendemain et je soupai aux céréales.

    La blessure sur le biceps est encore en train de guérir. L’autre s’en remet très bien. J’aimerais savoir cuisiner et prendre le temps d’apprendre. Je contrôle mon impatience et j’ai la chance d’avoir des gens prêts à m’apprendre la cuisine et à l’apprécier.

    Merci à vous. Je vous suis reconnaissant

  • Mes jumeaux

    Mes jumeaux

    Pendant 25 ans, j’en ai voulu. Après avoir atteint le quart de siècle, l’expérience de la vie aidant, j’ai changé d’idée. Les raisons m’appartiennent, merci de ne pas demander. Mais une personne (qui n’avait aucune idée que j’avais écrit ça) m’a fait rappeler ce vieux texte datant de 2008, peu avant que j’atteigne 25 ans.

    Plus jeune, j’avais fait un rêve, celui d’avoir des jumeaux. Un gars, une fille. On avait bien tous le droit de rêver. Malgré le fait que je savais pertinemment qu’il ne suffisait pas que d’y penser, j’ai toujours eu ce rêve.

    Bref, maintenant que cette éventualité est maintenant impossible (la grande opération a été faite), je vous partage cette lettre que je considère, à partir de maintenant, comme une lettre d’adieux ou, pour être moins dramatique, une lettre aux jumeaux que j’ai dans un univers parallèle.

    ceci est un dessin fait par moi en 2002

    À vous deux, Kyle et Kiera, qui êtes là dans un autre monde, sachez que je pense à vous, tout le temps.

    Vos petites têtes brunes vont me faire rappeler la mienne. Vos regards rêveurs vont m’assurer que vous êtes bien les miens. Votre innocence de jeunesse va m’attendrir, mais me rendre triste aussi. Pour vos premiers pas et vos premiers mots, je serais là.

    Vous allez faire du sport parce que vous aimez ça. Pour Kyle, le numéro 9 au centre pour faire comme ton père. Pour Kiera, dans les buts avec le numéro 30. Kyle à 20 ans tu vas arrêter, mais Kiera, tu vas continuer. Je vous vois dans vos habits de neige en train de me supplier de me dépêcher : « Maman aussi attend après toi, le chien est “packté” et on veut aller fêter Noël avec les grands-parents ». Vous ferez les 400 coups à vos oncles Keith et Oli, non sans ma complicité.

    Vos peines je les ressentirai toujours en dix fois pires. Vous aurez vos crises, vous trouverez de l’injustice partout. Vous direz des choses qui dépassent vos pensées. Mais sachez que toujours je vous aimerai.

    Vous commencerez à travailler, à devenir indépendant. Ma fierté ne sera que grandissante, mais le temps passe vite. Trop vite. Vous découcherez, vous passerez des nuits blanches. Vous fêterez sans lendemain, mais, je vous prie, pensez toujours que c’est mieux avec de façon modéré.

    Vous penserez à votre avenir, vous penserez à une famille, faire votre nid, vivre l’autre étape de la vie. D’autre  »K. Bonneville »? Pourquoi pas?

    À vous deux, vous ferez mon univers. Soyez précis, soyez clair, fidèle à vous-même et toujours authentique. Soyez fort, soyez fier, soyez unis, soyez complices. Compter l’un sur l’autre, ne soyez pas pessimiste.

    Grandissez bien, mais pas trop vite. Car lorsque vous allez me quittez pour vivre votre vie les moments seront longs et vides, entre deux coups de téléphone disant :

    « Papa, on s’en vient te voir parce qu’on s’ennuie de toi »

  • La déprime post-projet

    La déprime post-projet

    La dépression post-projet. Voilà un sujet intéressant qui mérite de se faire connaître.

    Quand un roman est terminé, on est content. L’attente chez les lecteurs trouve une fin et le devoir du sentiment accompli est comblé. Par contre, chez certains auteurs, un vide s’installe.

    Je parle surtout en mon nom personnel, mais je suis convaincu que je ne suis pas seul à ressentir ce sentiment. Je dis auteur, car j’en suis un. Je suis malgré tout convaincue que ce vide frappe les artistes de tout genre.

    Cela va faire presque une semaine que le « ’hourra »’ de la fin du tome 2 a été crié et depuis je ressens un certain ennui. Pas que je le regrette, loin de là, c’est qu’on se donne tellement en temps et en énergie à l’écrire et à la correction qu’une fois fait, l’adrénaline et l’excitation qui nous montait au cerveau descend tellement à une vitesse grand V que pendant un temps, tout nous paraît d’une platitude écrasante.

    Au départ, je croyais que ce sentiment venait avec mon diagnostic positif à la Covid 19, mais je me suis rappelé que j’ai ressenti le même aura après le tournage de mon projet en 2007 (LE projet dont je parle dans ma vidéo des personnages d’Audrey en vrai). Ce projet-là, a mis pas loin de 10 ans avant qu’il soit prêt à être lancé et un an avant qu’il puisse se tourner. Pas 10 ans en temps plein, mais dix ans avant que L’ÉLÉMENT manquant nous saute dans la face. Donc, deux années passées pour trouver une équipe, de l’équipement, à remplir de la paperasse, faire des téléphones et échanger des courriels interminables, de déception et de bonne surprise pour, qu’au final, je ne sourisse plus pendant les deux semaines suivantes. Plus rien n’était bon, plus rien n’était drôle et parler du projet que je venais de faire ne me tentait aucunement. J’en étais quand même fier. (Et je le suis encore aujourd’hui.) Même passer à autre chose ne m’excitait pas. Pourtant la veille de la dernière journée, je ne rêvais que de ça tellement ma motivation transperçait des murs.

    Bref, je ressens ce petit vide en ce moment. Le tome 2 est achevé, ce n’est pas les projets qui manquent et pourtant je ne veux rien faire. Rassurez-vous, ça va passer. Il faut prendre ça comme une pause nécessaire. Un repos imposé avant le marathon de livraison. Je me souviens d’ailleurs de cette journée lors de la sortie du tome 1. J’étais partie de Gatineau au petit matin et je suis revenue juste avant le couvre-feu.

    Je divague, revenons à nos moutons. La motivation à pris une pause. Ou plutôt la force de recommencer un autre projet n’est pas encore revenue. Écrire n’est pas simple. Il faut le faire pour comprendre et pourtant ça se compare n’importe quel métier de création, j’en suis convaincue. C’est quelque chose de normal, une étape nécessaire qu’on ne parle que trop peu.

    Vous en parler m’a fait du bien, au boulot maintenant!